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Guinée-Fièvre Marburg : le cas de Guékédou confirmé par l’institut Pasteur de Dakar

Moins de deux mois après la fin de la fièvre Ebola, il faut compter la fièvre Marburg parmi les maladies auxquelles la Guinée doit désormais faire face, en plus du Coronavirus et la fièvre Lassa. Les résultats de l’examen de l’échantillon jusque-là qualifié de cas « probable », sont tombés. En tout cas, Guinéenews vient de l’apprendre d’une source médicale proche de l’institut français.

Selon notre source, « la fièvre Marburg est confirmée par l’institut Pasteur de Dakar ». Notre interlocuteur précise qu’’une déclaration officielle est en cours de préparation ».

 Ce que confirme le directeur du département communication de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire. A son tour, Sory 2 Keïra déclare que : « l’institut Pasteur de Dakar vient de confirmer ‘’.

Lire ici la déclaration de confirmation du ministère guinéen de la Santé

Symptômes, modes de transmission, voici comment l’OMS décrit le virus Marburg

  • La maladie à virus Marburg (MVM), autrefois appelée fièvre hémorragique à virus Marburg, est une maladie grave, souvent mortelle chez l’être humain.
  • Le virus provoque une fièvre hémorragique virale sévère chez l’homme.
  • Le taux de létalité moyen de cette maladie avoisine les 50 %. Il a varié de 24 % à 88 % lors des flambées épidémiques précédentes, en fonction de la souche virale et de la prise en charge des cas.
  • Une prise en charge précoce avec réhydratation et traitement symptomatique améliore la survie. Il n’existe actuellement aucun traitement homologué pour neutraliser le virus, mais plusieurs traitements à base de produits sanguins, de thérapies immunitaires et de traitements médicamenteux sont en cours de développement.
  • On considère que Rousettus aegypticus, une roussette de la famille des Ptéropodidés, est l’hôte naturel du virus de Marburg. Cette chauve-souris transmet à l’homme le virus.
  • La participation de la communauté est essentielle pour juguler les flambées.

Le virus Marburg est l’agent causal de la fièvre hémorragique de Marburg, une maladie dont le taux de létalité peut atteindre 88%. La fièvre de Marburg a été détectée pour la première fois en 1967, lors de flambées survenues simultanément à Marburg et à Francfort (Allemagne), ainsi qu’à Belgrade (Serbie).

Les virus Marburg et Ebola appartiennent tous deux à la famille des filoviridés (filovirus). Bien qu’elles soient provoquées par deux virus différents, les deux maladies sont similaires sur le plan clinique. Toutes deux sont rares et ont la capacité de provoquer des flambées spectaculaires, avec un taux de létalité élevé.

Deux grandes flambées survenues simultanément en 1967 en Allemagne (à Marburg et Francfort) et en Serbie (à Belgrade) ont entraîné la reconnaissance initiale de la maladie. Elles étaient liées à des travaux en laboratoire sur des singes verts africains (Cercopithecus aethiops) importés d’Ouganda. Par la suite, on a signalé des flambées et des cas sporadiques en Angola, en République démocratique du Congo, au Kenya, en Afrique du Sud (chez une personne ayant voyagé peu avant au Zimbabwe) et en Ouganda. En 2008, deux cas indépendants ont été notifiés chez des voyageurs ayant visité une grotte abritant des colonies de roussettes (Rousettus) en Ouganda.

Transmission

À l’origine, l’infection chez l’homme résulte d’une exposition prolongée dans des mines ou des grottes abritant des colonies de roussettes.

La transmission est avant tout interhumaine et résulte de contacts directs (à travers une éraflure ou à travers les muqueuses) avec du sang, des sécrétions, des organes ou des liquides biologiques de personnes infectées. Les rites funéraires au cours desquels les proches du défunt sont en contact direct avec son corps peuvent jouer un rôle important dans la transmission de Marburg. La transmission par du sperme infecté peut se produire pendant une période allant jusqu’à sept semaines après la guérison.

On a observé la transmission à des agents de santé s’occupant de patients atteints, lors de contacts rapprochés sans prendre les précautions correctes de lutte anti-infectieuse. La transmission par du matériel d’injection contaminé ou par des piqûres accidentelles s’associe à une atteinte plus grave, une dégradation rapide de l’état physique et peut-être une mortalité plus élevée.

Les cérémonies d’inhumation au cours desquelles il y a un contact direct avec le corps du défunt peuvent aussi contribuer à propager la maladie à virus Marburg. Les personnes infectées restent contagieuses tant que le virus est présent dans leur sang.

Transmission sexuelle

La transmission du virus Marburg par du sperme infecté a été documenté jusqu’à 7 semaines après la guérison clinique. Des données de surveillance et des recherches supplémentaires sur les risques de transmission sexuelle sont nécessaires, en particulier sur la prévalence du virus viable et transmissible dans le sperme au cours du temps. En attendant, sur la base des données disponibles, l’OMS recommande ce qui suit:

  • Tous les survivants de la maladie à virus Marburg et leurs partenaires sexuels doivent recevoir des conseils sur les pratiques sexuelles sans risque jusqu’à ce que leur sperme donne 2 résultats négatifs au test de dépistage de la MVM.
  • Les survivants doivent recevoir des préservatifs.
  • Les survivants de la maladie à virus Marburg de sexe masculin devraient être inscrits à des programmes de dépistage du sperme à leur sortie d’hôpital (en commençant par des conseils) et se voir proposer un dépistage du sperme lorsqu’ils seront mentalement et physiquement prêts, dans les 3 mois suivant la survenue de la maladie.
  • Les survivants de la maladie à virus Marburg et leurs partenaires sexuels doivent:
    • soit s’abstenir de toute pratique sexuelle;
    • soit avoir recours à des pratiques sexuelles protégées par l’utilisation systématique et correcte du préservatif jusqu’à ce que leur sperme donne 2 résultats négatifs au test de dépistage de la MVM.
  • Après 2 tests de dépistage négatifs, les survivants peuvent reprendre sans danger leurs pratiques sexuelles habituelles, le risque de transmission du virus Marburg étant réduit au minimum.
  • Les survivants de la maladie à virus Marburg de sexe masculin doivent avoir recours à des pratiques sexuelles protégées et appliquer des mesures d’hygiène pendant 12 mois après l’apparition des symptômes ou jusqu’à ce que leur sperme donne 2 résultats négatifs au test de dépistage de la MVM.
  • Jusqu’à ce que leur sperme donne 2 résultats négatifs au test de dépistage de la MVM, les survivants doivent avoir une bonne hygiène des mains et du corps, c’est-à-dire se laver immédiatement et soigneusement à l’eau et au savon après tout contact physique avec du sperme, y compris après la masturbation. Pendant cette période, les préservatifs doit être manipulés et jetés avec précaution afin d’éviter tout contact avec le liquide séminal.
  • Tous les survivants, leurs partenaires et leurs familles méritent respect, dignité et compassion.

Symptômes de la maladie à virus Marburg

La période d’incubation (le délai entre l’infection et l’apparition des symptômes) va de 2 à 21 jours.

La maladie provoquée par le virus Marburg s’installe brutalement, avec une fièvre élevée, de fortes céphalées et un état de malaise sévère. Les myalgies et les douleurs sont des manifestations courantes. Une diarrhée aqueuse profuse, des douleurs et des crampes abdominales, des nausées et des vomissements peuvent apparaître au troisième jour. La diarrhée peut persister une semaine. On décrit souvent les patients à ce stade comme ayant l’aspect de «fantômes», avec des yeux profondément enfoncés, un visage inexpressif et une léthargie extrême. Lors de la flambée européenne en 1967, on a observé chez la plupart des malades une éruption cutanée non prurigineuse entre le deuxième et le septième jour après l’apparition des symptômes.

De nombreux patients développent des manifestations hémorragiques sévères entre le cinquième et le septième jour et les cas mortels présentent en général des hémorragies sous une forme ou une autre, avec le plus souvent de multiples localisations. L’observation de sang frais dans les vomissures ou les selles s’accompagne souvent de saignements du nez, des gencives et du vagin. Les saignements spontanés aux points de ponction veineuse (pour administrer des liquides ou prélever des échantillons sanguins) peuvent être particulièrement problématiques. Pendant la phase intense de la maladie, on observe une forte fièvre. L’atteinte du système nerveux central peut entraîner des états confusionnels, de l’irritabilité et de l’agressivité. L’orchite (inflammation d’un ou des deux testicules) a parfois été rapportée au stade tardif de la maladie (15 jours).

Dans les cas mortels, le décès intervient 8 à 9 jours après l’apparition des symptômes et il est en général précédé d’une perte de sang abondante et d’un choc.

Source : OMS

 

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