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Lendemain de la fête de ramadan : une situation assez particulière, à même d’interpeller tout parent responsable

Le lendemain de la fête de ramadan, alors qu’on croit que les lampions se sont éteints en même temps que l’ambiance festive qui a caractérisé l’événement, voilà que nous assistons à ce qui semble être un réveil des ardeurs. Qu’on ne s’étonne point cependant. Il est de tradition, en tout cas, dans certaines régions de notre pays, qu’on célèbre plus intensément la fête le lendemain que le jour dit qui est consacré à la prière, à la ripaille, aux salutations d’usage et au repos. Le jour suivant, on fait la fête dans le vrai sens du terme.

Serait-ce cette coutume qui est en train de se faire jour, ici même, à Conakry ? Si c’était le cas, eh bien, nous pensons qu’il n’y aurait pas à s’en plaindre outre mesure. Puisqu’il ne s’agit que de fête, donc d’expression libre de la joie et du bonheur. Deux denrées qui, si elles sont partagées, n’apportent que du bien à notre vie en commun. C’est cela aussi, l’avantage que nous tirons de nos traditions. Mais, soyons bien d’accord qu’il y a une limite à tout. Et ce que nous avons vu hier dans les rues de la capitale est tout simplement déconcertant, effarant, gravissime. Ce point de vue est largement partagé par le directeur central de la police routière et l’ensemble des agents que nous avons rencontrés. Ils n’en reviennent pas, eux-mêmes. Ce qu’ils nous ont dit avoir vu et vécu dans la nuit d’hier se résume en ces quelques mots forts que nous essayons de résumer ici : « c’est tout simplement extraordinaire ce que nous avons constaté sur le terrain hier, lendemain de la fête. Alors que nous nous attendions à une accalmie, voilà que soudain la ville se réveille pour connaître jusque tard dans la nuit, une frénésie indescriptible. Cette situation a continué en certains endroits jusqu’au-delà de deux heures du matin et figurez-vous qu’il y a eu des embouteillages monstres qui ont littéralement paralysé la circulation en maints endroits et de longues heures durant. Les plus saturées de ces zones de regroupement ont été les points d’attraction comme le jardin du 2 octobre, Plazza Diamond, Prima- Center, les ronds-points de Cosa, Bambeto, Hamdallaye et plus loin encore, en direction de Coyah et Dubréka. Partout où il y a une place publique ou un centre d’intérêt quelconque qui permet de se regrouper, une foule dense s’est donné rendez-vous de manière spontanée.  Mais, le pire dans tout ça, c’est qu’il n’y avait pas que des jeunes adultes. Il y avait aussi des enfants, beaucoup d’enfants livrés à eux-mêmes qui errent de ci, de là, exposés à tous les dangers de la route, mais aussi à toutes les violences de la rue débridée. C’est à se poser des questions sur le rôle et la responsabilité des parents qui les laissent ainsi faire ce qu’ils veulent jusqu’au-delà de deux heures du matin pour certains. On sait les enfants immatures, sensibles à la tentation, et victimes potentielles des criminels qui rôdent et qui les enlèvent, les séquestrent, les violent et leur font subir les pires des choses.  On les sait fragiles qui vont éprouver de la fatigue après l’excitation des premiers moments. Ils vont avoir faim et sommeil et comment rentrer à la maison, à ce moment précis, s’ils en sont éloignés et ne trouvent pas un moyen approprié pour se déplacer ? C’est à ce moment-là encore que ces innocents, qu’aucun adulte ne protège, vont être une proie facile pour les prédateurs.

Cette situation nous désole au plus haut point. Surtout quand nous nous rendons compte que nous ne pouvons pas les protéger tous à la fois. Il y en a qui ont à peine six, sept ans et même moins et qui sont en compagnie de leurs ‘’grands’’ d’à peine dix ans.

Que dire des parents de ces enfants ? Notre propos n’est pas de sermonner ou d’invectiver qui que ce soit. Ce n’est pas notre rôle. Nous posons juste le problème, tel qu’il se présente. A eux de se dire s’ils jouent vraiment le rôle qu’on attend d’eux. Celui d’être responsable, de protéger leurs enfants, de leur garantir une bonne éducation à l’effet de ‘’construire’’ les bons citoyens de demain que nous souhaitons voir gérer notre pays avec compétence et responsabilité pour le conduire vers des lendemains toujours meilleurs. »

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