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Communication au sommet :  un modèle à revoir dans toute son approche

Il ne fait aucun doute que chaque jour qui passe nous convainc de l’importance considérable de la communication dans la société humaine. De tout temps, le monde a été régi par cette dynamique qui permet que les hommes communient et s’imbriquent plus facilement et qu’ils réussissent à faire de même avec les structures sociales et institutionnelles qui existent.

De par les effets qu’elle peut avoir sur les individus et la société toute entière, la communication peut être un outil extraordinaire de transmission instantanée de message ou une arme fatale à l’origine de brouilles, de conflits et de guerre totale.

Autant dire qu’il s’agit d’un produit extrêmement sensible qui doit être utilisé avec prudence. Les individus, mais surtout les dirigeants, ne doivent jamais se départir de cette règle. Au risque de voir l’harmonie, la cohésion et la paix, si importants à préserver, se dissoudre aussi vite que beurre au soleil.

Quand on pense que même le commérage est une forme de communication, il y a lieu de se montrer vigilant dans la transmission de tout message. La rumeur est là pour nous en donner la preuve. Elle part d’un rien pour gonfler ensuite et prendre des proportions incontrôlées et souvent, ravageuses. L’effet destructeur ainsi atteint, est parfois sans limites, surtout qu’on ne peut pas en déterminer la source.

On nous apprend que pour faire disparaître la rumeur, il faut et il suffit que l’officiel se déclare. D’où l’importance qui s’attache à toute communication d’un dirigeant, surtout de niveau gouvernemental.

Mais, est-ce que ceux qui nous gouvernent, le comprennent aussi bien que souhaité ? Pas très évident ! Est-ce une habitude contractée depuis le temps des deux blocs où les repères étaient pour l’essentiel, les guides des régimes dits de l’est ? L’on se rappelle que ceux-ci, d’obédience socialo-communiste, tenaient, des heures durant, des discours fleuves, à main levée.

Nous semblons avoir hérité du même système qui perdure depuis notre indépendance. Nos dirigeants, à toutes les échelles de responsabilité, adorent improviser.  Les discours qu’ils tiennent se font en mode ‘’laisse guidon’’, sans aucun papier repère.  En somme, ils parlent avec le cœur et comptent sur leur mémoire,  »infaillible ».

En pareil cas, le danger, c’est de ne se soumettre à aucune structure dans la démarche. La raison n’est pas sollicitée au premier plan. Pour peu que l’orateur perde le fil de ses idées ou tombe sous le charme du public qui exulte et applaudit, l’émotion le pousse à des fautes. C’est alors que se produisent des dérapages verbaux aux conséquences gravissimes, difficiles à rattraper par la suite. Des exemples existent qui prouvent à suffisance la nocivité que certains mots peuvent causer, dans la vie politique de tout pays. Le nôtre n’est pas en reste dans ce domaine.

Et il est loisible de reconnaître que dans ces cas évoqués, rien ne se serait produit, si le discours était écrit à l’avance. La raison aurait prévalu dans le choix des mots et le discours serait sous contrôle.

Il y a quelques jours, le colonel Doumbouya, Chef de l’Etat, nous a conforté dans ce point de vue. Il a appelé les membres du gouvernement à soigner leur communication, sans doute au regard des implications qui pourraient en résulter, sur l’équilibre de la Nation. Nous pensons que l’essentiel des problèmes de com. au sommet de l’Etat, vient de là.

Aussi, pour le bien de la République, croyons nous utile de dire que la règle doit être que chaque responsable qui prend officiellement la parole, évite l’improvisation et s’appuie toujours sur un discours qu’il aura préparé à l’avance.

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