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Arrêt sur image : un autocar en panne à l’orée d’un passage à niveau

C’est par l’avant du vieil autocar que l’on comprend mieux le problème qui se pose. A ce niveau, des mécaniciens s’affairent à le dépanner. Un incident technique semble s’être produit au niveau de la suspension avant droite. Des coups de marteau retentissent pendant que des dépanneurs auscultent le dessous du véhicule qu’un cric a déjà levé à bonne hauteur. Tout porte à croire que la réparation prendra quelque temps. Heureusement que sur le moment, il n’y a pas encore d’embouteillages, comme c’est le cas habituellement dans la zone.

De par sa position sur la chaussée, l’on remarque que l’autocar est en oblique et cela réduit notablement la voie sur la gauche, empêchant du coup, tout croisement sur le passage à niveau. Et nous sommes à quelques mètres de celui-ci : la voie ferrée séparant Belle-vue-école de Kénien-marché !

Nul doute que si la panne s’était produite un peu plus avant, on aurait frôlé la catastrophe, si jamais le train se pointait entre-temps, vu son gabarit.

Cette situation pose à nouveau et avec acuité, le problème de la visite technique chez nous. Nous nous répétons en disant qu’après plus de deux décennies d’hibernation, sa reprise, quoique non encore effective, a été officiellement actée depuis le 05 juin 2019, suivant l’arrêté n0 A/2019/3918/MT/CAB/SGG/19 du département des Transports. Elle concerne dans un premier temps, certaines catégories de véhicules, notamment ceux affectés au transport d’hydrocarbures ; de voyageurs de plus de 25 places ; de marchandises de plus de 20 tonnes et d’agrégats.

Il s’agit, comme on peut le comprendre, des véhicules les plus enclins à  faire des accidents graves dans la circulation. Nous citons, dans ce dispositif qui a initié et légitimé cette réglementation, le décret D/2017/287/PRG/SGG du 03 novembre 2017.

Où en est-on aujourd’hui dans son application ?  Il n’y a pas très longtemps, nous avons posé la question à M. Saikou Barry, directeur général du centre d’environnement et de sécurité automobile Socotac. Il nous a répondu sans ambages ce qui suit :

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« Je suis au regret de vous dire que depuis la publication de ces deux textes que vous avez cités (décret et arrêté), aucun début d’application n’est encore perceptible. Pour nous, la situation n’a nullement changé. Nous sommes agréés et ouverts mais jusqu’ici, rien ne se concrétise à proprement parler, dans nos installations.

Nous recevons bien, de temps en temps, des camions citernes de transport d’hydrocarbures et quelques autres, mais rares véhicules privés. Mais au-delà, nous n’enregistrons aucune visite.

Quant à ceux à risque, cités dans l’arrêté du ministère des Transports que vous avez référencé, ils ne sont jamais venus, ni librement, ni de façon coercitive. »

Comme on le voit en résumé, c’est tout de dire que nous avons encore du chemin à faire pour que tous les usagers de la route comprennent l’importance de la visite technique.

En attendant, il faut surtout déplorer le peu de considération que nous accordons à nos textes réglementaires et exiger que tout le monde s’y soumette toujours avec le sens civique qui sied, en vue d’assurer à nos concitoyens et à tous ceux qui ont choisi de vivre ou de séjourner chez nous, une meilleure sécurité routière.

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