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Dans les entrailles des déchets : ces enfants et jeunes qui se battent pour survivre

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Dans plusieurs quartiers urbains, de nombreux jeunes ont fait de la collecte des sachets d’eau usagés un véritable moyen de subsistance. Dès les premières heures de la journée, ils sillonnent rues, caniveaux et dépotoirs, munis de sacs ou de paniers, à la recherche de déchets plastiques à revendre à de petits recycleurs ou à des intermédiaires. Une activité éprouvante, mais devenue pour eux une source de revenus face au manque d’opportunités.

Pour ces jeunes, cette pratique représente souvent l’unique moyen de subvenir à leurs besoins quotidiens. Entre précarité, chômage et absence de perspectives, ils se tournent vers ce travail informel pour gagner quelques francs. Mais cette réalité les expose à des conditions particulièrement difficiles : blessures, infections, manque d’hygiène et exposition permanente aux déchets.

Dans cet univers déjà rude, des enfants se retrouvent également impliqués. Par nécessité familiale, certains quittent l’école ou réduisent leur temps d’apprentissage pour participer à la collecte.

« Je fais ça pour aider ma maman », raconte Mamadou, 12 ans. « Avec ce que je gagne, je peux acheter du pain ou payer quelques fournitures scolaires. »

Très tôt confrontés à la rue, ces enfants grandissent dans un environnement où les risques sanitaires et sociaux sont omniprésents. Sans gants ni protection, ils manipulent des ordures dangereuses, se blessent fréquemment et restent exposés aux microbes.

« On se coupe souvent avec des objets dans les ordures », explique Ibrahima, 14 ans. « Ça fait mal, parfois ça gonfle, mais on continue quand même. »

À ces dangers s’ajoute le regard souvent négatif de la société. Rejetés, parfois insultés, ces jeunes et enfants subissent également une forme d’exclusion sociale qui accentue leur vulnérabilité.

« Parfois, on nous chasse ou on nous insulte », confie Souleymane, 16 ans. « Les gens pensent qu’on est des voleurs. »

Si ces jeunes et ces enfants s’investissent dans cette activité, ce n’est pas par choix, mais par contrainte. Les difficultés économiques et le manque d’alternatives les poussent à chercher, dans les déchets, un moyen de survivre.

« Si j’avais une autre chance, je ne ferais pas ça », avoue Fodé Conté, 28 ans, rencontré dans les rues de Kaloum.

Derrière chaque sachet ramassé se cache une réalité plus profonde : celle d’une jeunesse fragilisée et d’enfants entraînés trop tôt dans une lutte quotidienne pour survivre, souvent au détriment de leur santé, de leur éducation et de leur avenir.

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