
C’est dans un complexe hôtelier de la place que la ministre de l’Agriculture a procédé, ce vendredi 12 juin 2026, au lancement d’un atelier national réunissant les principales parties prenantes de la chaîne de valeur du café-cacao.
La rencontre a mobilisé des planteurs, des diplomates ainsi que plusieurs techniciens de l’Institut de recherche agronomique de Guinée (IRAG). Elle est consacrée au développement de l’agroforesterie pour une production cacaoyère sans déforestation, mais aussi aux opportunités offertes par les marchés du carbone en Guinée.
Dans le cadre de la coopération guinéo-italienne, l’Alliance Bioversity International & CIAT travaille depuis 2024 en étroite collaboration avec les autorités et institutions guinéennes pour structurer des chaînes de valeur durables autour du café et du cacao.
Prenant la parole, la ministre de l’Agriculture a insisté sur l’importance stratégique de cette filière pour le développement agricole du pays.
« Cet important rendez-vous marque l’entrée résolue de notre pays dans une nouvelle ère de développement souverain et durable. L’heure n’est plus seulement au constat, mais à l’action et à la transformation profonde de notre économie. Pendant trop longtemps, notre pays a tiré une part limitée de la valeur de ses immenses ressources naturelles. Le programme Simandou 2040 vient corriger cette trajectoire en plaçant la souveraineté économique, la transformation locale et la création de richesses nationales durables au cœur de notre modèle. Dans cette dynamique, le secteur agricole, pilier de notre économie, se voit confier une mission stratégique. En son sein, la filière café-cacao constitue un levier majeur de diversification, de croissance et d’inclusion sociale. Oui, la Guinée produit du café et du cacao. Mais aujourd’hui, elle doit transformer ce cacao en chocolat, valoriser ses matières premières en produits à forte valeur ajoutée, destinés aussi bien à la consommation locale qu’à l’exportation. Notre pays doit conquérir les marchés régionaux, à l’instar du Ghana et de la Côte d’Ivoire, qui ont une longueur d’avance dans la production et la transformation. L’État continuera de jouer son rôle d’impulsion et de régulation. Le secteur privé devra intensifier ses investissements, tandis que les partenaires accompagneront cette dynamique. Et surtout, nos producteurs doivent rester au cœur de toutes nos initiatives. C’est ensemble que nous bâtirons une filière performante, génératrice de richesses et respectueuse de notre patrimoine forestier », a déclaré Aminata Kaba, ministre de l’Agriculture.
Les échanges ont également porté sur la mise à l’échelle de chaînes de valeur du cacao sans déforestation et à faibles émissions. Ils ont été suivis de la présentation d’une approche en six étapes visant à développer durablement les systèmes alimentaires.
Présents en Guinée depuis 2024, les experts de l’Alliance Bioversity International & CIAT ont déjà mené plusieurs études de terrain.
« Au cours des 18 derniers mois, nos équipes ont travaillé en profondeur pour identifier les priorités de la chaîne de valeur, échanger avec les communautés et comprendre leurs défis sur le terrain. L’objectif est de bâtir une initiative d’envergure capable de revitaliser le secteur, en parfaite adéquation avec les ambitions de la vision Simandou 2040. Il est important de saluer la collaboration étroite avec le ministère de l’Agriculture et l’IRAG. Je tiens également à mentionner le soutien financier du ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, qui nous a permis de mener ces études, de déployer nos activités et de concevoir ce projet prometteur », a indiqué Gianpiero Menza, Senior Management Business Development à l’Alliance Bioversity International & CIAT.
Véritable cheville ouvrière du projet, l’Union des planteurs de café et cacao affiche de fortes ambitions. Elle regroupe plus de 672 groupements répartis sur huit préfectures, notamment les sept de la Guinée forestière ainsi que celle de Faranah.
« Si les promesses de ce projet se réalisent, le paysan qui produit du cacao vivra mieux que celui qui cherche de l’or dans les mines. Cela nous permettra de lutter contre la pauvreté en milieu rural, d’aider les parents à scolariser leurs enfants, à construire des logements décents et à constituer une épargne pour assurer leur autonomie financière », a confié Marc Aurel Kpogomou, planteur à Yomou.
L’atelier s’est achevé par une photo de famille, laissant entrevoir de réelles perspectives pour l’avenir de la filière café-cacao en Guinée.

