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Donya : le cri silencieux d’un district abandonné

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À une vingtaine de kilomètres du centre-ville de Koba, le district de Donya donne l’impression d’avoir été oublié par le temps et par les politiques publiques.

Routes impraticables, absence d’infrastructures de base, services sociaux quasi inexistants : ici, le quotidien est une lutte permanente.

Dès l’aube, la vie s’organise autour d’un besoin vital : l’eau. Femmes et enfants parcourent chaque jour entre deux et trois kilomètres pour s’approvisionner. Une corvée longue et éprouvante, souvent récompensée par une eau de qualité douteuse.

« Chaque jour, on se lève à 6 heures avec nos enfants pour aller chercher de l’eau. Et celle que nous trouvons est parfois de mauvaise qualité. C’est pour cela que nos enfants tombent malades. Nous demandons à l’État et à la mairie de Koba de penser à notre district », témoigne Mamaissata Camara, habitante de Donya.

L’éducation, pilier du développement, reste elle aussi en grande difficulté. Les rares salles de classe disponibles sont délabrées, surchargées et insuffisantes face au nombre croissant d’élèves. Le manque d’enseignants et de matériels pédagogiques compromet sérieusement l’avenir scolaire des enfants.

Sur le plan sanitaire, le constat est tout aussi alarmant. Donya ne dispose d’aucune structure de santé fonctionnelle. Les populations sont contraintes de parcourir de longues distances pour accéder aux soins, souvent dans des conditions critiques.

« Le poste que nous avons ici est le fruit de la contribution des citoyens et de quelques bonnes volontés. Le bâtiment n’est pas achevé, il n’y a ni médecin, ni médicaments. Nous avons plus de 600 élèves, cinq par table, et beaucoup d’autres restent dehors », explique Djibril Camara, président du district.

Malgré ces difficultés, les habitants de Donya font preuve d’une résilience admirable. Solidarité, courage et détermination rythment leur quotidien. Mais aujourd’hui, cette capacité d’adaptation semble atteindre ses limites.

Face à cette situation préoccupante, les populations lancent un appel pressant aux autorités locales et nationales, ainsi qu’aux partenaires au développement : celui de ne plus être laissées pour compte.

Donya, ce district oublié, refuse de sombrer dans le silence. Son cri, bien que discret, mérite d’être entendu.

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