
La procédure judiciaire visant l’ancien Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana, connaît un nouveau report. Réunie ce jeudi 21 mai 2026, la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a décidé de renvoyer l’examen du dossier au 8 juin prochain.
À cette date, les magistrats se déplaceront une nouvelle fois à la clinique Pasteur de Conakry afin de poursuivre l’audition de l’ex-chef du gouvernement, toujours hospitalisé pour des raisons de santé. Selon la décision rendue à l’ouverture de l’audience, l’interrogatoire se déroulera directement dans sa chambre d’hôpital, comme cela avait déjà été le cas lors de précédentes audiences. La reprise des débats publics devant la chambre des appels est, pour sa part, annoncée pour le 11 juin 2026.
Poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, Ibrahima Kassory Fofana est accusé de ne pas avoir justifié l’utilisation de 15 milliards de francs guinéens issus des fonds publics. Les enquêteurs s’interrogent également sur l’origine de plusieurs biens et avoirs financiers attribués à l’ancien haut responsable de l’État.
Le dernier Premier ministre du président Alpha Condé, Kassory Fofana avait été placé sous mandat de dépôt à la Maison centrale de Conakry le 6 avril 2022 avant d’être transféré quelques semaines plus tard à la clinique Pasteur pour des soins médicaux. Il y est resté hospitalisé durant plus de trois ans.
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Le 5 mars 2026, la chambre des appels de la CRIEF avait finalement ordonné sa remise en liberté. Malgré cette décision, l’ancien Premier ministre demeure alité dans le même établissement hospitalier, désormais à ses propres frais. Lors de la précédente audition tenue le 11 mai, le parquet spécial avait produit plusieurs documents issus de l’enquête menée par l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF), notamment des procès-verbaux d’enquête.
Les avocats de la défense avaient alors dénoncé un défaut de communication préalable de ces pièces, estimant que cette situation portait atteinte aux droits de la défense. Face à cette contestation, la Cour avait décidé de suspendre les débats afin de permettre aux conseils de l’ancien chef du gouvernement de consulter l’ensemble des documents évoqués à l’audience. Avant l’ouverture de cette procédure en appel, Ibrahima Kassory Fofana avait été reconnu coupable par la CRIEF à l’issue de son procès en première instance.
Le 27 février 2025, la juridiction l’avait condamné à cinq ans d’emprisonnement ferme ainsi qu’au paiement d’une amende de deux milliards de francs guinéens. La Cour avait également ordonné le remboursement des 15 milliards de francs considérés comme détournés, en plus de trois milliards de francs à titre de dommages et intérêts.
Contestant cette décision, ses avocats ont interjeté appel.

