
La sous-préfecture de Kouria a servi de cadre, ce samedi, à la cérémonie de clôture de l’édition 2026 du Mois de l’enfant guinéen, marquée par la remise officielle d’un important ouvrage d’adduction d’eau potable au bénéfice des populations locales. Au-delà de sa portée symbolique, l’événement a mis en lumière un investissement social majeur en faveur du bien-être des enfants, des femmes et des familles, tout en ravivant le plaidoyer pour un meilleur accès aux infrastructures sanitaires dans cette commune rurale.
Présidée par la ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, Pauline Adeline Patricia Lamah, la cérémonie a réuni autorités administratives, élus locaux, partenaires techniques et financiers ainsi que les populations de Kouria, venues nombreuses saluer la concrétisation de cet ouvrage financé dans le cadre du projet PERSIF, avec l’appui de la Banque africaine de développement (BAD).
Dans son allocution de bienvenue, le préfet de Coyah, le Contrôleur général Bernard Kamano, a salué le choix porté sur Kouria pour accueillir la clôture du Mois de l’enfant, rappelant que ce geste traduit « l’intérêt constant accordé à la protection, à la promotion et au bien-être de l’enfant guinéen ». Il a souligné que la remise de ce point d’eau s’inscrit pleinement dans le thème de cette année : « Garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour chaque enfant en Afrique ».
Le représentant-pays de la Banque africaine de développement, Lawson Zankley, a, pour sa part, insisté sur la portée sociale et économique de l’investissement. Selon lui, l’accès à l’eau potable ne se limite pas à une simple amélioration des conditions de vie : il constitue un levier direct pour la santé, l’éducation, l’autonomisation des femmes et le renforcement du capital humain. Il a rappelé que l’ouvrage réalisé à Kouria comprend un réseau de canalisation de 3 000 mètres, un réservoir de 40 mètres cubes, neuf bornes-fontaines équipées de robinets et une source d’énergie mixte, solaire et thermique, pour desservir environ 5 400 personnes.
Même satisfaction du côté du Service national d’aménagement des points d’eau (SNAPE). Son directeur général adjoint, Mohamed Touré, a indiqué que le sous-projet affiche un taux d’exécution physique de 95 %, les dernières opérations techniques devant conduire à sa mise en service définitive. Pour lui, cette réalisation traduit la volonté des autorités de faire de l’accès à l’eau potable « un droit effectif pour chaque citoyen », en cohérence avec la vision du programme Simandou 2040.
Le Coordonnateur du projet PERSIF Guinée, Mohamed Diaby, a mis l’accent sur les effets induits de l’accès à l’eau potable : amélioration de la fréquentation scolaire, progrès de la santé, essor des activités économiques et renforcement de la dignité des familles.
« On a coutume de dire que l’eau, c’est la vie. Mais on ne dit pas assez qu’elle est aussi un puissant levier de transformation sociale. Lorsqu’une communauté comme Kouria dispose d’une eau potable accessible, c’est l’école qui progresse, la santé qui s’améliore, les activités économiques qui se développent et, surtout, les familles qui retrouvent leur dignité. C’est tout le sens de cette infrastructure, pensée pour soulager durablement les populations et améliorer concrètement leur quotidien », a déclaré Mohamed Diaby, coordonnateur du projet PERSIF Guinée.
Pour sa part, le maire de la commune rurale de Kouria, Kerfala Soumah, s’est réjoui de la remise de cet ouvrage qu’il a qualifié de « soulagement immense pour les ménages ». Il a toutefois profité de la tribune pour attirer l’attention des autorités sur l’état du système sanitaire local. Selon lui, « Kouria a certes besoin d’eau, mais elle a aussi urgemment besoin d’un hôpital digne de ce nom ». L’élu a expliqué qu’en dehors des cas de paludisme, le centre de santé existant est souvent contraint de référer les patients vers Coyah, au grand désarroi des familles. Il a ainsi plaidé pour la construction d’un hôpital communal afin de rapprocher davantage les soins des populations.
Clôturant la cérémonie, la ministre Pauline Adeline Patricia Lamah a salué une initiative à « double portée symbolique » : célébrer les droits de l’enfant tout en offrant à la communauté un accès renforcé à l’eau potable. Pour elle, cette infrastructure « est bien plus qu’un ouvrage ; elle est une promesse faite aux enfants de grandir dans la dignité, la santé et l’espoir ». Elle a enfin appelé les populations à protéger cet acquis, tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement à améliorer durablement les conditions de vie des communautés.
