
Les exemples pour le prouver, ne manquent pas. Cette semaine d’ailleurs, deux graves accidents de camions se sont produits, dans la zone de ENCO 5 et à Cosa. Votre site, Guinéenews. org a d’ailleurs, rapporté les deux faits. Le premier a eu lieu le matin du jeudi 21 mai, dans la zone d’Enco 5. « Un camion-citerne a perdu le contrôle de sa trajectoire avant de percuter un poteau de moyenne tension sur la ligne magistrale de Kobayah. L’accident s’est produit au niveau du carrefour Attentat, vers les rails d’ENCO 5 (secteur La Forêt). …La destruction de cette infrastructure électrique impacte directement la qualité du réseau et entraîne actuellement de fortes perturbations dans la fourniture d’énergie.
La société Électricité de Guinée (EDG) a indiqué via une de ses plateformes que ses équipes techniques sont déjà mobilisées pour évaluer les dégâts et procéder aux travaux de réparation dans les meilleurs délais. L’entreprise invite également les citoyens à la vigilance et à la protection des installations électriques publiques. »
Le second accident est survenu le même jour, cette fois-ci à Cosa, dans la nuit. Guinéenews est l’a également rapporté : « un impressionnant accident impliquant un gros porteur est survenu au cours de la nuit.
Selon les premières constatations, le conducteur du camion a perdu le contrôle de son véhicule avant de franchir le séparateur de voies et de basculer sur la chaussée opposée. Sa course folle s’est arrêtée net, après avoir violemment percuté un autre camion de couleur orange. Le choc, d’une rare violence, a immobilisé les deux mastodontes en plein milieu de la chaussée, obstruant la quasi-totalité des voies.
Dès les premières heures de la matinée, le secteur s’est transformé en un véritable piège pour les automobilistes, motards et usagers des transports en commun. Confrontés à un embouteillage monstre, les conducteurs se disputent désormais une seule et unique portion de route pour traverser cette zone stratégique, ce qui paralyse l’axe. »
On ne peut être plus clair. La seule lecture de ces deux narrations, nous démontre, la gravité du sujet et les conséquences des accidents des gros camions. En général, avec ce genre de véhicules, on enregistre toujours, d’importants dégâts matériels, hautement amplifiés, lorsqu’il s’agit de citernes. En pareil cas, il y a risque de déversement de produit, pollution, incendie et explosion. Ce qui est de loin, plus grave. Il y a bien d’autres cas de figure où entend dire, par exemple : « Dans son élan incontrôlé, le camion a écrasé plusieurs véhicules qui étaient stationnés le long de la chaussée, avant de finir sa course dans le caniveau, sur son flanc droit et y déverser une partie de son chargement. »
Ce genres d’incidents ne nous sont pas étrangers. Il s’en produit bien, de temps à autre à travers la ville, avec les conséquences matérielles et surtout corporelles qui en résultent, mais aussi, avec l’effet spectaculaire induit qui marque les esprits, du fait de l’envergure des dégâts causés.
Nous l’avons déjà dit, la vue de la plupart des camions circulant sur nos voies urbaines et en rase campagne est révélatrice de l’état de santé de notre parc automobile.
Ces gros porteurs sont souvent en panne et restent immobilisés ici et là, sans signalisation et en des endroits inappropriés. Ils obstruent la chaussée, favorisent des embouteillages et quelquefois sont à l’origine de graves accidents quand les usagers entreprennent de les dépasser ou quand ils les percutent violemment, ne les ayant vus qu’au dernier moment, par défaut de triangle de pré signalisation.
S’ajoute à cet état de fait, dûment attesté et vérifiable, le constat du commandement de la gendarmerie routière qui fait remarquer que depuis plusieurs années, cette situation est constamment observée et rapportée par les compagnies sécurité routière évoluant à l’intérieur du pays. Leurs statistiques annuelles placent la panne technique, au troisième rang des causes d’accident en rase campagne.
Pour les agents de constat, il suffit tout simplement que chaque détenteur de gros porteur ou autre engin roulant soumette son véhicule à la visite technique pour déceler le ou les défaut (s) qui affecte(nt) son fonctionnement correct. Et, par cette voie, l’accident est évité !
C’est comme lorsqu’une personne fait son check-up ou bilan de santé. C’est pour savoir ce qu’elle a, ou ce qu’elle risque d’avoir. Elle réagit toujours, une fois le diagnostic posé, soit pour se préserver contre la maladie ou pour se soigner.



Conakry n’est pas exempte d’accidents de camions, loin de là ! Ces gros porteurs, pourtant fort utiles et même incontournables pour l’instant, sèment souvent la désolation à travers la ville. Une réalité traumatisante pour les citoyens, riverains des routes, qui ont la phobie des graves conséquences que produit le choc d’un de ces monstres, contre leur maison ou son irruption subite dans une zone densément peuplée, à travers la ville.
Dans la majorité des cas survenus jusque maintenant, c’est la défectuosité du système de freinage qui a été l’élément causal.
Toutes ces raisons ont sans doute motivé les autorités à relancer, après plus de deux décennies d’hibernation, la visite technique obligatoire pour tous les véhicules automobiles.
Des décisions hardies ont été prises dans ce sens, notamment le décret D/2017/287/PRG/SGG du 03 novembre 2017.
Lui faisant suite, le département des Transports a aussi publié le 05 juin 2019, l’arrêté A/2019/3918/MT/CAB/SGG/19 portant relance du contrôle technique périodique obligatoire, pour certaines catégories de véhicules.
Dans un premier temps, il a été décidé que la mesure s’applique surtout aux véhicules présentant le plus de risques liés à leur roulage.
C’est ainsi qu’on a ciblé ceux de transport d’hydrocarbures ; de voyageurs de plus de 25 places ; de marchandises de plus de 20 tonnes et d’agrégats.



Mais, où en sommes-nous à ce jour, dans l’application de ces textes ? La réponse est en deux mots : nulle part !
En dehors des camions citernes de transport d’hydrocarbures dont les responsables sont toujours portés au respect des règlements en vigueur et des normes de sécurité ; de quelques autres rares propriétaires de véhicules privés qui viennent librement, jamais aucun des autres, cités dans l’arrêté référencé plus haut, ne se pointe spontanément à la visite technique.
On attend encore ! Quoi et pourquoi ? Nous n’avons pas la réponse.
Pendant ce temps, le mal s’accroît sans cesse et nous expose tous, à des dangers bien réels : rupture de freins, de barre d’accouplement, éclatement de pneus, défaut de phares, de feux de position ou de gabarit, etc. La liste des organes « sécuritaires, » à visiter, sur un véhicule est à éplucher avec grand soin.

