
Ce vendredi 22 mai 2026, la ministre de l’Agriculture Aminata Kaba, a animé ce vendredi une point de presse consacrée au bilan de ses 100 premiers jours à la tête du département, un exercice de redevabilité marqué par la présentation des principales réformes engagées, des résultats enregistrés et des défis liés à la campagne agricole 2026-2027. La rencontre a également été marquée par la signature d’une convention de partenariat avec la Chambre nationale d’agriculture, dirigée par Souleymane Bérété, autour de la gestion des semences locales et de la distribution des intrants agricoles.
Devant les cadres du ministère, des représentants du monde paysan et des professionnels des médias, la ministre a expliqué que ce point de presse visait à faire le point sur les réformes engagées depuis février, mais aussi à mieux informer les acteurs du secteur sur les orientations retenues pour moderniser l’agriculture guinéenne. « Cette conférence de presse a pour but de partager des informations cruciales sur les avancées en cours au sein du ministère dans un esprit de transparence. Notre objectif est de nourrir la Guinée avec ses propres ressources et de faire du secteur agricole le moteur du développement socio-économique inclusif et durable de notre pays », a déclaré Aminata Kaba.
L’un des temps forts de cette rencontre a été la signature de deux conventions entre le ministère de l’Agriculture et la Chambre nationale d’agriculture. Selon la ministre, la première porte sur le renforcement de la politique nationale semencière, avec une meilleure valorisation des producteurs semenciers locaux, l’organisation du traitement et du transport des semences vers les centres semenciers publics, ainsi qu’un mécanisme de subvention sur les prix. La seconde convention concerne la gestion des produits phytosanitaires et des intrants agricoles, avec une nouvelle approche visant à confier davantage la distribution à des acteurs agréés, sous contrôle de l’État, afin d’assurer une meilleure traçabilité et d’éviter les dysfonctionnements observés ces dernières années.
« Nos services techniques déconcentrés ne sont pas des commerçants. Leur travail est purement technique. Désormais, la vente des intrants est faite par des distributeurs agréés, avec un système de contrôle et de traçabilité pour éviter la surenchère et garantir que les petits producteurs accèdent réellement aux intrants subventionnés…. Donc le prix conventionné de ces semences au kilo est de 4 000 GNF, et nous prenons en charge 1 000 GNF sur le tarif de 4 000 que l’État subventionne, et ensuite, ceux qui souhaitent prendre des semences avec ces producteurs-là, le prix est à 3 000GNF. La collaboration sur le terrain avec les producteurs semenciers locaux pour garantir un approvisionnement durable et une distribution des semences plus adaptée au contexte local. Une implication pleine et entière de la Chambre de santé et de l’agriculture, des services théoriques déconcentrés sont sortis de la maîtrise d’eux, et on le sentait davantage dans le suivi, évaluation des opérations dans le respect des normes de déconcentration. », a précisé la ministre.
Dans ce dispositif, le ministère annonce notamment la mise à disposition de 3 000 tonnes de semences de riz et 1 500 tonnes de semences de maïs, en priorité pour les petites exploitations agricoles, avec un accompagnement des producteurs semenciers locaux à travers les centres semenciers de Kilissi, Koba, Kankan et Guéckédou.
Aminata Kaba a également insisté sur les efforts déployés pour la campagne agricole en cours, évoquant la mobilisation de 34 900 tonnes d’engrais NPK, 10 000 tonnes d’urée, ainsi qu’un dispositif renforcé de suivi digital pour mieux contrôler la distribution des intrants sur le territoire national.
La ministre a reconnu que le contexte international reste difficile, notamment sur le marché des engrais, mais a assuré que des mesures sont en cours pour préserver les stocks destinés aux agriculteurs guinéens.
« Nous sommes dans une crise économique mondiale où l’accès aux intrants est compliqué. Cet engrais doit être géré de façon collégiale et chacun doit pouvoir y mettre du sien pour éviter la sortie de ces engrais vers d’autres pays », a-t-elle averti.
Parmi les réformes mises en avant figurent aussi la mobilisation de 214 tracteurs dans les 33 préfectures, la mise à disposition de 75 tracteurs équipés pour les promoteurs agricoles, ainsi que des mécanismes de crédit subventionné via le Fonds de développement agricole (FODA) pour soutenir les producteurs.
Prenant la parole après la signature des conventions, le président de la Chambre nationale d’agriculture, Souleymane Bérété, a salué ce partenariat et promis l’engagement total de son institution dans la mise en œuvre des nouvelles orientations.
« Nous avons confiance que Mme la ministre va apporter à la Chambre nationale d’agriculture. Moi et mon équipe, on s’engage. Merci pour cette opportunité que la Chambre a toujours recherchée », a-t-il déclaré.
Un engagement qui traduit la volonté de renforcer le lien entre l’administration centrale et les producteurs à la base, dans un contexte où la question de la souveraineté alimentaire revient au cœur des priorités nationales. Au-delà du bilan des 100 jours, la ministre a insisté sur les défis structurels à relever : sécurisation du foncier rural, mécanisation, financement agricole, accompagnement des jeunes et des femmes rurales, relance des filières stratégiques comme le coton et modernisation des chaînes de valeur agro-industrielles. Pour Aminata Kaba, la dynamique engagée doit désormais se traduire par des résultats visibles sur le terrain.
« Produire davantage, transformer localement, réduire nos importations et garantir à chaque Guinéenne et à chaque Guinéen une alimentation saine et durable », a-t-elle conclu, en réaffirmant l’ambition de faire de l’agriculture « un moteur de croissance inclusive et durable » pour la Guinée.

