
Les travailleurs de Cellcom Guinée se sont réunis ce mardi 22 septembre à Kaloum pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail et réclamer des solutions urgentes à la crise que traverse l’entreprise. Dans son intervention, le Secrétaire général de la section syndicale, Alexandre Nyambalamou, a évoqué quatre mois de salaires impayés, l’absence de transport du personnel et le manque d’investissements.
« La direction nous doit quatre mois de salaire », a déclaré le syndicaliste, précisant que les arriérés concernent notamment le 13ᵉ mois ainsi que les salaires d’août et du mois en cours. Selon lui, cette situation rend particulièrement difficile le déplacement quotidien des employés, dont certains résident à Coyah et dans les environs.
Alexandre Nyambalamou dénonce également l’état du réseau de Cellcom. Selon lui, la quasi-totalité des sites de l’opérateur ne serait plus opérationnelle, faute d’investissements et de moyens techniques. Il affirme que plusieurs équipements et serveurs sont vétustes et que les techniciens manquent de matériel et de pièces de rechange.
Le syndicaliste évoque par ailleurs le cas d’anciens travailleurs renvoyés à domicile depuis plus d’un an et qui, selon lui, n’auraient toujours pas perçu leurs droits. Il estime que les démarches engagées auprès de la justice et des autorités n’ont pas encore permis de débloquer la situation.
Sur la reprise de Cellcom par l’entité Nobel, Alexandre Nyambalamou dénonce ce qu’il qualifie d’« opacité » et affirme que les représentants des travailleurs n’auraient pas été consultés. Il accuse également le nouvel actionnaire, Mohamed Diallo, de ne pas avoir réalisé les investissements nécessaires au fonctionnement de l’entreprise.
Le secrétaire général affirme que les travailleurs sont en grève depuis le 7 septembre, expliquant que l’absence de salaires les empêche parfois même de financer leur transport. Il redoute également les conséquences de la crise sur la scolarité des enfants des employés à l’approche de la rentrée scolaire.
Dans son intervention, il a appelé les autorités, notamment le Président de la République, le Premier ministre, le ministère de tutelle et l’ARPT, à intervenir pour sauver l’entreprise. Il a notamment plaidé pour l’ouverture du capital à d’autres investisseurs ou pour une reprise de Cellcom par l’État.
Alexandre Nyambalamou a enfin affirmé que les travailleurs avaient déjà saisi plusieurs institutions, notamment l’ARPT et l’Inspection générale du Travail, sans obtenir, selon lui, de solution concrète. Il estime que « toutes les portes » ont été frappées et que l’intervention des plus hautes autorités constitue désormais leur dernier recours

