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Restriction des activités culturelles : les promoteurs entre réprobations et plaidoyers

Dans le sillage du communiqué de l’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire (ANSS) annonçant la reprise sous conditions des ateliers et autres réunions qui ont déjà repris dans les faits, les opérateurs culturels guinéens qui se sentent abandonnés plaident pour leur cause. C’est ce que nous retenons d’un entretien téléphonique accordé à Guineenews par le président de la fédération des entreprises culturelles et économiques de Guinée (FECEG).

A la tête d’une faitière regroupant 52 agences évoluant dans l’événementiel en Guinée, Ibrahim Cissé, dit ‘’Ibrahim C’’ tire la sonnette d’alarme. « Nous attendons impatiemment voire crucialement la levée des restrictions qui pourra nous permettre de nouveau de travailler, c’est de cela qu’il s’agit.  Parce qu’en ce moment, je peux vous le dire, nous ne faisons que survivre. La plupart de nos entreprises ont mis la clé sous le paillasson. Nous souffrons le martyr. On se meurt… »

Insistant sur les difficiles conditions de vie des professionnels de l’événementiel, Ibrahim C : martèle : « il faut que les autorités le sachent, que le gouvernement le comprenne, les opérateurs culturels, les agences d’événement en Guinée sont à bout de souffle. Nous sommes endettés et ne savons plus à quel saint se vouer. Surtout, je pense qu’il y a des possibilités. Nous savons bien qu’il est normal que les autorités prennent d’abord en compte la santé des populations dont nous faisons partie…  Aujourd’hui, il faut s’en réjouir, la tendance est netement baissière en Guinée. Je pense qu’on peut faire un effort pour notre corporation. Surtout que dans les pays voisins comme en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Mali, les événements sont organisés. Ironie du sort, nos artistes quittent ici pour aller faire des prestations dans ces pays-là. La Côte d’Ivoire, c’est plus de 25 millions d’habitants. Je ne pense pas que cette pandémie soit plus inquiétante ici que là-bas. Ici, il y a de l’accalmie. Les chiffres sont bons, les signes sont prometteurs. Donc, il y a des efforts qui peuvent être faits dans ce sens. Nous prenons soin quand même d’observer les mesures barrières en organisant nos événements. »

Plan de riposte économique et demande de subvention

Dans cet entretien avec Ibrahim C, il a été également question d’impacts du « plan de riposte économique » du gouvernement. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que chez les professionnels de l’événementiel, l’initiative n’a pas permis d’amortir le choc de la pandémie. « On n’a rien eu du tout », réagit sèchement le président de la FECEG. Et monsieur Cissé d’ajouter : « ça fait plus deux ans que nous sommes dans cette situation difficile. Et la seule fois où le gouvernement a fait quelque chose, c’est quand il a remboursé les frais dépensés pour des événements déjà programmés lors du premier décret. »

Puis, d’expliquer : « en sommes, vous dépensez de l’argent et on vous rembourse une partie de cet argent. On nous a remboursés que 40% de l’argent que nous avons dépensé. Ce n’est pas une aide en fait, ce n’est même pas une subvention. C’est un mini-remboursement. »

Pire, dénonce-t-il, « pour cette deuxième fois, on nous a promis le même remboursement pour les événements qui ont été interdits au moment où le décret est sorti. Mais on attend toujours et on ne voit rien venir. A ce niveau, 80% des dossiers ont été rejetés. Alors, je ne sais pas comment le gouvernement veut nous aider. En tout cas, s’il (le gouvernement, ndlr) veut que nous continuions à travailler, il faudrait qu’il prenne en compte nos problèmes et que véritablement, il ait une subvention pour notre secteur. J’ai bien dit une subvention véritable pour notre secteur. »

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