
Dans le cadre des réformes visant à améliorer la gouvernance financière et l’efficacité de l’administration publique, le Président de la République a procédé à la création de la Centrale d’achat de l’État (CAE), un établissement public administratif placé sous la tutelle du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget.
Selon le décret portant création, attribution, organisation et fonctionnement de cette nouvelle structure, la CAE est dotée de la personnalité morale ainsi que de l’autonomie administrative et financière. Son niveau hiérarchique est équivalent à celui d’une direction générale de l’administration centrale.
Basée à Conakry, la Centrale d’achat de l’État pourra toutefois installer des représentations ou des antennes à travers le pays, en fonction des besoins identifiés par son Conseil d’administration.
Une mission de mutualisation et d’optimisation des achats publics
La CAE a pour vocation de centraliser, standardiser et optimiser les acquisitions de biens et services communs destinés à l’administration publique. Ses interventions concernent notamment les véhicules, les voyages officiels, les équipements informatiques, le mobilier ainsi que les équipements de bureau.
À ce titre, elle sera chargée de planifier et de coordonner les déplacements des agents publics à l’étranger, notamment l’achat des billets d’avion, les réservations d’hébergement, les paiements liés aux missions et la négociation de tarifs préférentiels auprès des prestataires.
L’institution conduira également les procédures d’achats mutualisés, de location et de gestion des véhicules administratifs, ainsi que les acquisitions groupées d’équipements informatiques et de mobilier de bureau. Elle aura en outre la responsabilité de conclure des accords-cadres et des marchés-cadres au profit des services publics.
Une gouvernance structurée autour d’un Conseil d’administration
Pour assurer son fonctionnement, la Centrale d’achat de l’État s’appuie sur quatre organes principaux : un Conseil d’administration, une Direction générale, une Agence comptable et un Contrôleur financier.
Le Conseil d’administration constitue l’organe délibérant de la structure. Il est chargé de définir les grandes orientations stratégiques, de fixer les objectifs annuels, d’approuver les budgets, les programmes d’investissement, les recrutements et les règlements internes de la CAE.
Composé de sept membres, il regroupe des représentants de l’Autorité de régulation des marchés publics, de la Primature, du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, du ministère en charge des Affaires économiques, du ministère en charge des Sports, ainsi qu’une personne ressource reconnue pour son expertise.
Les administrateurs devront jouir de leurs droits civils, civiques et politiques et ne faire l’objet d’aucune condamnation à une peine afflictive ou infamante. Ils seront choisis en fonction de leur représentativité et de leurs compétences en matière administrative, financière, commerciale ou technique.
Vers une meilleure maîtrise des dépenses de l’État
À travers la création de cette centrale d’achat, les autorités entendent renforcer la transparence, réduire les coûts liés aux acquisitions publiques et améliorer la qualité des services fournis à l’administration.
Cette réforme s’inscrit dans une dynamique de modernisation de la gestion publique et de rationalisation des dépenses de l’État, en privilégiant les économies d’échelle et une meilleure coordination des achats gouvernementaux.

