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Dialogue politique, marche du FNDC, Procureur C. Wright : les vérités de Dembo Sylla, dans «Sans Concession »

Le vice-président de l’Union Démocratique de Guinée (UDG) n’a pas fait dans la langue de bois en abordant l’actualité nationale dans l’émission «Sans Concession» où il était l’invité ce mardi 21 juin.

Avec son regard de juriste doublé d’acteur politique, Elhadj Dembo Sylla a visiblement  apprécié la nouvelle posture du Premier ministre, Mohamed Béavogui qui a annoncé un dialogue avec les acteurs politiques. L’invité de Sans Concession qui précise n’en avoir pas discuté avec les organisateurs, n’exclut pas que l’initiative permette d’éviter la marche du FNDC de ce jeudi, si des actes sont posés dans le sens du discours du chef du gouvernement.

 Cependant, sur la même question, l’ancien député voit de l’exagération dans la démarche du procureur général Charles Wrigt. D’abord, «en tant que juriste, je considère que les deux entités sont constitutionnelles différentes, rappelle-t-il. Puis, «en ce qui concerne l’autorité sur le territoire, d’une certaine manière, le pouvoir judiciaire même relève partiellement de l’exécutif ». Et «troisièmement, ce que je pense, c’est que le procureur Charles Wrigt va trop vite en besogne », attaque-t-il. Et d’expliquer que «la loi même ne dispose que de l’avenir. Il le sait bien. On ne peut pas préjuger qu’on va arrêter des gens lorsqu’ils décideront de traverser le fleuve (…). Donc il ne peut pas préjuger et avertir déjà les services qui relèvent de son domaine, comme quoi, ils n’ont qu’à être prêts pour arrêter des fauteurs de trouble ou pour ceux qui vont marcher».

Toujours au sujet du procureur général, M. Sylla ajoute que : «je pense que sur plusieurs plans, il s’autosaisit de certains aspects qui ne relèvent pas de sa compétence territoriale ». Surtout, explique-t-il, «il sait bien qu’il y a des procureurs d’instance ». Avant d’attaquer: «Aujourd’hui, il a submergé tous ces procureurs qui restent aussi très fragiles sous son influence. C’est très regrettable. Lui-même il devient un bouclier, une épée. Il pense qu’il peut casser, il peut couper toutes les branches. Non. Donc pour me résumer, il va trop vite en besogne ».

Sur ce que le rôle du bouillant magistrat, préconise-t-il «ce qu’il devrait faire plutôt avec les services de sécurité, notamment les officiers de police judiciaire, il devrait concourir, dans une démarche de solidarité gouvernementale au plan de la sécurité, intimer à ces gens-là d’encadrer la marche avec des moins conventionnels. Si tel n‘est pas le cas, je pense que lui-même pourrait-être tenu pour responsable. En tant que procureur, il n’est pas au-dessus de la loi. Il peut être responsable des conséquences de certaines décisions (…) ».

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Soutenant sa position, l’invité de «Sans Concession» développe: «lorsque vous parcourez les lois de la République, il y a tout ce qui autorise les marches et ce qui les encadre. Je ne pense pas qu’au-delà des maires, que ce soit les procureurs qui soient concernés par cette question. Les instructions doivent partir soit du ministère de l’Administration du territoire qui requiert les services de la personnalité qui commande ces forces de sécurité, mais sans préjuger. C’est au cours de l’encadrement et après (peut-être) la marche que ceux-ci font leur rapport. Ce par cela qu’on saura s’il y a eu débordements et est-ce que ces débordements sont susceptibles de poursuites judiciaires… c’est à partir de ce niveau-là qu’au niveau des tribunaux, l’action publique peut être déclenchée …» Rappelant le principe selon lequel les organisateurs des manifestations, de la marche dans le cas d’espèce, informent le maire qui «n’a pas le pouvoir d’interdire».

A propos de l’absence prolongée des leaders politiques, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, le vice-président de l’UDG ne voit pas le péril en la demeure.  D’autant qu’à l’interne, leurs partis fonctionnent à travers les responsables qui sont au pays.

Néanmoins, sur le volet judiciaire et ce qui est perçu comme une persécution politique, «en ce qui concerne Elhadj Cellou, quand je mets à sa place, au niveau de la justice, les faits qui me sont arrivés sont là. C’est une position humaine personnelle, parce qu’en ce qui concerne son domicile, avec d’autres. Que sa maison soit dans la situation que nous connaissons et qu’il porte plainte, le dossier se trouve au niveau du tribunal, mais qu’on vienne détruire sa maison de cette manière,  chacun de nous a vu ce qui s’est passé, je ne pense pas qu’il lui soit donné de voir le droit de son côté (…). C’est vraiment paradoxal, qu’il puisse croire dans cet état d’esprit, on pourrait encore lui faire prévaloir le bénéfice de la raison…», soutient l’ancien député.

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