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Chute d’Alpha Condé : les effets de manche d’une CEDEAO en perte de vitesse

Tourneboulée sans doute  par le coup de force perpétré par le commandant des forces spéciales, le colonel Mamady Doumbouya contre Alpha Condé, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), fait des effets de manche. Dans la foulée de cette effusion d’émotions, l’institution sous-régionale a suspendu la Guinée de ses instances, tout en exigeant la libération immédiate du président déchu.

La Cédéao vient de démontrer encore une fois, qu’elle sait avoir la main lourde, quand il s’agit de brider les peuples de la sous-région qui osent se dresser contre l’incurie de leurs dirigeants. Mais quand il est question  d’empêcher les putschs constitutionnels, déclinés sous le régime des fameux troisièmes mandats, on n’entend guère les réserves de ces chefs d’Etats. Qui restent muets comme des carpes.

D’ailleurs, la Cédéao est en partie responsable de cette situation cauchemardesque dans laquelle la Guinée est plongée, depuis le tripatouillage constitutionnel du 22 mars 2020. Pour avoir adoubé le régime de Conakry, dans sa démarche mortifère.

Maintenant que l’armée est venue remettre les pendules à l’heure, elle sort du bois pour sanctionner.

D’où cette colère de la majorité de l’opinion qui accuse la Cédéao de faire  preuve de scélératesse, en usant de la politique du deux poids deux mesures contre la Guinée. Qu’elle vient de bannir de ses instances. Tout en exigeant de la junte qu’elle mette en liberté, l’ancien chef d’Etat.

Elle n’a d’ailleurs pas trainé les pieds, pour rallier Conakry, afin de voir dans quel état se trouvait Alpha Condé. Alors que cette institution sous-régionale, on se souvient, prenait tout son temps, quand il s’agissait de se porter au chevet de notre pays, au moment où les opposants au troisième mandat étaient passés à la sulfateuse  par le pouvoir déchu.

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Les émissaires de la Cédéao repartent tout de même rassurés sur l’état de santé du président Condé, qu’ils disent avoir trouvé en pleine forme physique.

Quant au contenu de leurs discussions avec le Cnrd,  Jean Claude Kassy Brou et sa délégation, composée de ministres des Affaires étrangères du Ghana et du Burkina Faso, sont restés évasifs. Préférant servir le vocable  « d’échanges très productifs », à la presse, qui était sur des charbons ardents.

Il ya de quoi comprendre que ce coup de force provoque un crève cœur au niveau de la Cédéao, quand  on sait que le chef de la diplomatie du pays des Hommes intègres, Alpha Barry, avait pris ses quartiers sous les ors du palais Sékhoutouréya, au lendemain de l’élection d’Alpha Condé à la magistrature suprême en 2010. Il en est sorti qu’après le changement de régime survenu dans son pays, où il fut nommé ministre par Roch Marc Christian Kaboré.

C’est donc à juste raison que M. Barry soit de cette délégation, venue consoler le président déchu, au grand dam des Guinéens, très déçus de l’institution. Une institution qui est restée sourde, face aux appels de détresse lancés par le peuple, au moment où  Alpha tentait son coup de force constitutionnel, sur fond de violations des droits humains.

Il a fallu finalement que l’armée reprenne les choses en main, en mettant un terme à ce régime liberticide.

Cela donne raison à  Ernesto Che Guevara qui  disait que « les libérateurs n’existent pas. Ce sont les peuples qui se libèrent eux-mêmes ».

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