
Jusqu’ici, les étrangers présents légalement sur le sol américain grâce à divers visas (étudiants, travailleurs temporaires ou touristes) pouvaient entamer une procédure d’« ajustement de statut » directement depuis les États-Unis. Une époque désormais révolue.
Un tour de vis qui cible l’immigration légale
Dans un communiqué officiel, le porte-parole des services américains de la citoyenneté et de l’immigration (USCIS), Zach Kahler, a été on ne peut plus clair : « À partir de maintenant, un étranger qui séjourne temporairement aux États-Unis et veut obtenir une “carte verte” doit retourner dans son pays d’origine pour en faire la demande, sauf en cas de circonstances exceptionnelles. »
Selon l’administration Trump, les visas à durée limitée ont un objectif précis et ne doivent pas servir de passerelle déguisée vers l’immigration permanente. L’objectif affiché par Washington est également sécuritaire et logistique : cette mesure vise à « réduire la nécessité de retrouver et d’expulser ceux qui décident de passer sous le radar » après un éventuel refus de leur dossier.
Des centaines de milliers de personnes impactées
Cette décision s’apparente à un véritable séisme pour la communauté expatriée aux États-Unis, y compris pour les nombreux ressortissants africains et guinéens qui y étudient ou y travaillent. Selon des données du Washington Post, les États-Unis délivrent chaque année plus d’un million de cartes vertes. Or, plus de la moitié des demandeurs effectuaient jusqu’à présent leurs démarches depuis le sol américain.
Désormais, un document de six pages publié par l’administration Trump stipule que les candidats devront impérativement s’adresser aux services consulaires de leur pays d’origine.
Le camp démocrate fustige une mesure « cruelle »
L’annonce a immédiatement suscité une vague d’indignation au sein de l’opposition démocrate. Plusieurs élus et défenseurs des droits de l’homme dénoncent une précarisation de l’immigration légale.
Sur le réseau social X, le représentant démocrate de l’Illinois, Chuy Garcia, n’a pas mâché ses mots, qualifiant cette directive de « politique absurde et cruelle » : « Cette nouvelle politique va obliger des milliers d’immigrés LÉGAUX, dont les époux de citoyens américains, à quitter leur maison, leur famille et leur travail pour des semaines, voire des mois, pour obtenir leur “carte-verte” hors des États-Unis », s’est-il alarmé.
Pour les candidats à l’exil et les expatriés déjà installés, l’incertitude est désormais totale. Les services consulaires américains à l’étranger, souvent déjà engorgés, devront faire face à un afflux massif de demandes, ce qui pourrait rallonger considérablement les délais d’attente pour l’obtention du précieux sésame.
Une synthèse de la rédaction de Guineenews.

