
À l’occasion de la présentation des Lettres de mission et des Contrats annuels de performance 2026, le chef du gouvernement a longuement insisté sur les dangers liés aux disparités de développement entre les régions de Guinée. Pour lui, l’absence d’un équilibre territorial constitue une menace réelle pour la stabilité nationale.
Évoquant la question de la modernisation territoriale, Bah Oury a souligné que la paix sociale et la cohésion nationale dépendent également d’une meilleure répartition des infrastructures et des services publics à travers le pays.
« Si on ne réussit pas à mettre cette question de modernisation territoriale de manière effective, le pays sera déséquilibré. Et si le pays est déséquilibré, cela veut dire quoi ? Il y aura des inégalités sur le plan des territoires. Et s’il y a des inégalités sur le plan des territoires, on se crée des facteurs de déstabilisation. Et des facteurs de déstabilisation amènent de facto des conflits », a-t-il déclaré.
Le Premier ministre a rappelé que la prise en compte des réalités régionales demeure indispensable pour prévenir les frustrations sociales susceptibles d’alimenter les tensions. Selon lui, les infrastructures, les centres de santé, les routes ainsi que les projets de désenclavement doivent être répartis de manière plus équilibrée sur l’ensemble du territoire national.
« Depuis l’année dernière, et même bien avant, nous veillons à ce que toutes les régions soient prises en compte, que ce soit pour les centres de santé, le désenclavement ou d’autres projets structurants. Tout cela participe à la mise en place d’un ensemble cohérent pour une meilleure gouvernance et une stabilisation durable du pays », a-t-il ajouté.
Dans son intervention, Bah Oury a également dénoncé le manque de coordination entre les administrations publiques, qu’il considère comme un frein majeur à l’efficacité de l’action gouvernementale.
Le chef du gouvernement a appelé les différents départements ministériels à abandonner les logiques de cloisonnement afin de travailler dans une dynamique collective. « Les ministères doivent se parler en permanence », a-t-il insisté, rappelant que la réussite des grands projets nationaux dépend de la capacité des structures étatiques à fonctionner en synergie.
Pour illustrer cette nécessité de coordination, il a cité les secteurs de l’agriculture, des infrastructures et de l’énergie, estimant qu’aucun ministère ne peut atteindre seul ses objectifs sans l’implication des autres départements concernés.
Selon lui, l’absence de concertation entre les administrations entraîne des incohérences, des retards dans l’exécution des projets publics ainsi qu’une perte de ressources pour l’État.
Le Premier ministre a également exhorté les cadres de l’administration à revoir leurs méthodes de travail, en privilégiant davantage l’anticipation et la communication interne.
« Le rôle majeur du ministre, c’est l’orientation. Les équipes placées sous sa responsabilité doivent assurer le travail opérationnel », a-t-il expliqué, insistant sur la nécessité de laisser les structures techniques accomplir pleinement leurs missions.
Vers un contrôle plus strict des performances ministérielles
Bah Oury a enfin annoncé que la Primature exercera désormais un suivi plus rigoureux des performances des départements ministériels à travers des mécanismes renforcés de contrôle et d’évaluation.
Selon lui, la réussite du programme Simandou 2040 dépendra autant de la discipline administrative que de la capacité des institutions à travailler ensemble afin de réduire les disparités entre les territoires.
