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CRIEF : 7 ans de prison requis contre deux huissiers, Ecobank réclame 5 millions de dollars

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Le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a requis, ce lundi 19 octobre 2026, sept ans d’emprisonnement ferme contre Mes Sory Daouda Camara et Mandiou Sangaré, poursuivis dans une affaire opposant Ecobank Guinée à plusieurs professionnels du droit. De son côté, la banque réclame 5 millions de dollars et 20 milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.

À l’audience consacrée aux réquisitions et plaidoiries, le conseil d’Ecobank Guinée, Me Antoine Pépé Lama, a accusé les deux huissiers d’avoir contribué à la production d’un document qu’il estime faux et qui aurait conduit à la condamnation de la banque par la Cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA).

« Aujourd’hui, il ne reste plus qu’à rétablir Ecobank Guinée dans ses droits », a plaidé l’avocat, sollicitant la condamnation solidaire des deux prévenus au paiement des dommages et intérêts réclamés par la banque.

Représentant le parquet spécial, Pierre Segbe Kamano a requis sept ans d’emprisonnement ferme et une amende de 50 millions de francs guinéens contre chacun des deux huissiers. Il a également demandé que Mes Sory Daouda Camara et Mandiou Sangaré, ainsi que Me Halimé Saad Chaloub, avocate également mise en cause dans le dossier, soient interdits d’exercer leur profession pendant trois ans.

De leur côté, les avocats de la défense ont contesté les accusations portées contre leurs clients, dénonçant une procédure qu’ils jugent orientée et déséquilibrée.

« C’est une procédure téléguidée. C’est une procédure orientée. L’équilibre entre les parties est largement rompu dans cette procédure », a plaidé la défense, estimant que cette affaire, qui remonte à 2018, aurait dû faire l’objet d’une information judiciaire plutôt que d’être traitée selon la procédure de flagrant délit.

Pour Me Mory Doumbouya, les infractions reprochées à ses clients ne sont pas constituées.

« Il n’y a pas de faux, ni escroquerie, ni complicité dans cette procédure », a-t-il soutenu, invitant la cour à ne pas suivre les réquisitions du parquet.

Poursuivis notamment pour des faits présumés de faux et usage de faux, d’escroquerie au jugement et de complicité, Mes Sory Daouda Camara et Mandiou Sangaré sont en détention préventive depuis le 29 septembre 2026.

À l’issue des réquisitions et des plaidoiries, la décision de la CRIEF est désormais attendue.

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