
Le 19 septembre dernier, votre quotidien guinéenews.org a publié un article de notre correspondant à Dubréka, intitulé : Kagbelen, les usagers dénoncent les causes des accidents sur la RN3.
A l’occasion, Jean Paul Sangbalamou, a affirmé ceci : « à Kagbelen, les accidents de la circulation restent une réelle préoccupation pour les usagers de la route nationale numéro 3 (RN3). » Il a aussi ajouté que « la circulation dense, les pannes fréquentes des véhicules, l’excès de vitesse et le non-respect des règles, sont cités parmi les principales causes des embouteillages et des accidents. »
Quoique non exhaustif, ce constat est bien réel. On peut même affirmer qu’à ce jour, ce point de jonction entre Conakry et les préfectures de Coyah et Dubréka, est l’un des points noirs, les plus critiques de la circulation routière, dans le Grand Conakry.
Cette réalité du carrefour de Kagbelen, dépeint parfaitement le quotidien asphyxiant de milliers d’automobilistes et de riverains, qui y vivent ou passent. A certaines heures, les usagers y sont confrontés, à ce qu’on pourrait appeler, un véritable chaos urbain.
Origine de cette situation particulière
Elle n’est nullement le fruit du hasard. Elle résulte de la convergence de plusieurs facteurs : structurels, géographiques et comportementaux.
Le nœud routier asphyxié qui caractérise la zone
Le paysage quotidien de Kagbelen se caractérise par une anarchie routière totale, rythmée par plusieurs facteurs aggravants, parmi lesquels, on relève, les plus constants :
-Le phénomène de la double ou triple file
Face à l’immobilité du trafic dû au bouchonnement, l’incivisme prend le dessus. Les conducteurs (particulièrement les taxis, les motos et les véhicules particuliers) tentent de forcer le passage en dépassant par la gauche, par la droite, ou même sur les trottoirs et les emprises non bitumées. En se rabattant de force à l’approche d’un goulot d’étranglement ou d’une présence policière, ils bloquent complètement l’intersection, créant un verrouillage complet, où plus personne ne peut avancer.

-L’omniprésence des gros porteurs
Kagbelen est la principale porte d’entrée et de sortie des marchandises de la capitale. Les camions-citernes, les bennes de transport d’agrégats, les conteneurs et quelque fois, les camions de transport minier, partagent la même chaussée étroite que les véhicules légers. Leur gabarit imposant, leur lenteur au démarrage et leur large rayon de braquage paralysent des voies déjà saturées.
-Les pannes récurrentes et les accidents
L’état mécanique précaire d’une grande partie de notre parc automobile (surtout les vieux camions surchargés) cause des pannes fréquentes en plein milieu de la chaussée.
En l’absence de services de remorquage forts et opérants, un seul camion en panne peut condamner une voie pendant des heures. De plus, l’impatience des conducteurs engendre de multiples accrochages qui bloquent définitivement le passage.
Chacun pcnse être plus important et plus pressé que l’autre. L’égoïsme enfoui au fond du cœur ressurgit. On ne tolère plus son prochain. « Tu me connais ? Tu sais qui je suis ? Tu sais à qui tu as affaire ? Le vacarme s’en mêle. Moteurs et esprits s’échauffent. On entend des klaxons par-ci, des sirènes par-là. Les ‘’quatre côtés’’ et les pleins phares sont allumés et voilà qu’on fonce !
On est prioritaire non ? On doit passer, il faut qu’on passe. A tout prix !
Quand tout le monde pense comme ça, alors, adieu le bon ordre dans la circulation. Vive l’anarchie et les bouchons interminables qui vont avec ! En pareil cas, pauvres de nous ! Quand nous sommes dans pareille situation, nous en avons pour longtemps à attendre. Des heures parfois.
Il faut alors, éviter le stress et rester patient, jusqu’à la fin de l’embouteillage, pour reprendre calmement, notre chemin.

