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Procès en appel du Dr Diané : entre litiges fonciers, transferts de fonds et controverse autour d’un salaire de 450 millions fg

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La bataille judiciaire autour du patrimoine attribué à l’ancien ministre de la Défense nationale, Dr Mohamed Diané, a connu un nouveau rebondissement ce jeudi 11 juin 2026 devant la Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).

L’audience a été marquée par les témoignages de plusieurs intervenants, dont celui de l’entrepreneur Sékou Kaké, entendu à la demande du ministère public. Ce dernier a rejeté toute implication de Dr Mohamed Diané dans ses affaires personnelles ou professionnelles.

Interrogé par le parquet spécial, Sékou Kaké a affirmé que ses relations avec l’ancien ministre se limitaient à un cadre strictement social. « Je n’ai bénéficié d’aucun appui de sa part dans mes activités », a-t-il déclaré devant la Cour.

Le témoin a également revendiqué la propriété de plusieurs biens que le parquet rattache au prévenu, notamment un immeuble abritant le siège de sa société à Almamya. Selon ses explications, ce bâtiment, appartenant à l’État, fait l’objet d’un bail de 60 ans signé en 2011. Il a aussi revendiqué un terrain non bâti situé à Nongo, tout en reconnaissant ne plus se souvenir de la date d’acquisition de la parcelle.

Au cours des débats, un document versé au dossier a également retenu l’attention de la Cour. Il présente Sékou Kaké comme représentant d’Ahmed Sékou Diané dans une opération d’acquisition foncière à Conakry. L’entrepreneur n’a pas contesté ce rôle, expliquant avoir agi sur instruction d’un membre de la famille Diané.

Selon sa déposition, plus de 600 millions de francs guinéens auraient été transférés pour la réalisation de cette transaction, sans qu’il puisse toutefois préciser la période exacte ni les modalités précises de remise des fonds, notamment via des cambistes.

Parallèlement, des représentants des services fonciers de l’État ont été entendus afin d’apporter des précisions sur plusieurs titres et documents versés au dossier. Leurs explications ont principalement porté sur les procédures administratives liées à l’immatriculation et à la conservation des biens immobiliers cités dans l’affaire.

L’ancien ministre reconnaît être propriétaire de certains biens, mais conteste formellement la propriété d’autres domaines.

Face à ces divergences, la Chambre des appels lui a demandé de produire, lors de la prochaine audience, deux listes distinctes : l’une recensant les biens dont il reconnaît la propriété et l’autre regroupant ceux qu’il estime ne pas lui appartenir.

L’autre temps fort de l’audience est intervenu avec la production d’un document présenté par le ministère public. Selon le substitut du procureur spécial Biwon Millimouno, cette pièce issue de la division Solde indiquerait qu’un fonctionnaire nommé Mohamed Diané, en service à la Cour suprême, percevrait un salaire mensuel de 900 millions de francs guinéens, soit deux versements de 450 millions.

Cette révélation a suscité une vive réaction du prévenu.

« C’est un harcèlement judiciaire contre moi. Quel fonctionnaire guinéen perçoit 450 millions de francs guinéens par mois ? Je n’ai qu’un seul numéro matricule », a déclaré Dr Mohamed Diané devant la Cour.

Estimant que le matricule et les montants évoqués ne le concernent pas, il a demandé l’audition des responsables chargés de la gestion salariale afin d’éclairer l’origine de ces données administratives.

La Chambre des appels a renvoyé l’affaire au 25 juin 2026 pour la poursuite des débats.

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