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Exportation de la bauxite: l’Etat guinéen reprend le contrôle, un surplus de 400 000 t décelé par ses services

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Les temps de la dépendance aveugle, où l’Etat guinéen signait les documents sur la simple déclaration des exportateurs miniers appartient désormais au passé. Le Bureau d’Evaluation Quantité et Qualité (BEQQ) du ministère est en train de réussir ce pari.

Pour rappel, pendant des décennies, la Guinée, bien que parmi les premiers exportateur mondial de bauxite, était se contentait de recevoir les déclarations des sociétés minières. Incapable de peser elle-même les minerais sortis de son sous-sol.

Grâce à l’appui des partenaires comme la coopération allemande, c’est une vieille blessure nationale qui est en train de se refermer au large des côtes du pays. Le bureau d’évaluation qualité et qualité, un service créé initialement à cet effet par l’administration précédente a été érigé en direction générale dès l’avènement du CNRD.

Résultat, selon des confidences faites à Guineenews, les réalités sont en train de changer. Une contre-offensive technique sans précédent a été progressivement mise en place ces dernières années. permettant à l’Etat de récupérer précisément 400 000 tonnes métriques de bauxite non déclarées pour la seule année 2025. Tout un symbole réussi par Bureau d’Évaluation Quantité et Qualité (BEQQ), désormais un maillon essentiel du ministère des Mines et de la Géologie.

L’art de la guerre des chiffres en haute mer

Pour comprendre comment l’équivalent de plus de deux capesizes a été repéré par l’administration minière, il faut quitter le confort des bureaux ministériels et imaginer le quotidien des ingénieurs guinéens. Des hommes et femmes qui montent à bord des navires de transport, pour affronter la haute mer lors des opérations de transbordement et font face aux dispositifs ultra-puissants des multinationales.

«Historiquement, le jeu était inégal », nous glisse un cadre du secteur sous le sceau de l’anonymat. Et d’expliquer, «avant, la compagnie arrivait avec un « manifeste de cargaison » théorique rédigé par ses propres soins pour obtenir une déclaration provisoire en douane. L’Etat faisait confiance. Aujourd’hui, ce sont des ingénieurs guinéens qui effectuent la contre-expertise. C’est un acte de souveraineté absolue. »

Sur le terrain, l’évaluation ne laisse aucune place à l’interprétation. A cet effet, «les agents du BEQQ appliquent une procédure universelle. Le draft survey (l’évaluation par lecture des tirants d’eau ndlr). De manière consensuelle et contradictoire avec l’équipage, ils croisent les documents officiels du bord, la table hydrostatique et les spécificités techniques du navire (ship particulars), avec des relevés physiques in situ. A l’aide de densimètres étalonnés, ils mesurent la densité de l’eau de mer et lisent les tirants d’eau à l’avant, au milieu et à l’arrière, à bâbord comme à tribord», ajoute notre interlocuteur.

Ce n’est pas tout. Un autre paramètre, d’une technicité redoutable, fait l’objet d’une surveillance féroce. Le taux d’humidité. En mesurant précisément la quantité d’eau contenue dans le minerai brut en vrac, le BEQQ s’assure que les étatiques taxent de la bauxite, et non de l’eau de mer. Ce travail d’orfèvre sécurise la donnée brute indispensable pour calculer la taxe et fixer le prix de la bauxite.

Une rigueur technique dont les résultats ne se font plus attendre. Les dépassements et écarts mesurés en 2025 entre les déclarations initiales des miniers et les constatations physiques des inspecteurs guinéens représentent une belle petite révolution. Avec à la clé, 400 mille tonnes de bauxite en plus.

Le défi Simandou et le grand saut vers l’avenir

Mais ce n’est que le début. A en croire nos sources, au BEQQ, l’ambiance n’est pas à l’autosatisfaction mais à la mobilisation générale. Surtout que le rythme des exportations de la terre rouge s’accélère en attendant les premières raffineries en chantier. Sans oublier l’entrée en scène du fer de Simandou déjà en exportation, qui va propulser un peu plus la Guinée parmi les acteurs majeurs du marché mondial.

Pour ne pas être submergée par la logistique, la direction générale du BEQQ, avec à sa tête Moussa Nimaga, élaborerait une feuille de route de réformes structurelles profondes destinées à maximiser ses performances.

Dans le schéma en vue, toujours selon les indiscrétions, une digitalisation complète du processus d’évaluation pour éliminer les délais de traitement et sécuriser la transmission des données des cargaisons. Avec une installation d’écrans de suivi centralisé modernes dans toutes les bases pour piloter l’ensemble des opérations portuaires en direct. Et l’ouverture imminente d’un bureau permanent au port de Morébaya, point de sortie stratégique du minerai de fer du Simandou.

Dans la même veine, Côté ressource humaine, notre source lève un coin du voile sur le prochain recrutement et le déploiement de nouveaux agents de terrain. Avec une mise à niveau continue du personnel aux standards internationaux. Accompagnée d’un programme de partage d’expériences avec d’autres grands pays producteurs et exportateurs de minerais.

Il serait également prévu un renouvellement de la flotte de véhicules pour briser l’isolement des sites.

Des perspectives qui motivent à coup sûr les agents dont notre interlocuteur qui soutient que «face aux immenses défis à relever, il faut courir plus vite que le marché, en modernisant nos outils».

Thierno Souleymane

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