
À un peu plus d’un mois des élections législatives et communales prévues le 31 mai 2026, la Haute Autorité de la Communication (HAC) ajuste le dispositif médiatique. Dans une décision rendue publique le 25 avril à Conakry, l’institution annonce une modification des dates de couverture des campagnes par les médias privés, tout en renforçant les exigences en matière d’éthique et de régulation.
Désormais, la couverture médiatique des législatives s’étendra du 1er au 28 mai 2026, tandis que celle des communales est fixée du 11 au 28 mai 2026. Ces ajustements interviennent à la suite de la révision du calendrier électoral par décret, en prélude au scrutin couplé.
La HAC précise que seuls les partis politiques, mouvements reconnus, candidats indépendants et listes validées par la Direction Générale des Élections et la Cour suprême pourront bénéficier de cette couverture. Les médias privés – radios, télévisions, presse écrite, en ligne et correspondants étrangers accrédités – sont ainsi appelés à observer « une rigueur accrue » dans le traitement de l’information électorale.
Neutralité, équité et vigilance accrue
Au cœur de cette décision, l’exigence d’un traitement équitable entre les candidats. Les organes de presse devront garantir un accès égal aux antennes et aux colonnes, tout en respectant les principes d’impartialité, d’objectivité et de pluralisme.
La HAC interdit formellement toute diffusion de contenus susceptibles d’attiser la haine, de nuire à la cohésion nationale ou de discréditer un candidat. Les sondages d’opinion liés aux élections sont également proscrits pendant la période de campagne.
Autre point majeur : l’encadrement strict de l’usage du numérique et de l’intelligence artificielle. Les contenus manipulés, notamment les « deepfakes », sont interdits. L’institution met en garde contre toute utilisation de l’IA visant à tromper l’opinion publique ou à altérer l’image des candidats et des institutions.
Restrictions pour candidats et médias
Les candidats, de leur côté, sont tenus de respecter les symboles de l’État et de s’abstenir de tout message incitant à la violence, à la discrimination ou à la division. L’usage du drapeau, de l’hymne national ou des armoiries à des fins de campagne est interdit.
Les journalistes et professionnels des médias candidats aux élections devront, quant à eux, se retirer de l’antenne durant toute la période électorale, afin d’éviter tout conflit d’intérêts.
Par ailleurs, la HAC autorise les émissions interactives, à condition qu’elles respectent strictement les règles d’équilibre et de neutralité. Tout manquement pourrait entraîner la suspension immédiate des programmes concernés.
Silence électoral et sanctions
Comme le veut la réglementation, toute propagande est interdite 48 heures avant le scrutin. Les médias ne pourront diffuser que les résultats provisoires communiqués par la Direction Générale des Élections, en précisant leur caractère non définitif. En cas de non-respect de ces dispositions, la HAC prévient : des sanctions sévères sont prévues, allant jusqu’à la suspension de la participation des médias à la campagne.
