
À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, célébrée ce vendredi 5 juin à la Bluezone de Kaloum, la première édition de la Foire de la Transition Écologique (FOTEG) a rassemblé acteurs institutionnels, organisations citoyennes, partenaires techniques, entrepreneurs verts et jeunes engagés autour d’un objectif commun : construire une Guinée plus propre, plus résiliente et plus durable.
Soutenue par AGL Guinée, cette initiative se veut une plateforme d’échanges, de sensibilisation et de promotion des solutions environnementales locales.
Dans son allocution de bienvenue, la fondatrice du Comité Vert Guinée, connue sous le nom de Lady Green, est revenue sur les nombreux défis qui ont jalonné l’organisation de cette première édition. Elle a expliqué que la FOTEG est née de la volonté du Comité Vert Guinée et de la Coopérative d’Action Citoyenne (CAC) de créer un cadre capable de valoriser les nombreuses initiatives environnementales souvent méconnues à travers le pays.
« Nous n’avions pas toutes les ressources ni toutes les garanties, mais nous avions la conviction que la Guinée mérite un avenir plus propre, plus responsable et plus durable », a-t-elle déclaré.
Selon elle, la transition écologique doit être perçue non comme une contrainte, mais comme une opportunité de création d’emplois verts, de développement économique durable et de renforcement de l’engagement citoyen. Elle a invité les visiteurs à repartir avec des actions concrètes à mettre en œuvre dans leur quotidien afin de devenir de véritables ambassadeurs du changement.
Présent à la cérémonie, le directeur général de l’Agence nationale de l’assainissement et de la salubrité publique (ANASP), Mamoudou Diané, a salué une initiative qui contribue à la préservation de l’environnement, à l’amélioration du cadre de vie et à la protection de la santé publique.
Pour lui, la lutte contre l’insalubrité ne saurait être efficace sans l’implication de chaque citoyen.
« La propreté d’un pays commence par celle de nos concessions. Si nous voulons des quartiers propres, il faut d’abord des concessions propres. Si nous voulons un pays propre, chaque citoyen doit jouer sa partition », a-t-il insisté.
Le responsable de l’ANASP a également dressé un constat préoccupant de la situation de l’assainissement en Guinée. Il a rappelé que plus de 3 000 tonnes de déchets sont acheminées chaque jour vers la décharge de Dar-es-Salam. Toutefois, il s’est félicité des efforts engagés par les autorités pour moderniser le système de gestion des déchets, notamment à travers la fermeture prochaine du site actuel et l’ouverture d’une nouvelle décharge répondant aux normes environnementales internationales.
De son côté, Olivier Cholman, coordinateur du programme Sanita Ville-Propre et Durable d’Enabel, a plaidé pour une approche plus ambitieuse de la gestion des déchets, axée sur leur valorisation.
Selon lui, les déchets constituent une ressource économique encore largement sous-exploitée en Guinée.
« Le déchet n’est pas une fatalité. C’est une matière première qui s’ignore. Aujourd’hui, il faut passer du modèle “ramasser et enfouir” à celui de “ramasser et valoriser” », a-t-il expliqué.
Il a encouragé les jeunes entrepreneurs à investir dans des solutions innovantes de recyclage, de compostage et d’économie circulaire afin de transformer les défis environnementaux en opportunités économiques.
Représentant le ministère de l’Environnement et du Développement durable, Bangaly Dioumessy, conseiller chargé de l’environnement, a rappelé la portée symbolique du 5 juin, institué par les Nations unies en 1972 comme Journée mondiale de l’environnement.
Il a réaffirmé l’engagement des autorités à accompagner cette initiative citoyenne, qui s’inscrit pleinement dans les priorités nationales en matière de lutte contre les changements climatiques et de résilience environnementale.
« Cette vision est en parfaite adéquation avec celle du ministère. Des démarches sont déjà engagées afin de formaliser une collaboration durable avec les promoteurs de cette initiative », a-t-il annoncé.
Partenaire de l’événement, AGL Guinée a également réaffirmé son engagement en faveur du développement durable. Par la voix de sa chargée de communication RSE, Mariam Chérif Haidara, l’entreprise a mis en avant plusieurs actions déjà menées, notamment des campagnes de sensibilisation environnementale dans les écoles de Kaloum.
« Chez AGL Guinée, nous sommes convaincus que la croissance économique doit s’accompagner d’un engagement fort en matière de responsabilité sociétale et de protection de l’environnement », a-t-elle déclaré.
Cette première édition de la Foire de la Transition Écologique marque ainsi le lancement d’un rendez-vous que ses promoteurs ambitionnent d’inscrire durablement dans l’agenda environnemental guinéen.
Au-delà des expositions et des échanges, l’événement entend fédérer les énergies autour d’une transition écologique portée conjointement par les citoyens, les institutions et le secteur privé.
Le message lancé à l’occasion de cette Journée mondiale de l’environnement est clair : l’avenir d’une Guinée plus verte dépend de l’engagement collectif de l’ensemble de ses acteurs.

