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Une stèle érigée à la mémoire des victimes de la 1ère République au pied du mont Kakoulima :  Ce qu’en pense l’association des victimes du Camp Boiro

L’érection de la stèle par le CNRD à la mémoire des compagnons de l’indépendance victimes du premier régime  au pied du mont Kakoulima, ce lundi ne laisse pas indifférente l’association des victimes du camp Boiro. En tout cas, bien que mesuré dans sa réaction, Elhadj Boubacar Barry n’est pas insensible à cet événement intervenu au pied du mont Kakoulima, en marge du 63ème anniversaire de la création de l’armée guinéenne  ce lundi 1er novembre.

Il s’agit d’une stèle inaugurée ce lundi par le ministre déléguée à la défense et sa délégation, du côté de Dubréka, ville située à une cinquantaine de Km, sur les tombes de l’ancien chef d’état-major interarmées,  colonel Kaman Diaby, et des anciens ministres Barry Diawadou, Fodéba Keïta, etc.

Joint par Guinéenews, Elhadj Boubacar Barry de l’association des victimes du camp Boiro, apprécie le nouvel élan qui a commencé le 18 octobre dernier, avec la participation du premier ministre de la transition à la commémoration organisée dans l’enceinte du camp boiro. «Cette étape est importante, parce que c’est l’Etat guinéen, par ses représentants qui a décidé de rendre hommage à des illustres disparus », déclare-t-il. Et de préciser que ce sont  «des personnalités qui ont été au cœur de l’indépendance de la Guinée, au cœur du début de son début de développement qui ont été fauchées à la fleur de l’âge, privant leur famille de leur affection, mais surtout privant la Guinée de valeurs sûres, parce qu’il s’agissait véritablement de l’élite guinéenne qui a été décimée… »

Seulement, pour le fils de feu Mody Oury Barry, l’une des milliers de victimes du premier régime, il ne faut surtout pas s’arrêter en si bon chemin. Surtout que par le passé, «il y en a eu quelques prémices au temps de Lansana Conté, avec le baptême d’un boulevard au nom de feu Diallo Tely, le premier secrétaire général de ce qui est devenu l’union africaine », rappelle notre interlocuteur. Sans oublier «qu’il y a eu aussi des avancées avec quelques députés comme Siradio, Bâ Mamadou, etc et même un président (Alpha Condé) qui avait fait l’objet de condamnation par contumace, mais qui  par la suite devenu président de la République».

Des actions sporadiques qui sont restées sans suite, alors que « depuis la création de l’association en 1985, nous avons estimé qu’il fallait lire véritablement  cette page, essayer de comprendre ce qui s’est passé, et essayer de réhabiliter ces pères fondateurs de la République de Guinée, qui sont tous des compagnons de l’indépendance, pour qu’enfin s’amorce un processus de vérité, de justice et de réconciliation », déplore-t-il.

A noter qu’à 67 ans, Elhadj Boubacar Barry, à l’image des membres des milliers de familles des victimes du régime de Sékou Touré, ignore encore l’endroit où se trouve le corps de son père.

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