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Dossier – Transport urbain : la problématique se pose avec acuité en Guinée

Les causes de l’arrêt du trafic du train Conakry express, le cas des bateaux bus annoncés par l’ancien ministre des Transports d’alors Aboubacar Sylla, ainsi que la problématique des bus Albayrak qui se font très rares dans la circulation sont entre autres des questions de l’heure auxquelles votre quotidien Guinéenews s’est intéressé, en interrogeant les personnes ressources.

Apostrophé, Me Badra Yoras, le directeur général de la Société Nationale des Chemins de Fer de Guinée (SNCFG) a rappelé que le train Conakry Express intervient dans la desserte dans la ville de Conakry et ses périphéries notamment Coyah et Dubréka.

«Le train Conakry Express circule en synchronisation avec celui de CBK chargé du transport de la bauxite sur la voie Conakry-Débélé (Kindia). D’une part, nous transportons les passagers et d’autre part, la Compagnie de Bauxite de Kindia (CBK) transporte la bauxite», a-t-il indiqué.

De l’arrêt du trafic du train passager

«Pendant toute la campagne de Covid-19, soit plus d’un an, le train express et celui de la CBK circulaient ensemble. C’est vers la fin de l’année 2020 que le train CBK a été victime de  deux attaques. Une première a porté sur les rails, des personnes malveillantes sont venues démonter les boulons des rails, la rame du train a déraillé en causant assez de dégâts. En plus, pour une deuxième fois, vers kilomètre 54, le train a été victime d’un arrosage à l’arme de guerre, il y a eu des individus qui ont tiré sur la rame à bout portant, en perçant les réservoirs avant de disparaître dans la nature.

Face à cette situation, il y a deux problèmes qui s’imposaient. Il s’agit du problème de sécurité de la voie et celui d’occupation de la voie (…). Comme pour la première fois, la CBK n’a pas porté plainte, les gens ont repris la même bêtise. Ce qu’il faut comprendre, la CBK transporte la bauxite avec deux ou trois personnes qui sont dans les locomotives. Alors que Conakry Express, de bout en bout, sur une longueur de 400 mètres, avec 12 voitures voyageurs, il n’y a que des personnes d’où la plus grande sécurité doit être du côté de Conakry Express (…). C’est pourquoi, étant gestionnaire, la CBK nous a informés d’observer un temps d’arrêt à cause de ces comportements malveillants.

Pour eux, ce qui est arrivé au train minier, si cela arrivait au train passager, c’est la catastrophe. Cette attitude, au lieu que nous soyons trois trains sur la voie, c’est-à-dire leur train chargé, celui vide et plus Conakry Express, ils étaient obligés d’insérer deux  locomotives de sécurité qui se mettent devant leurs trains pour suivre l’évolution, cela a doublé l’occupation de la voie ferrée (…). Alors que, c’est une voie unique d’où il n’y a pas d’évitement. C’est une voie minière et avec l’insertion des deux trains de sécurité, elle est beaucoup occupée et on ne pouvait pas mettre un cinquième train. Voilà la cause unique de l’arrêt du train de la banlieue Conakry Express».

Vers la reprise du trafic de train Conakry Express après plusieurs mois d’arrêt

«Pour la reprise du train de la banlieue, la CBK a demandé de formaliser un contrat. Nous sommes en discussion et très bientôt, le train Conakry Express sera en circulation. De toutes les façons, le matériel est en bon état, le personnel est disponible et les ingrédients qui rentrent dans la charge notamment le carburant et les lubrifiants sont disponibles. Nous n’attendons que la finalisation du contrat pour reprendre nos activités. La CBK a fait un projet de contrat que nous sommes en train d’examiner au niveau de la direction générale et au niveau du département des Transports pour voir si ce que la CBK a demandé est contraignant ou s’ils sont supportables par le train Conakry Express. Il se peut que la demande soit le ramassage des ordures, l’entretien et la réparation des voies. En bref, ils veulent nous faire contribuer des charges relatives à l’entretien de la voie et au ramassage des ordures».

Le train Conakry Express résorbait plus de 45% du déficit en matière du transport urbain

«Au moment où on commençait, il n’y avait aucune société organisée. Nous étions seuls et on transportait plus de 4 000 passagers par voyage. Le prix n’est pas fixé librement comme nous le voulons, c’est l’Etat qui assure ce transport pour soulager sa population. L’Etat ne fait pas pour avoir de l’argent, il fait pour faciliter le déplacement de la population. Nous utilisons plus 1000 litres par jour sans compter d’autres produits qui entrent en ligne de compte, mais tout est subventionné par l’Etat».

Dans le même sillage, nous avons été reçus par le ministère des Transports à travers son conseiller économique, Bangaly Keita.

Bus brûlés, manifs, FNDC, jeudi 14 novembre 2019, à Conakry. Photo Sekou Sanoh/Guineenews

D’entrée du jeu, il a rappelé le projet de bateaux bus initié par le ministère des Transports qui est de la volonté des autorités à trouver de nouvelles réponses plus efficaces, autres que les voies routières habituelles, aux défis de mobilité à Conakry. «Car pour nous, comme le disait le ministre d’Etat Aboubacar Sylla: « l’avenir de la mobilité à Conakry réside dans le ferroviaire et dans le maritime ». Donc, nous avions travaillé à la mise en place du transport maritime dans la capitale et le projet de Bateaux-bus que nous avions retenu, nous a mis, dans le cadre d’une convention, en relation avec un partenaire privé, en l’occurrence, Mayelia logistic. Les obligations de chacune des parties prenantes à ce processus ont été définies dans la convention. Il s’agissait notamment pour l’Etat, représenté par le ministère des Transports, d’identifier les sites et de les mettre à la disposition du partenaire privé, en vue de leur aménagement en des débarcadères. Nous avions identifié rapidement les neuf sites et les ont mis à la disposition du partenaire privé. Il s’agissait pour la suite, entre autres, d’aménager les sites, de construire les bateaux… lesquels sont à la charge du partenaire privé. Je dois préciser que le ministère a rempli lui, à l’ensemble de ses obligations contractuelles. Et Nous travaillions à l’époque sur une bonne dynamique prometteuse quand, malheureusement, la pandémie du coronavirus est survenue dans le monde et dans notre pays, cassant l’élan amorcé et compromettant ainsi, notre agenda.

Aujourd’hui, les perspectives liées, à la situation sanitaire dans le monde et dans notre pays, sont telles qu’elles favorisent la relance de ce processus. Nous y travaillons. Le ministère lui continue de parier que la nature des problèmes de mobilité dans la capitale et sa périphérie ainsi que leur accentuation ces dernières années, commande de continuer à développer le transport maritime urbain qui participe de la multiplication de l’offre de transport qui lui, contribue, à répondre efficacement à la demande de mobilité », a-t-il expliqué.

Est-ce que les bus Albayrak se font-ils rares dans la circulation ? Une question rejetée en bloc non seulement par la directrice de communication de ladite société, Canan Sahabaz mais aussi, le département de tutelle.

«Il n’y a aucun problème dans la société Albayrak. Les bus tombent en panne à cause des routes, après ils se remettent. Les pannes sont normales compte tenu de la situation des routes. Nous avons une équipe de maintenance et nous changeons les pièces quand il faut», a-t-elle répondu.

Sur la question, c’est le même son de cloche du côté du département. «Non ! Ecoutez, les bus sont bien dans la circulation et ne se font pas rares. Ce qu’il faut savoir, c’est que leur injection dans le trafic routier obéit, très souvent à une politique d’exploitation de la société qui, tient compte de la demande, selon qu’on soit ou pas, aux heures de pointe. Nous travaillons à maintenir ces bus dans la circulation pour faciliter la mobilité des personnes dans le grand Conakry et c’est dans ce cadre que beaucoup d’efforts sont fournis par le Ministère et Albayrack lui-même. Nous savons qu’en raison de la vétusté des bus, il peut arriver que la quantité de bus dans la circulation baisse ou qu’un bus tombe en panne, cela est d’ailleurs inhérent à tout véhicule.

C’est pourquoi nous travaillons depuis quelque temps à ce que l’Etat mette en place un processus d’acquisition de nouveaux bus en vue du renforcement et du renouvellement continue du parc de bus. Nous pensons que cela va aboutir bientôt aux résultats escomptés. En attendant, nous œuvrons sérieusement afin que les 35.000 à 40.000 passagers puissent, chaque jour, continuer à emprunter les bus du transport public pour rallier leurs différentes destinations », a souligné Bangaly Keita.

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