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Transition/dialogue : le FFSG adresse au PM Goumou la synthèse de ses contributions 

Même en durcissant le ton ces derniers temps, avec une tendance vers des actions de désobéissance civile en cours, le forum des forces sociales de Guinée ne perd pas ce qui peut être considéré comme son AND. 

Dans son activisme pour la gouvernance et le retour à l’ordre constitutionnel, le FFSG a fait une synthèse de ses contributions pour un dialogue inclusif et constructif qu’il a remis au premier ministre qui s’active pour renouer le dialogue avec les forces vives visiblement incrédules face au CNRD.

A l’introduction de ce document dont Guineenews a reçu copie, le FFSG sonne l’alerte. « Le Forum des Forces Sociales de Guinée (FFSG) fort de sa proximité avec les populations à la base et de ses diverses relations avec les différents acteurs de la vie publique, reste convaincu, bien malheureusement, que si un format objectif et réaliste de dialogue inclusif n’est pas trouvé de toute urgence, il y a de fort risque que des troubles sociopolitiques et sécuritaires sans précédent s’emparent de la transition guinéenne à tout moment », avertit-il.

Et d’expliquer que c’est pourquoi, le FFSG engagé, depuis le début de la transition de façon indépendante et objective, à la recherche d’une approche inclusive, transparente et consensuelle pour un retour rapide à l’Ordre Constitutionnel normal, avec le moindre risques pour la stabilité économique,  politique, sociale et sécuritaire du pays et de la sous-région,  a toujours fait des propositions citoyennes aux autorités de la transition et aux partenaires».

Poursuivant, le Forum des Forces Sociales de Guinée (FFSG), se félicite des ouvertures en cours au niveau national à travers les échanges entre les parties prenantes et au niveau international à travers un début d’accord avec la CEDEAO sur le chronogramme de la Transition ». Ajoutant que « pour ce faire, le FFSG se fait le devoir à l’occasion de la présente rencontre avec monsieur le Premier Ministre, Chef du gouvernement, de lui transmettre la synthèse de ses propositions pour un dialogue inclusif et constructif favorisant un retour rapide à l’ordre constitutionnel dans le respect des lois et des droits ».

D’où cette proposition de structuration du dialogue, « en respect de la Charte de la transition (article36) qui fait clairement une distinction entre le CNRD et le gouvernement avec mention spéciale que le CNRD (article37) est l’organe central de décision et d’orientation, conformément à l’article 77 de la  charte ».

Format de médiation

D’abord, en ce qui concerne le « format de médiation (et de la) facilitation», « avec la bonne foi et l’objectivité dans le respect de la Charte et la prise en compte des différentes préoccupations, le dialogue peut être conduit par un pool mixte de médiation», suggère le FFSG. Et de préciser que ledit pool peut être composé de trois structures.

Il d’agit tout d’abord « (du) médiateur  de la CEDEAO, Dr Thomas Bony Yayi, pour assurer la coordination de la médiation ». Ensuite « des facilitateurs nationaux, reconnus pour leur intégrité, leur impartialité et leurs capacités morales/intellectuelles sur les questions de transition démocratique et politique, ainsi que de gestion des conflits politiques, qui seront de façon paritaire choisis par les parties au dialogue, pour appuyer le médiateur dans la facilitation dudit dialogue ». Et enfin « des représentants du G5, dont le nombre peut varier selon la nécessité, pour accompagner le dialogue et le suivi des accords issus dudit dialogue ».

Concernant les       « étapes du dialogue », établies « compte tenu de la reconfiguration du paysage sociopolitique du pays autour du Chronogramme de la transition, avec des acteurs politiques et sociaux qui rejettent dans la forme et le fond le chronogramme proposé par les autorités de la Transition, et  certains acteurs qui ont marqué leur adhésion à ladite durée ».

La première étape proposée par le document synthèse porte sur la « durée de la transition ».  «La première partie du dialogue doit se faire entre les représentants dûment désignés par le CNRD et les acteurs qui ont des réserves sur le chronogramme en cours d’accord avec la CEDEAO pour confronter les arguments dans le respect de l’article 77 de la Charte de la Transition afin de définir la durée consensuelle de celle-ci».

Mise en œuvre et facteurs de succès

Elle sera suivie de la « mise en œuvre et (le) suivi du chronogramme de la transition », suggère le FFSG. Et d’expliquer que « dans le cadre de la mise en œuvre et le suivi du Chronogramme de la Transition un dialogue permanent inclusif regroupant l’ensemble des Forces Vives de la Nation, le CRND et les autres organes de la transition, peut être institué de façon périodique tout au long du processus ».

A propos des «facteurs d’apaisement et de succès du dialogue », le FFSG déclare « qu’il est indéniable de nos jours, que par des déficits d’approches consensuelles et transparentes, tel que, (la non publication de la liste nominative des membres du CNRD et celle des biens des responsables des organes de la transition, des arrestations d’acteurs sociopolitiques jugées arbitraires et des détentions provisoires prolongées avec manquement dans les procédures judiciaires, des violations des libertés, le maintien d’ordre non conventionnel, le musellement de la presse et des familles endeuillées sans justice diligente), certains actes par les autorités restent nécessaires pour l’établissement d’un climat de confiance et le succès en faveur d’un dialogue constructif ».

Et de citer en premier lieu « une décision du Président de la transition précisant que les relevés de conclusion du dialogue s’imposeront à toutes les parties». Puis, le FFSG suggère de « faire la lumière sur les actifs financiers et matériels de l’Etat à la date du 05 septembre 2021, ainsi que sur la liste des membres du CNRD, afin de donner une caution morale aux efforts en cours de moralisation de la gestion de la chose publique ».

Le FFSG demande également « l’abandon des poursuites contre les acteurs sociopolitiques en détention ou placés sous contrôle judiciaire pour des faits en lien avec l’exercice de leur droit à la liberté d’opinion ». Et d’ajouter «la libération sous contrôle judiciaire de tous les acteurs politiques et/ou administratifs en détention pour des faits présumés de corruption, de détournement des biens publics et autres présumés délits assimilés, tout en leur permettant d’accéder à des jugements justes, équitables et diligents ». Et «la levée de l’interdiction systématique des manifestations dans le cadre du respect des droits fondamentaux ».  

A noter que, « la présente contribution transmise au PM, Chef du Gouvernement, est une synthèse en complément des propositions transmises au ministre de l’Administration du Territoire le 12 octobre 2022 par voie de courrier et remises aux facilitatrices, le 18 octobre 2022 à l’occasion de leur visite au siège du Forum des Forces Sociales de Guinée (FFSG) », toujours selon                                                  la coordination du FFSG.

Reste donc à espérer à ce document un sort meilleur à ceux à lui réservés au ministère de l’Administration du territoire et chez les facilitatrices.

 

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