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Soropogui sur la transition : «on est dans une configuration de rupture de légitimité… »

En dépit des textes régissant, au moins théoriquement la gestion du pays pendant cette transition militaire, Etienne Soropogui se veut réaliste et intraitable sur la conduite à tenir pour le retour à l’ordre constitutionnel. Dans l’émission « Sans Concession» à Guineenews où il était invité ce mardi, le président du parti «nos valeurs communes ne fait pas mystère de sa position.»

L’ancien commissaire de la CENI ne veut pas se voiler la face. «Aux termes de la charte, le CNRD est l’organe central de cette transition», admet-il. Néanmoins, «je n’ai pas envie d’avoir un regard
juridico-juridique sur ces questions-là», précise l’invité de  »Sans Concession »

Pour lui, «dans une configuration de rupture de légitimité, ce qu’il faut prioriser c’est la nécessité de trouver un consensus sur les questions qui divisent». Plus loin, insiste-t-il, «dans ce genre de
configuration, personne ne peut imposer sa loi à qui que ce soit ». Et de poursuivre que «c’est en cela que nous demandons que tout ce qui doit se faire dans le cadre cette transition fasse l’objet de discussion». Avant de marteler «qu’on ne peut pas décider d’éliminer qui que ce soit, parce qu’en voulant faire cela, on est dans une logique créer le chaos dans le pays, parce que nous n’accepterons pas, cela doit être sûr».

Auparavant parlant de la commission ad hoc mise en place par le  président du CNT avant que le CNRD ne mette son véto, invitant Dansa Kourouma à sursoir à cette démarche, Etienne Soropogui voit «une fuite en avant de la part du CNT qui se précipite, comme dans un climat de débandade pour prendre des initiatives qu’eux-mêmes savent, sont des questions qui doivent être discutées dans un  environnement plus large, notamment aux niveaux des acteurs politiques».

Surtout que, relève-t-il, «le cadre est en train d’être mis en place, l’environnement est en train d’être créé, le médiateur a été choisi ».
Dans cette logique, suggère-t-il «il aurait été sage de leur (les responsables du CNT) part d’attendre que ces questions puissent faire l’objet de discussion, parce que naturellement nous avons souhaité que les questions autour de la constitution, du processus électoral…
soient débattues dans le cadre du dialogue».

Poursuivant, le membre de l’ANAD estime que «le CNT doit comprendre qu’il ne lui est pas permis de prendre un certain nombre de responsabilité dans la conduite de cette transition ». Surtout que, dénonce-t-il, «les gens ont été choisis comme ça pour être mis à l’intérieur d’une institution dont nous n’avons aucune confiance ».
Avant d’insister sur le fait «qu’elle ne peut pas, sur cette question assez centrale, prendre des décisions à l’insu de la majorité des Guinéens».

En terme de leçon, à entendre M. Soropogui, «c’est regrettable ce qui est arrivé, parce que ça dénote de la volonté d’un certain nombre de personnes de travailler à créer des problèmes autour de la gestion de cette transition».

Reste à savoir au-delà de la suspension du processus, la junte au pouvoir est dans des dispositions de rectifier le titre en privilégiant l’apaisement et le consensus pour la suite.

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