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Sidya Touré se remémore du jour où Alpha Condé se « foutait » de lui

C’est un président de l’Union des forces républicaines vraisemblablement libéré du joug du déchu pouvoir de Conakry qui a officié la première assemblée générale de son parti après plus d’un an de trêve. La preuve, Sidya Touré s’est offert de vives et nourries acclamations suite aux pas de danse qu’il a esquissés, avant de rejoindre le présidium où l’attendaient déjà ses fidèles lieutenants.

« Nous sommes arrivés extrêmement joyeux », a lancé d’emblée le leader de l’UFR. Ensuite, il a rappelé le jour de la confiscation de son document de voyage à l’aéroport, alors qu’il était sur le point de quitter le pays à la veille de la présidentielle du 18 octobre 2020.

Aussi, il a évoqué l’échange téléphonique qu’il aurait eu avec Alpha Condé après la tentative d’enlèvement perpétrée contre sa personne, non sans rappeler qu’il faisait partie de ceux qui ont ovationné l’avènement du CNRD au pouvoir. Sidya Touré le dit dans une déclaration dont Guinéenews vous propose un extrait. Verbatim !

« Quand j’ai refusé de participer aux élections du 18 octobre 2020, le 14 octobre, j’ai voulu sortir de Conakry. J’ai été bloqué à l’aéroport et mon passeport a été confisqué. Quand cela s’est fait, les femmes de Kaloum, de Matam, de Dixinn, plus les jeunes ont débarqué chez moi. Ils étaient 150 dans la cour.

Je leur ai demandé :  »mais pourquoi vous venez envahir ma cour ? Il y a des anciennes qui m’ont dit :  »eh, vous ne connaissez pas le pays. Si ça commence à l’aéroport, c’est que ça va continuer ». Je n’étais pas convaincu hein.

Nous avons passé la nuit du 14 au 15. Et la nuit du 15 au 16, à 4H du matin, les militaires ont débarqué chez moi pour m’enlever, parce qu’ils ne savaient pas qu’il y avait des gens. Et ça a été l’objet d’une vraie bagarre. Les femmes ont refusé. Cela a fait tant de bruits entre 4H et 5H que les voisins sont arrivés. Et c’est comme ça j’ai pu échapper à cela.

Mais je dois dire que le matin, j’étais tellement interloqué que je ne me suis pas retenu. J’ai appelé Alpha. La première fois, il n’a pas pris le téléphone. La deuxième fois, il a pris. Et je lui ai demandé en Soussou : ‘c’est toi qui as envoyé les gens pour venir m’enlever chez moi, la nuit ?’

Il m’a dit que lui, il n’est pas au courant. Je lui ai dit : ‘mais comment tu peux ne pas être au courant ? » Les gens peuvent décider comme ça ? » Et la réponse que j’ai obtenue, c’est que je passe mon temps à le critiquer.

Je lui ai dit :  »mais, tu te fous de moi ! Toute ta vie, tu as critiqué Sékou Touré. Après lui, tu as critiqué Lansana Conté. Toi, tu peux dire qu’on ne peut pas te critiquer ?’ Le problème est resté comme cela. Il a fallu l’intervention du président de la commission de CEDEAO, pendant un mois, pour nous sortir de là.

Donc, quand le coup d’État est arrivé le 5 septembre, j’étais parmi ceux qui ont applaudi parce que je pouvais au moins rentrer chez moi. Et quand je suis rentré, je suis allé un soir saluer le Colonel Doumbouya ; la seule fois que je l’ai vu.

J’ai été lui dire merci de m’avoir sorti de là et de me permettre de rentrer chez moi. Ça a été notre premier et dernier entretien [Du moins jusque-là,  ndlr]. Et comme c’était la nuit, je ne sais même pas si on s’était bien vus ».

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