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Séjour gouvernemental à Labé: le regard du coordinateur régional du FNDC  

Il n’a pas eu de désapprobation ouverte du séjour  du gouvernement à Labé dans le cadre de sa tournée d’immersion à  l’intérieur du pays. Il n’y a pas eu non plus d’engouement autour de l’initiative, constate le coordinateur régional du front national pour la défense de la constitution (FNDC).

Alhabib Bah ne voit pas d’un bon œil  ce séjour. Un point de vue qu’il relativise tout de même, expliquant que «si c’était un gouvernement démocratiquement élu, avec tous les moyens disponibles, j’aurais eu un regard très différent de celui-ci ». Et d’ajouter: « mais actuellement, vu la conjoncture, vu les caisses de l’Etat, même certains ministres nous ont dit qu’il n’y a pas d’argent, même les décisions prises récemment  (prix du carburant ndlr) prouvent que l’Etat manque de moyens ».

Dans sa logique, le coordinateur de FNDC dans la région de Labé estime que «faire ce déplacement, d’une centaine de personnes, pour venir à l’intérieur du pays, pour disent-ils s’enquérir des réalités de la Guinée, je ne trouve pas cela approprié».

Pour lui, «c’est une décision inopportune. D’autant plus que nous avons reçu aussi à l’intérieur du pays les membres du CNT qui avaient sillonné aussi tout le territoire. Il y a eu selon eux des actes qui ont été posés et des questions qui ont été posées. Pour moi, cela aurait permis  pour un temps au gouvernement de ce savoir ce qui ne va pas dans ce pays. Donc pour moi, c’est une initiative qui n’arrange pas la population», argumente-t-il.

Néanmoins, de l’idée, à la matérialisation, Alhabib Bah considère que s’il y a quelque chose dont on peut être sûr, c’est que le manque d’infrastructures est une réalité que l’équipe gouvernementale à vécue, «avec les ministres qui sont logés chez des connaissances ». Même si, soutient-il, «rien n’a changé et je ne m’attends pas à  ce que quelque chose change».

Un impact économique? «Je ne pense pas que cette tournée puisse changer quoi que ce soit. Peut-être que dans la restauration ou l’hôtellerie, il y a une petite amélioration. Mais cela ne peut pas impacter les autres secteurs», considère-t-il.

A propos de ce qui est perçu par endroit comme une certaine indifférence des populations dans les quartiers, pour Alhabib Bah, il y a deux explications. D’abord, c’est «le quotidien  difficile des populations ces 3 ou 4 dernières années». Ensuite, «il y a le fait que les citoyens sont un peu réticents, surtout par rapport aux dernières décisions du CNRD et du gouvernement ».

Selon l’activiste, «il y a un fossé qui est en train de se creuser. Donc c’est à eux de rectifier cela, en vue de rassurer les populations en respectant surtout leurs promesses de départ qui avait suscité de l’engouement et même de l’admiration pour la junte».  

En attendant, c’est la méfiance qui ne se traduit pas en défiance systématique, laisse entendre l’activiste qui ne fait pas mystère  de ses relations encore difficiles avec la coordination nationale du FNDC.


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