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Que sont-ils devenus ? Journaliste et animateur culturel, Fodé Camara parle de son parcours et de ses besoins actuels

Fodé Camara est journaliste, animateur culturel et reporter sportif du groupe Evasion Guinée.  Il est né le 21 juin 1959 à Macenta dans la sous-préfecture de Sérédou. Fils de feu Mandjou, médecin pharmacien, et de Mama Soumaoro ménagère.  Fodé Camara est marié à 2 femmes et père de 8 enfants dont 4 filles et 4 garçons.

De l’école primaire débutée à Sérédou, il achèvera le primaire à l’école Camayenne plage, à Conakry.

Après avoir obtenu ses deux bacs, Fodé Camara sera orienté à la Faculté des Lettres de l’Université de Conakry.

Devenu reporter sportif et plus tard animateur culturel, Fodé Camara est aujourd’hui mal voyant. Il a reçu votre quotidien électronique, Guineenews,  à son “domicile’’ au quartier Hafia 2.

Menacé d’être délogé en compagnie de sa famille après 6 ans de cohabitation, ce talentueux journaliste nous explique comment est-il venu à ce métier, son parcours, ses souvenirs, son carnet de santé et son souci de réunir sa famille.

Lisez l’interview

Guineenews : Journaliste, reporter sportif, animateur culturel et comment avez-vous reçu toute cette prouesse ?

Fodé Camara : C’est le lieu de prier pour le repos de l’âme de mon père, qui était un grand mélomane. C’est à cause de moi, qu’il avait acheté un poste de marque ‘’PHYLIPS’’ qui m’était presque destiné et à travers lequel à partir du salon, j’écoutais Radio Guinée.

A bas âge, mon idole fut El hadj Gaoussou Diaby à travers ses reportages.  La passion étant là. J’ai pu obtenir un stage de courte durée à la RTG en 1990.

Ma première expérience ou mes premiers pas, j’avoue que c’est au niveau de la radio ‘’Liberté FM’’ aux côtés du doyen Cheick Fantamady Condé, et des défunts talentueux journalistes Mohamed Tondon Camara et Ben Daouda Sylla que j’ai appris davantage le métier.

Après cette étape, je suis revenu au niveau de la Radio Soleil FM. C’est là où j’ai commencé à retransmettre les matchs en direct. Et mon premier match, dont j’ai encore en mémoire, c’était le 17 juin 2007, dans le cadre des éliminatoires de la coupe d’Afrique des nations Ghana 2008. Ce match avait opposé au stade du 28 septembre, la Guinée à la Gambie. Seul, j’ai retransmis intégralement le match.

Sur le plan de l’animation culturelle, revenons à ce poste radio de mon père. C’est un mélomane et à chacune des écoutes, il me décrivait le titre et le nom de l’ensemble orchestral ou instrumental du moment qui passait.

J’ai été chanteur au sein de l’orchestre le Palm jazz de Macenta. A noter aussi qu’à Conakry, je vivais avec mon oncle Mohamed Mahan Condé qui vit présentement au bloc des professeurs et qui est à la retraite. Il a appartenu à l’orchestre Simandou jazz de Beyla.

Logé derrière la paillote, à la cité de Cameroun, j’ai eu l’opportunité de rencontrer tous ces grands musiciens qui se donnaient rendez-vous dans ce temple.

Très fréquent à la paillote et par passion et amour pour ces artistes, je faisais office du ‘’petit’’ qui servait le bon thé à travers ces maigres moyens.

J’ai tendu l’oreille pour écouter et comprendre l’histoire de ces anciens. Cette disponibilité m’a permis d’étendre mes connaissances dans le domaine de la musique moderne guinéenne.

Toujours sur le plan de l’animation culturelle, arrivé à Soleil FM où j’ai trouvé Ibrahim Marco Bah, actuel secrétaire général du Hafia football club, j’ai été réalisateur de son émission dénommée ‘’Fichiers classiques’’. Plus tard, j’ai renommé l’émission ‘’le Rétroviseur’’ au niveau de la radio Soleil. Et plus souvent, j’aime affirmer et confirmer, que je détiens la paternité de l’appellation ‘’le Rétroviseur’’. Et cela sans pour autant vexer plusieurs et notamment mon frère Alsény koundouno de la RTG.

De vas-et-viens, je me suis retrouvé à continental FM et finalement à Evasion, par le biais du doyen Gaoussou Diaby.

Le 3 février 2011, est la date de lancement de l‘émetteur de cette fréquence 90.7.

D’un essai à un autre, j’ai été retenu en qualité d’animateur culturel et ma première émission passée sur les ondes de cette radio, date du 26 mai 2011.

Guineenews : Vous avez une double casquette. Aujourd’hui mal voyant, plus de 10 ans d’animations culturelles, quels sont les souvenirs tous frais bons ou mauvais qui retiennent votre attention ?

Fodé Camara : Mon plus beau ou l’un des plus beaux souvenirs est ma première sortie de la Guinée pour un reportage au compte d’une radio-privée.

C’était le 10 octobre 2009 au compte du match délocalisé à Accra (Ghana) qui opposait la Guinée au Burkina Faso.

Désigné par feu Ben Daouda Sylla, et sans passeport de voyages, aucune relation n’a pu régler à l’instant ce souci. Finalement, j’ai obtenu un titre de voyage.

 Arrivé à l’aéroport et au niveau des formalités, un dirigeant de la FEGUIFOOT d’antan dont je préfère taire le nom, m’a signifié que le pays hôte (Ghana) n’acceptera pas ce document administratif.

A 50 minutes du décollage, j’ai pris la décision de me débrouiller à partir de l’escale prévue sur Abidjan.

A partir d’Abidjan, j’ai emprunté la voie routière jusqu’au Ghana et je suis arrivé malgré tout, au bon moment. J’ai pu retransmettre le match. Ceci reste un meilleur souvenir d’un combattant sur la voie d’une passion.

Guineenews : Le plus mauvais souvenir ?

Fodé Camara : je préfère m’en tenir à ce plus beau souvenir. (Sur insistance), Non je n’en parle pas

Guineenews : Qu’en est-il réellement  de votre état de santé ?

Fodé Camara : Je suis pratiquement malvoyant. C’est une longue histoire et je suis victime de cette maladie. Il y a un peu longtemps. Tout s’est accéléré à partir du mois de septembre 2017. C’est suite à une opération le 29 septembre 2017 que toutes ces complications sont parvenues. Je préfère taire le nom de la clinique et du médecin en question.

Guineenews : Après cette inévitable intervention, quelles furent les diagnostics d’avant ?

Fodé Camara : Tout d’abord, je souffrais de la myopie et la cataracte est venue s’inviter. Après diagnostic, ledit médecin a proposé après intervention, la pose d’un implant, chose qui fut faite et je suis resté 4 jours à l’hôpital.

Le 15 octobre, un jeudi, aussi du même mois, l’espoir était là. Et c’est après un bain rassurant, en ôtant cette serviette des yeux, comme un coup de foudre, ma vue a complètement baissé. Troublé, je suis sorti en courant.

A l’absence des enfants, grâce à une de mes épouses, j’ai été maitrisé et pour la suite, ce médecin n’a pu rien faire et à continuer à me mentir. Je suis resté comme ça.  

Guineenews : Aviez-vous eu des personnes en ces moments difficiles, qui étaient venues à votre secours ?

Fodé Camara : Oui à commencer par vous-même, étant coréalisateur de mon émission le ‘’Rétroviseur’’ dans votre rubrique dénommée ‘’S.O.S’’, vous aviez toujours attiré l’attention des auditeurs, en demandant de l’aide pour moi. Je vous en remercie très infiniment.

Il y a eu beaucoup de personnes qui ont pensé à moi. La liste est longue et je dis dire merci à tous. Il faut également souligner que le PDG du groupe EVASION, El hadj Moussa Traoré, a été d’un apport incommensurable pour ma prise en charge.

Finalement, quand Monsieur Antonio Souaré a appris la nouvelle de mon état de santé, il m’a fait bénéficier de deux billets d’avions à destination de Tunis en compagnie de ma fille pour des soins.

A Tunis et avec l’appui de Docteur Chaloub de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, qui y était déjà, les médecins, après toutes analyses ont constaté, une forte baisse visuelle, due à l’hypertension oculaire.

Pendant 20 jours, j’ai été soigné à Tunis, et un rendez-vous fut fixé pour après 6 mois. Malheureusement, cette pandémie s’est déclarée et je suis resté dans cet état dont vous connaissez.

Guineenews : La vue, c’est la vie dit-on. Est-ce que ce handicap n’a pas eu d’impact sur votre vie ?

Fodé Camara : Non et oui, je peux vous le dire. En commençant  par le non, je vous dirais que jusque-là, je suis encore actif et en train de réaliser mes émissions entre mardi, vendredi, dimanche et la variante du samedi.

J’ai été conduit souvent vers le studio par ma fille Mama, qui, un moment, tenait d’ailleurs par votre initiative, la rubrique d’appel des auditeurs. Dieu merci, elle sert aujourd’hui en qualité de technicienne dans une radio de la place.

Aujourd’hui, grâce à mon PDG Moussa Traoré qui m’a offert un véhicule, je parviens à me déplacer pour réaliser mes émissions par le truchement de mon fils Ousmane Camara (OUSOUMANI CHAUFFERI), qui sert d’office de chauffeur.

Pour un oui, je suis aujourd’hui peiné de ne plus pouvoir habiter cette vie active et sportive. Je ne peux plus fréquenter les stades, être actif pour vivre les faits sur ces différentes pelouses en direct, dont je savais décrire à vue d’œil pendant 90 minutes ou plus. Ainsi va la vie, il faut la prendre telle qu’elle se présente à nous.

Guineenews : votre mobilité étant réduite, comment vous parvenez à joindre les deux bouts ?

Fodé Camara : Je vis de mon salaire de journaliste et par la grâce de Dieu, mes épouses dans leurs différentes activités, me complètent et les bonnes personnes me viennent en aide. Des problèmes aujourd’hui, j’en ai et il faut oser le dire.

Guineenews : quelles sont vos principales vos difficultés ?

Fodé Camara : C’est dur présentement pour moi et c’est le moment de dévoiler cette difficile situation dans laquelle, je me trouve.

Après 6 ans en location d’un appartement dans ce quartier Hafia, aujourd’hui, la propriétaire de la maison me menace et me met en demeure de quitter, pour un retard de payement de deux mois de loyer.

Finalement, autres arguments déployés pour convaincre, elle déclare vouloir loger son fils dans ce dit appartement.

Le délai prévu pour débarrasser les lieux était fixé pour le 5 septembre 2021. Heureusement cette date demeura dans l’histoire de notre pays. Dieu soit loué ce jour, personne ne pouvait y croire et d’autres occupations ont pointé.

Néanmoins, j’attends d’être foutu dehors ces prochains jours qui suivront  car, présentement je n’ai pas ou donner la tête.

Guineenews : qu’est-ce vous ressentez en ce moment ?

Fodé Camara : Je ne peux que m’en remettre à la volonté de Dieu. Je souffre certes et je n’aimerais pas que mes enfants soient dispersés. Malgré mes maigres moyens, ils ont toujours eu cet amour paternel et une décente éducation.  En larmes

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