
La Chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a ordonné, ce lundi 15 juin 2026, la mise en liberté conditionnelle de Mandjan Sidibé, ancien directeur général de l’Office guinéen de publicité (OGP). La décision a été motivée par l’état de santé du prévenu.
Présidant l’audience, le juge Alpha Camara a autorisé l’ancien patron de l’OGP à poursuivre ses soins dans une structure médicale adaptée. La Cour a également renvoyé l’affaire au 20 juillet prochain pour la poursuite des débats.
Cette mesure fait suite à une requête introduite par les avocats de la défense. Lors de la précédente audience, ceux-ci avaient notamment soulevé l’expiration du mandat de détention de leur client et demandé sa remise en liberté.
Mandjan Sidibé est poursuivi aux côtés d’Aboubacar Sidiki Konaté et de Pépé Haba. Les trois prévenus sont accusés de détournement présumé de deniers publics, d’abus de fonction, de corruption, d’atteinte à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés publics, d’usage illicite de biens publics par l’octroi d’avantages injustifiés, de concussion et de complicité. Le préjudice allégué dans ce dossier est évalué à près de 78 milliards de francs guinéens.
Placés sous mandat de dépôt en décembre 2024, les trois hommes ont connu des situations judiciaires différentes au cours de la procédure. Jusqu’à cette décision de la CRIEF, Mandjan Sidibé était le seul à rester en détention, une situation que ses avocats jugeaient difficilement justifiable.
Pour étayer leur demande, les conseils de l’ancien directeur général de l’OGP ont insisté sur la dégradation de son état de santé depuis son incarcération. Selon Me Sékou Traoré, son client souffre de problèmes médicaux importants ayant nécessité son transfert puis son maintien à l’hôpital Ignace-Deen. L’avocat a également souligné que les frais liés à cette prise en charge médicale sont entièrement supportés par le prévenu, y compris les coûts d’hospitalisation, estimés à plusieurs millions de francs guinéens.
De son côté, le ministère public avait demandé un délai supplémentaire afin d’examiner les éléments produits par la défense avant de se prononcer sur la demande de mise en liberté. Représentant le parquet spécial, le substitut du procureur, Biwon Millimono, avait estimé nécessaire d’analyser le dossier avant de faire connaître la position du parquet.
Après avoir entendu les différentes parties, la Cour a finalement accédé à la requête de la défense en accordant à Mandjan Sidibé une liberté conditionnelle pour raisons médicales. Le procès reprendra le 20 juillet 2026 devant la CRIEF.

