
La République de Guinée dispose désormais d’un Guide national de formalisation et de financement des exploitations minières artisanales et à petite échelle (EMAPE). Le document a été officiellement remis aux autorités guinéennes ce mercredi 1er juillet 2026, lors d’une cérémonie organisée dans un complexe hôtelier de Conakry.
L’événement a réuni plusieurs membres du gouvernement, notamment les ministres de l’Environnement et du Développement durable, des Mines et de la Géologie, de la Santé ainsi que du Budget, aux côtés d’acteurs de l’orpaillage, de partenaires techniques et financiers et de représentants de la société civile.
Ce guide a été élaboré dans le cadre du projet PLANETGOLD Guinée, financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et mis en œuvre conjointement par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et le Centre africain pour la santé environnementale (CASE).
Destiné aux autorités, aux exploitants artisanaux et au grand public, ce document vise à promouvoir une exploitation minière artisanale plus sûre, plus inclusive et davantage respectueuse de l’environnement.
La ministre de l’Environnement et du Développement durable, Djami Diallo, a souligné que ce guide constitue un levier essentiel pour réduire les risques sanitaires et environnementaux tout en améliorant les conditions de vie des communautés.
« Pour le ministère de l’Environnement, ce guide contribuera à lutter contre les risques sanitaires et environnementaux, tout en améliorant les conditions de vie des populations. La formalisation représente également une véritable opportunité économique. Un secteur mieux structuré permettra d’optimiser la mobilisation des recettes publiques, de faciliter l’accès des artisans miniers aux services financiers, d’encourager l’investissement et de créer davantage de valeur ajoutée au bénéfice de notre économie nationale. (…) Je vous invite à vous approprier pleinement ce guide. En choisissant la formalisation, vous faites le choix de la sécurité, de la reconnaissance, de la professionnalisation et d’un avenir plus durable pour vos activités. »
Le projet intervient principalement dans les préfectures minières de Siguiri, Mandiana et Kouroussa. Pour le ministère des Mines et de la Géologie, ce guide constitue bien plus qu’un document pédagogique : il s’agit d’un outil stratégique destiné à accompagner les artisans miniers, les coopératives et les décideurs dans la transformation du secteur.
Le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a rappelé que cette initiative s’inscrit dans les réformes engagées par le gouvernement pour mieux encadrer l’exploitation minière artisanale.
« La remise aujourd’hui du Guide pratique de formalisation du secteur de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle constitue une avancée significative dans les efforts que nous menons pour mieux organiser et encadrer ce secteur. Malgré son importance dans le programme de transformation socio-économique de notre pays, à travers la Vision Simandou 2040, l’exploitation artisanale reste confrontée à de nombreux défis : travail des enfants, insécurité sur les sites, absence de traçabilité, utilisation du mercure, non-réhabilitation des sites, dragage anarchique des cours d’eau et occupation irrégulière des permis. »
Le ministre a également rappelé les principales réformes déjà engagées, notamment l’identification de couloirs dédiés à l’exploitation artisanale, la formalisation des activités, la création d’équipes de contrôle, l’adoption d’un cahier des charges environnemental et la fixation des frais d’accès aux sites.
Selon lui, ces mesures favoriseront également la digitalisation du secteur, la création de coopératives, un meilleur accès au financement et l’installation d’unités de traitement industriel à petite échelle afin d’améliorer les rendements tout en limitant les impacts environnementaux.
Depuis son adhésion, en 2014, à la Convention de Minamata, la Guinée s’est engagée à réduire puis à éliminer progressivement l’utilisation du mercure dans l’exploitation minière artisanale afin de protéger la santé publique et l’environnement.
Les chiffres illustrent l’ampleur du défi. D’après l’inventaire national des émissions de mercure réalisé en 2020, près de 42 tonnes de mercure étaient utilisées pour produire 32 tonnes d’or.
Le coût humain demeure également préoccupant. Selon la Croix-Rouge guinéenne, 483 personnes ont perdu la vie en 2023 à la suite d’éboulements sur des sites d’exploitation artisanale, principalement dans les préfectures de Dinguiraye, Kouroussa, Siguiri et Mandiana.
Le point focal de la Convention de Minamata, Bangaly Dioumessy, a rappelé que si l’orpaillage constitue une importante source de revenus pour les populations rurales, il engendre également de lourdes conséquences environnementales et sociales.
« Ce document, élaboré dans le cadre de la composante 1 du projet PLANETGOLD Guinée, constitue un instrument de référence destiné à accompagner les artisans miniers, les parties prenantes et les partenaires vers de bonnes pratiques environnementales, sociales et sécuritaires, tout en favorisant le respect des exigences légales et fiscales en Guinée. »
La cérémonie s’est achevée par la présentation officielle du guide, sa dédicace puis sa remise solennelle à la ministre de l’Environnement et du Développement durable ainsi qu’aux autres membres du gouvernement présents.
À travers cette initiative, les autorités guinéennes réaffirment leur ambition de bâtir une exploitation minière artisanale plus formelle, plus responsable et plus durable, capable de contribuer au développement économique du pays tout en protégeant les travailleurs, les communautés et l’environnement.

