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Pour Tham Camara, la condamnation des trois journalistes est une menace réelle pour l’avenir de la presse

Assignés en justice par sœur Marie Louise Barry, directrice de l’école des jeunes filles Saint Joseph de Cluny, pour « diffamation », les journalistes Ibrahima Lincoln Soumah, Sidi Diallo et Thierno Maadjou Bah de la radio Nostalgie FM ont été fixés sur leur sort ce mercredi 13 janvier 2021 par le juge Abdoul Gadiry Diallo du TPI de Kaloum.

Ils écopent de 2 mois de prison avec sursis et sont condamnés au paiement d’une amende de 500 000 GNF chacun. Une décision contre laquelle s’insurgent les associations professionnelles de presse que le Syndicat des professionnels de la presse qui entendent déposer une plainte au Conseil supérieur de la magistrature pour que le juge Diallo soit sanctionné.

Interrogé à propos dans l’émission Les Grandes Gueules de la radio Espace Fm, le président de l’Association guinéenne de la presse en ligne (Aguipel) a déclaré que la décision du juge sentencier est à la fois d’une décision unique et inique.

« C’est pourquoi les associations de presse, collégialement, vont porter plainte contre ce juge devant le Conseil supérieur de la magistrature, comme la loi le permet. Parce que pour le cas d’espèce, il y a un adage juridique qui dit que les règles spéciales dérogent aux règles générales. Même un étudiant en Droit sait cela. Donc, nous ne comprenons pas que le juge puisse appliquer une règle générale qui est le Code pénal au lieu d’une règle spéciale qui est la loi sur la liberté de la presse.  C’est un manquement grave. Et ce manquement, fort heureusement, est prévu par la loi portant Statut des magistrats dans son article 35 qui précise que le manquement résultant de l’insuffisance professionnelle peut être puni. Pour nous, il s’agit d’un manquement résultant de l’insuffisance professionnelle de ce juge. Et c’est cette disposition que nous avons visée. Nous demandons donc au Conseil supérieur de la magistrature, par le biais du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, pour que le juge soit sanctionné », a indiqué Amadou Tham Camara joint par nos confrères d’Espace Fm.

Aux dires du président de l’Aguipel, cette plainte va être déposée ce vendredi 15 janvier, à 10 heures, à la Chancellerie, vu que la loi dit que la porte d’entrée au Conseil supérieur de la magistrature, c’est le ministre de la Justice, Garde des Sceaux.

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A la question de savoir s’il fonde l’espoir que la démarche des associations professionnelles de presse prospère, M. Camara a dit avoir foi en la justice, tout en rappelant qu’autant les journalistes sont justiciables, autant les magistrats le sont également.

« Donc, s’il y a une faute, la faute doit être réparée. Ce sont des magistrats, certes. Mais ils sont  tout d’abord des citoyens avant d’être des magistrats. Heureusement, la loi prévoit aussi que quand un magistrat est en faute, cela doit être sanctionné. Et c’est cette condamnation que nous demandons« , a-t-il  exprimé.

Insistant sur le caractère unique et inique de la décision du juge, l’invité des Grandes Gueules a dit que le fait de porter plainte contre le juge  devrait servir de base pour les autres décisions à venir. Car, de l’avis du président de l’Aguipel, cette décision de la justice est une menace réelle non seulement pour l’existence de la presse, mais aussi pour son avenir.

« C’est pourquoi il faut que nous agissions pour que jamais un autre juge ne le fasse », a conclu Amadou Tham Camara, par ailleurs chef de bureau de Guinéenews à Conakry.

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