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Nabayagate: outre Zenab Dramé, Tibou et Ismaël Dioubaté poursuivis (procureur)

Mise en place le 21 janvier dernier, la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) met sa machine en branle. Le procureur spécial de cette Cour, Aly Touré, a, dans un entretien accordé à la télévision nationale et diffusée ce 2 février 2022, l’ouverture d’une information judiciaire contre Djénab Nabaya Dramé, ancienne ministre de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle pour détournements de deniers publics et blanchiment d’argent. Cette information judiciaire concerne également Ismaël Dioubaté, ancien ministre du Budget et Tibou Kamara, ancien ministre conseiller à la Présidence de la République pour complicité de détournements de deniers publics et blanchiment d’argent.

Dans son intervention, le procureur spécial de la CRIEF rappelle que c’est en novembre 2020 que Guineenews avait dénoncé une piste de détournement par un membre du Gouvernement d’un montant de 200 milliards GNF.

Il retrace les différentes sorties d’argent effectuées par Djenab Dramé : « Dans cette dénonciation, il ressort que de 2014 à 2018, Mme Djenab Nabaya Dramé, à l’époque Directrice des affaires financières au ministère de l’Agriculture, a reçu un montant de 56 milliards de francs guinéens qu’elle a utilisés sans aucune justification.

De 2018 à 2020, pendant que la même personne était au ministère de la Santé en qualité de Directrice des affaires financières, un montant de 17 milliards avait été décaissé dans le projet de construction de la nouvelle pharmacie centrale dans un site à Coyah. Sur ce montant, l’entrepreneur qui était sur les travaux n’a reçu que 7 milliards de nos francs. Les 10 milliards qui étaient encore consignés au niveau du Trésor public ont été utilisés par Mme Djenab Dramé sans aucune justification, parce que lorsque les enquêteurs sont allés au niveau du Trésor, ils n’ont trouvé dans les caisses que 41 millions de nos francs.

En 2020, pour l’organisation des examens de sortie des écoles professionnelles, alors que la même personne était maintenant ministre de l’Enseignement technique, elle a trouvé un budget de 20 milliards et quelque qui avait été validé par l’Assemblée nationale et retenu comme budget des examens de sortie de l’enseignement technique.

A son arrivée, elle a soutenu que le budget était très peu et qu’il fallait augmenter. C’est ainsi que le budget a été augmenté et est parti à hauteur de 43 milliards 483 millions 406 mille GNF. Sur ce montant qui devait donc servir à l’organisation des examens et concours de sortie des écoles professionnelles, Mme Djenab Dramé n’a remis aux cadres techniques du département que 15 milliards pour organiser ces examens, de sorte que pendant ces examens, dans les travaux pratiques, organiser les sessions un candidat, un ouvrage à réaliser, ils étaient obligés de grouper les candidats pour groupe de 15 et  20 [candidats] pour réaliser un seul ouvrage, parce que le budget était insuffisant. Le reste du budget n’a jamais été  utilisé par ces cadres techniques et le ministre du Budget avait entièrement décaissé les 43 milliards GNF.

Toujours au niveau du ministère de l’Enseignement technique, elle a demandé et obtenu la somme de 35 milliards 857 millions 457 mille 923 GNF au titre de l’achat des équipements ; équipements qui n’ont jamais été achetés, parce que les traces n’ont jamais existé au ministère de l’Enseignement technique. Dans la même logique, dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19 pendant les examens de sortie, un montant de 1 milliard 582 millions 780 mille 800 GNF a été décaissé et mis à la disposition du ministère de l’Enseignement technique par le biais de la DAF. Ce montant a été utilisé sans aucune justification.

A l’analyse de ces différentes situations et ayant constaté un préjudice subi par l’Etat à hauteur de 131 milliards 923 millions 644 mille 723 GNF et par les étudiants qui étaient candidats de sortie aux examens de sortie de l’école professionnelle session 2020, le parquet de la CRIEF a requis l’ouverte d’une information judiciaire contre Mme Djenab Nabaya Dramé pour les faits de détournements de deniers publics et blanchiment d’argent ; Mme Eveline S. Mansaré, M. Ismael Dioubaté, à l’époque ministre du Budget et M. Tibou Kamara ministre conseiller à la Présidence pour des faits de complicité de blanchiment d’argent et de détournements de deniers publics. »

Les deux autres affaires concernent l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS) et la Loterie nationale de Guinée (LONAGUI). Selon Aly Touré, l’Etat guinéen a subi un préjudice de plus de 1 milliard GNF dans le cas de l’ANSS. Là, c’est  l’ex Directeur général de l’ANSS, le Dr Sakoba Keita et son comptable Baba Alimou Barry, qui sont cités.

S’agissant de la LONAGUI, le procureur spécial de la CRIEF par d’un préjudicie de 27 milliards que l’Etat aurait subi. « La particularité de ce dossier, c’est que ce ne sont plus les magistrats instructeurs qui vont être saisis, mais la chambre de jugement pour que le jugement soit fait immédiatement », a-t-il précisé.

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