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‘’Machété’’, des Espoirs de Coronthie, parle de son parcours, de sa vie et de ses perspectives

Ibrahima Sory Dondon Touré alias Machété est né en 1978 à Conakry à Kaloum. Il est le fils de feu Lamine Dondon et de Nana Youla.  Artiste musicien, compositeur chanteur, Machété ne s’est limité pour les études qu’à l’école primaire et précisément en 4ème année.

Il a abandonné l’école française pour celle coranique et on l’appelait l’imam du quartier. Il a grandi avec sa grand-mère maternelle Aminata Bangoura qui lui réservait tous les privilèges.

Toute sa vie passée à Kaloum dans la famille Sakho, Machété vit depuis sur le plan musical, en compagnie de l’ensemble traditionnel, les Espoirs de Coronthie. Toute sa vie artistique et musicale est intimement liée à celle des Espoirs de Coronthie.

Il y a deux ans, Machété vivait en France. De retour au bercail, était-ce une aventure, une tentation, difficile à séparer les deux interrogations. Néanmoins, il nous revient avec un amas d’expériences pour une nouvelle vision.

En France, il a suivi quelques cours pour son insertion sociale. Il y a deux ans, il ne pouvait ni lire et ni écrire.

Aujourd’hui, dit-il, Dieu merci, je parviens à communiquer un peu en français et à écrire.

Votre site électronique Guineenews, a pu rencontrer l’artiste par le canal de Bouba Manguè. Il s’est trouvé aussi que Machété pour le professionnalisme, s’est fait entourer de managers. Grace à Madame Aminata Sylla (Manager) que cette interview a eu lieu.

Pour fermer la boucle, au niveau de ces leads vocaux des Espoirs de Coronthie, après Bouba Manguè, Aly 100 Song, découvrez Machété pour le bonheur de tous.

Lisez l’interview !

Guineenews© : la rubrique s’intéresse à vous par rapport au domaine de la musique. Comment êtes-vous venue à la musique ?

Machété : J’ai commencé la musique dans la famille Djely Soriya. Nous étions voisins à Kaloum. Quand cette famille jouait, je chantais auprès d’elle et les gens se moquaient de moi surtout à cause de ma voix. Moi aussi je chantais les morceaux que j’entendais dans les mariages. Je répétais à longueur de journée avec cette famille, et la nuit, je répétais à la maison.

Un jour Bangaly est venu avec le Gongoma du feu vieux Koka (paix à son âme) chez moi. Il l’a confié à sa grand-mère en laissant des consignes de ne le livrer à personne. Par la suite, j’ai trompé la vieille et j’ai récupéré l’instrument pour aller jouer toute la journée au bord de la mer. J’ai chanté pour Lamine Bangoura, une histoire de lui rendre hommage.

Passionné, je chantais dans le quartier pour les vendeuses au bord de la route et en échange pour avoir de la nourriture. Quand j’ai pris goût, je suivais les programmes des affiches des artistes. Je tenais soit les micros, soit je ramassais pour eux l’argent sur la piste.

J’avoue, que mes parents n’ont jamais voulu que je chante. Pour eux l’Islam interdit catégoriquement cette pratique.

Avec Bangaly, j’ai commencé à voyager pour assurer de petits contrats de prestations. Je vous signale aussi, qu’avec Lansana Youba, au cours des cérémonies, en l’absence des chanteurs, j’assurais le plus souvent le rôle des vedettes du jour.

Mes sons en musique avaient cartonné. Suite à cela, l’Enfant chéri est venu me voir pour s’octroyer certains de mes sons, qui lui ont convaincu. Ces quelques sons joués à Coronthie ont impressionné les Espoirs de Coronthie. Il m’a demandé de lui suivre et c’est ainsi que j’ai chanté le titre ‘’Chéri i bouger khi’’.

Le son a pris le succès à Coronthie et les gens ont aimé.

Je me rappelle du voyage effectué à Fria avec Bangaly, et tous ces récits pour vous relater comment je suis venu dans la musique guinéenne. C’est à Fria que j’ai rencontré Briguel (Paix a son âme) et qui a voulu que nous formions un ensemble orchestral.

Pour mémoire à Fria, j’ai joué avec Djély Kaba Kouyaté dans l’orchestre de Djely Kaba, le père de Djély kaba Bintou.

C’est en 1996, arrivé à Conakry très malade, les espoirs de Coronthie m’ont pris en charge et ont payé tous mes frais d’hospitalisation. C’est ainsi, j’ai intégré le groupe.

Guineenews© : décrivez-nous votre parcours dans ce domaine avec les Espoirs de Coronthie ?

Machété : les Espoirs de Coronthie ont réalisé six albums et quelques maxi-singles. Je peux vous citer le titre des albums : Patriote, Duniya i giri, Tinkhinyi, Justice, Fougou fougou actes 1et 2. Je reconnais que c’est ce second album ‘’Duniya i giri’’ qui nous a propulsé.

Actuellement, je suis sur mon album solo dont vous avez certainement écouter certains singles sur le marché : KPC Kanou, Kpc finè, Fatou Sylla, diraboligui, Marafagni.

D’ailleurs, je suis en Guinée présentement pour terminer mon album et préparer la sortie officielle.

Guineenews© : aujourd’hui et partout d’ailleurs, l’on rencontre des jeunes qui jouent aux calebasses, aux gongomas et autres instruments traditionnels. Cette pratique est essentiellement consacrée à la mendicité. Quel est votre point de vue et aviez-vous des conseils pour ces jeunes ?

Machété : ceux qui optent pour la mendicité en jouant pour moi n’ont pas d’ambition. Un musicien doit avoir de la passion et viser plus haut. Ne pas simplement se focaliser où se contenter des miettes. Nous valons plus que ça.

Guineenews© : vous aviez récemment opté pour la musique tradi-moderne comparativement à vos débuts avec les Espoirs de Coronthie. Qu’est ce qui explique le choix de cette nouvelle tendance ?  

Machété : je vis actuellement en France donc je suis en train de suivre la tendance, et les blancs adorent ce mélange tradi- moderne. Le choix souvent est en fonction de la demande.

Guineenews© : c’est certain que le groupe n’est pas disloqué ? Peut-on savoir vos propres projets et ceux de l’ensemble ?

Machété : je donne la priorité à mon album solo et mes collègues aussi travaillent sur leurs projets. Nous avons aussi des projets ensemble et l’avenir nous en dira plus.

Guineenews© : il est très difficile pour un père de famille de choisir parmi ses enfants le plus aimé. Quel est l’album et le titre des Espoirs de Coronthie le plus adoré par vous ?

Machété :  heureusement, j‘aime tous mes enfants de la même manière. Quand je compose un son, je mets les mêmes énergies et le même sérieux. Donc, je ne peux pas choisir. Mais vous si vous avez un choix, alors je suis à l’écoute (Rire…)

Guineenews© : qu’est-ce que le succès représente pour vous ?

Machété : le succès se gère. Il ne faut pas le laisser surmonter la tête. Un artiste doit rester humble et respectueux malgré le succès, ne surtout pas oublier les gens qui étaient présents quand le succès n’était pas là.

Guineenews© : en compagnie des Espoirs de Coronthie et en carrière solo, vous aviez eu du succès et la célébrité est évidente. Sur le parcours racontez-nous un beau et mauvais souvenir que vous retenez ?

Machété : je n’ai que de bons souvenirs dans ma carrière. En fait je préfère positiver les choses au lieu de me lamenter sur mon sort ou mes échecs. 

Guineenews© : quelles sont actuellement vos sources de revenus pendant que votre espace fougou fougou a été démoli ?

Machété :  pour ce qui est de fougou-fougou, je préfère laisser mes collègues y répondre. Je n’étais pas présent quand tout cela se passait. Mais, j’aimerai quand même lancer un appel aux autorités qui nous ont arracher cet endroit, où nous avons mis toutes nos économies, de penser à nous. Venir à notre secours n’est qu’un devoir patriotique.

Entretien réalisé par LY Abdoul pour Guineenews

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