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L’influence du stationnement automobile sur la dynamique de Conakry

La cinématique du point matériel nous a appris que tout mouvement commence à partir d’un état de repos et finit toujours par observer un moment de repos. C’est pour cette raison que lorsqu’un véhicule circule sur la route, il est censé devoir s’arrêter à certains moments avant de pouvoir continuer sa course, ne serait-ce par exemple, que pour s’approvisionner en carburant ou pour se faire réparer en cas de panne. En ce sens, tout véhicule en mouvement a obligatoirement besoin d’un endroit où stationner.

Depuis plus d’un siècle, les villes sont prises avec la question apparemment insoluble du stationnement : les quartiers les plus attractifs suscitent une demande toujours croissante de places disponibles. Si l’existence de parkings est indispensable pour la fluidité de la circulation et la sécurité des usagers, il n’en demeure pas moins vrai que l’abondance de places peut aussi nuire à la qualité des milieux de vie. Car la croissance de l’offre de stationnement s’avère incompatible avec certains objectifs de la ville, comme la lutte contre l’étalement urbain ou l’essor du transport en commun et des déplacements actifs.

Conakry a la particularité d’avoir à la fois le double malheur de ne pas encore entamé ce processus qui consiste à doter son espace d’aires aménagées pour le stationnement automobile d’une part, mais aussi de disposer d’un parc automobile relativement vétuste et des infrastructures routières datant du moyen âge. De sorte que l’augmentation du nombre des véhicules dans la ville et la précarisation croissante de l’état des routes urbaines dépourvues de stationnement, sont aussi nuisibles à la qualité de la vie urbaine que ne le seraient des cases de stationnement en très grands nombres.

Dès lors, la place de l’automobile en ville est un sujet qui prend chaque année davantage d’ampleur en raison des impacts écologiques et sanitaires des émissions de gaz à effet de serre et de particules fines dont les véhicules sont responsables. Ce risque est évidemment plus grand à Conakry où la majeure partie du parc automobile et du réseau routier est en mauvais état. Cela pose un véritable enjeu pour l’environnement et la santé. À long terme, l’objectif visant une capitale durable consisterait à proposer des déplacements urbains moins polluants tels que la marche à pied, l’usage du vélo, des engins de déplacement personnel motorisés ou encore des transports en commun performants.

Or, tout cela n’est possible qu’à condition de repenser le stationnement des voitures dans la capitale, notamment de mieux planifier la quantité et la localisation des aires de stationnement. Il s’agit pour ainsi dire, de repenser l’organisation de l’espace public pour favoriser les mobilités douces. Ce qui devrait se traduire par la mise en place de zones et de rues piétonnes, de pistes cyclables et d’offres de transports en commun. Mais ce dernier point ne saurait être satisfait sans un investissement massif et sérieux de l’État et de ses partenaires dans l’amélioration de la qualité du réseau routier et des voiries urbaines. Car c’est certainement à ce niveau-là que doivent se déployer les plus gros efforts.

Au lieu, par exemple, de simplement interdire l’importation de véhicules usagés de plus de treize ans, on devrait s’investir davantage dans l’amélioration de l’état des infrastructures urbaines, dans le contrôle technique et une meilleure gestion du parc automobile existant, dans le suivi et le contrôle pour l’acquisition des permis de conduire et dans une meilleure réglementation du stationnement.

Les méthodes employées dans certains pays en développement consistant à contraindre les usagers à recourir au transport collectif en limitant les espaces de stationnement en ville, ne saurait être applicable à Conakry que si le réseau des voiries urbaines est performant et s’il existe un service de transport collectif bien structuré et fonctionnel. D’un autre côté, en réduisant ou en supprimant des places de stationnement en ville au profit de la mobilité douce, cela pourrait aussi avoir comme conséquence l’augmentation de la pollution en ville. Car cela obligerait plusieurs usagers à circuler longuement à la recherche de places où stationner.

C’est cette double facette de la problématique du stationnement en ville que les autorités ont la responsabilité d’organiser la régulation en vue de parvenir à un meilleur équilibre entre la nécessité de disposer d’assez de places de stationnement sans pour autant nuire à la qualité de l’environnement, gage de survie des générations futures.

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