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Incendie de véhicule: quand un camion en mouvement est carbonisé jusqu’aux jantes sans cause évidente

Voir un camion semi-remorque prendre feu subitement et brûler entièrement, en pleine rue, cela fait partie des événements assez inhabituels qu’il nous est donné d’observer dans la capitale. Et c’est pourtant ce qui s’est produit en début de semaine, du côté de Kagbelen, au carrefour dit Georges Fofana, dans le quartier Keitaya, commune de Dubréka. On était aux environs de 21 heures 30, d’après les témoins.

Il faut dire que depuis les émeutes consécutives aux élections de l’année dernière pour le troisième mandat à controverses, notre capitale avait cessé de connaître pareilles catastrophes qui lui donnent un air de troubles constants. Bien entendu, sans compter les incendies volontaires de camions par des jeunes à chaque accident mortel sur la RN3 couvrant les préfectures de Dubréka, Boffa et Boké. Mais aussi les incendies spontanés de véhicules qui surviennent quelquefois après une collision.

Pour en revenir à ce camion qui a brûlé, il s’agit d’un semi-remorque Renault Magnum immatriculé RC 8921 S. Nous avons rencontré son propriétaire, M Ibrahima Diallo résidant à Foulamadina qui nous a semblé, de prime abord, très au fait des questions de prévention routière. Il nous avoue sans hésiter y être très sensible et attaché. D’emblée, il s’est réjoui qu’il n’y ait pas eu de mort ou de blessé à déplorer avant de saluer l’esprit de solidarité des habitants de la zone de l’incendie et remercier tous ceux qui ont contribué à éteindre le feu.

Il nous dira que deux faits majeurs ont retenu son attention : le premier, c’est quand les jeunes ont aidé à décrocher la remorque pour la séparer du tracteur et le second, lorsqu’en l’absence des sapeurs-pompiers qui ne sont venus qu’après l’extinction du feu, un riverain a adapté un tuyau à son forage pour donner de l’eau aux secouristes.

Bien entendu, soulignera-t-il, que son camion, pour être plus précis, le tracteur de celui-ci, a entièrement brûlé, moteur compris. Il n’en reste plus rien que des débris. Mais, n’eut été l’appui des populations, les pertes auraient été de loin plus sévères.

M Diallo semble avoir été marqué par cet événement.  C’est le moins qu’on puisse dire. Mais, il se dit convaincu que pour éviter pareil désastre, il faut former tous les chauffeurs assurant le transport de marchandises dans notre pays.

Selon lui, ils pourront ainsi, non seulement mieux conduire leurs véhicules, mais aussi réagir efficacement face aux problèmes ponctuels qui se posent à eux. Et sur ce plan, il nous dira que l’incendie de son camion l’a encore davantage motivé à soutenir cette idée de formation.

Aussitôt que son chauffeur a aperçu les flammes sous le camion, il a sorti son extincteur. Malheureusement, celui-ci n’a pas fonctionné. Des gens sont allés en chercher de plus gros, à la station d’essence voisine. Eux aussi n’ont guère servi ! Deux questions se posent : les utilisateurs savaient-ils s’en servir ? Lesdits extincteurs étaient-ils en bon état ?

M Diallo nous dira : « c’est la première fois qu’un tel malheur m’arrive. J’en avais vu auparavant, d’assez semblable, entre Kounsitel et Koundara où un camion transportant des marchandises avait entièrement brûlé : tracteur, remorque et chargement, tout à la fois, en pleine brousse.

Je suis un transporteur qui entend être toujours en règle du point de vue des documents administratifs exigés pour la conduite des véhicules. Ce camion qui a brûlé disposait de tous les papiers nécessaires. Il était assuré en RC, pas en tous risques, pour que je m’attende à une prise en charge quelconque dans ce cas d’espèce.

Mais, tout cela mis à part, je peux dire que j’ai eu de la chance car, cette nuit, mon chauffeur se rendait à l’usine de farine sise à Sonfonia pour prendre un chargement de son de blé à livrer à Dakar, au Sénégal. C’est pendant qu’il se rendait à l’usine que le chauffeur a entendu crier au feu et il s’est arrêté pour constater que des flammes léchaient effectivement le bas du camion. Si cet incident était survenu après qu’on l’ait chargé à l’usine, les conséquences auraient été autrement plus graves. »

Notre interlocuteur de poursuivre : « ce camion a été révisé la veille pour un problème au niveau de l’alternateur. »

Dès lors, se pose la question de savoir si l’incendie ne vient pas de là, s’il ne s’agit pas d’un problème d’électricité ? Et cela reste bien envisageable, vu qu’aucune surchauffe n’a été relevée sur les tambours du camion et que ni les pneus, ni le carburant n’ont pris feu.

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