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Impacts du blocus des frontières : le ministre du Budget se veut moins alarmiste

Le regard sur la fermeture de nos frontières terrestres avec trois pays depuis bientôt 3 mois, semble varié. Selon qu’on soit de l’administration centrale ou des services déconcentrés du pays. C’est du moins l’impression que nous avons en écoutant les deux parties sur cette situation.

La Guinée a fermé les frontières qu’elle partage avec trois de ses six voisins directs. Une décision prise à l’orée de la présidentielle du 18 octobre dernier, rendant impossible le trafic routier avec la Guinée-Bissau, le Sénégal et la Sierra Leone. Depuis, des hommes d’affaires et d’autres citoyens sont privés de leurs droits à la liberté de circulation de personnes et des biens consacrés par les textes régissant la communauté économique des Etats de l’Afrique l’Ouest (CEDEAO).

Des échos qui nous parviennent du monde du commerce, beaucoup de marchandises y sont bloquées notamment pour ce qui est de l’importation. Des boutiques et autres magasins seraient aussi quasi-vides, faute de produits à vendre. Ce qui n’est pas sans conséquences pour les importateurs. Sans oublier les transporteurs dont les véhicules sont aussi immobilisés de l’autre côté des frontières.

Ironie du sort, l’Etat perd doublement avec cette décision sans être sûr d’annihiler les risques liés à l’insécurité. En tout cas, à écouter certains agents des services frontaliers. A titre indicatif, une source, requérant l’anonymat, confie à Guinéenews qu’actuellement « l’Etat perd au minimum 10 milliards de francs Guinéens » par mois, juste au niveau d’une des frontières fermées.

Il ne faut pas oublier non plus la TVA sur chaque article vendu. Ce qui n’est pas rien non plus. En tout cas, pour qui sait, que dans son plan de riposte au Coronavirus ainsi que celui de la relance économique, l’Etat compte optimiser ses entrées d’argent, notamment au niveau de la douane. Mieux, « beaucoup de produits de grande consommation comme de la cosmétique, chocolat et tant d’autres » vendus dans les marchés viendraient d’un des pays voisins dont la frontière reste fermée.

Le comble, toujours selon nos sources, c’est que les postes officiels de frontière sont contournés, avec parfois la complicité de certains agents. Ces derniers, tous corps confondus, en service dans les villes guinéennes, fermeraient les yeux devant le phénomène, moyennant des billets de banque. Avec le risque de laisser introduire dans le pays, des produits prohibés qui ne passeraient pas si les frontières restaient ouvertes, avec une surveillance accrue pour la circonstance.

Mais du côté des autorités, la question ne semble pas assez préoccupante. Selon le ministre du Budget, les pertes d’argent du fait du non fonctionnement des postes de douane sont « marginales ». Ismaël Dioubaté qui confirme tout de même l’estimation de 10 milliards gnf par mois au niveau d’une des frontières terrestres, déclare que « l’essentiel des importations s’effectue à partir du port de Conakry. »

Parlant de la question purement sécuritaire, M. Dioubaté semble faire entièrement confiance aux brigades opérant le long des frontières. Vantant leur efficacité, même si dans la même conversation téléphonique le ministre concède que les parties frontalières sont habituellement poreuses. Une sorte de contradiction qui pourrait conforter ceux qui soutiennent que la fermeture des frontières, bien que « stratégique », a des limites que les autorités devraient examiner plus sérieusement. Sauf que pour le ministre Ismaël Dioubaté assure, parlant de ces « questions stratégiques » que ‘’le gouvernement au moment venu, prendra des dispositions pour faire lever cette restriction.’’

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