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Hausse des tarifs douaniers : les importateurs de véhicules préviennent, l’effet boomerang redouté

Tombée comme un couperet sur la tête des importateurs en début de semaine, l’augmentation de 75% des frais de douane des véhicules en Guinée risque d’avoir l’effet boomerang sur l’économie du pays. Du moins, c’est ce qui est à redouter en écoutant nos interlocuteurs au niveau de l’association des opérateurs de la filière.

Joint au téléphone, le secrétaire exécutif de l’AIVOP (association des importateurs des véhicules d’occasion et pièces détachées), revient d’abord sur les péripéties de cette hausse vertigineuse opérée par la douane guinéenne. D’entrée, Moussa Cissé, le secrétaire exécutif de l’AIVOP reconnaît que les opérateurs du secteur étaient « prévenus. » Avant de préciser : « ils ne nous ont pas dit qu’ils allaient l’appliquer maintenant. »
Revenant à la genèse du processus, notre interlocuteur précise :  » c’est pendant le Ramadan dernier qu’ils nous ont dit de nous préparer à une éventuelle augmentation. Ils nous ont même demandé de faire une proposition. Nous avons suggéré une augmentation de 20 à 25%. A la suite de cela, ils nous ont dit qu’ils ont l’intention de faire une augmentation de 150%. Ce qui était exorbitant. Et de discussion en discussion, ils ont augmenté 75%. Nous leur avons dit que nous ne pouvons pas supporter ce pourcentage. Parce que les affaires ne marchent pas. »
Un argument auquel la douane n’a pas été sensible. D’ailleurs, elle l’aurait fait savoir dans les échanges. « Ils nous ont dit qu’ils nous consultent parce qu’ils sont pour le dialogue. Sinon par le passé, tout le monde découvre du jour au lendemain que les tarifs ont augmenté sans aucune consultation. Ils nous consultent pour connaître notre avis et cela ne doit pas être pris comme s’ils sont stupides. »

Résigné mais réaliste face à la situation, notre interlocuteur termine ses explications en attirant l’attention sur le fait que ce sont les populations qui paient toujours les frais au bout du rouleau.

« Nous les commerçants, ne perdons jamais », avertit- Moussa Cissé. Comme pour dire aux acheteurs de véhicules d’occasion de retrousser leurs manches. Sans oublier le risque que la mesure joue sur les entrées d’argent pendant que la douane qui peinerait à atteindre ses l’objectif à elle assignés en termes de recettes compte sur cette décision pour renflouer ses caisses. Une préoccupation que nous avons tenté de porter au niveau de la douane afin d’avoir des explications. Malheureusement, toutes nos tentatives sont restées vaines. Mais à quelque chose malheur est bon, elles nous ont permis de constater la défaillance du système de communication de la direction dont même l’adresse e-mail ne fonctionne pas.

 

Par ailleurs, dans les échanges que j’ai eus sur le sujet, un transitaire m’a dit que les frais de dédouanement d’une petite voiture passent de 4 à 5 millions GNF. Quant à Moussa de l’AIVOP m’a confié qu’avec la nouvelle mesure, les frais de dédouanement de 10 véhicules qu’il attend, sont passés de 70 à 120 millions GNF.

Ci-dessous les captures du dysfonctionnement ou de l’inopérationnalité de l’adresse e-mail sur le site web de la direction générale des douanes :

 

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