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Guinée : ACAT France et six autres ONG condamnent l’interpellation de Foninké & Cie 

Les réactions dénonçant l’arrestation ainsi que les conditions dans lesquelles cette dernière s’est opérée, du coordinateur et deux autres responsables du front national pour la défense de la constitution (FNDC), hier mardi 5 juillet, se poursuivent et se ressemblent. A leur tours, ce sont sept (7) organisation non gouvernementale d’envergure internationale ont publié une déclaration à cet effet.

Intitulé «Guinée : le retour à la répression», le texte commence par rappeler que «le 5 juillet 2022 à 14h, trois défenseurs des droits humains membres du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), dont deux sont également membres de Tournons La Page Guinée (TLP-Guinée), ont été violemment arrêtés et traînés de force dans des véhicules pick-up par la deuxième Brigade de Répression du Banditisme (BRB) ».

 Non sans préciser «qu’au moment de leur arrestation, ils animaient une conférence de presse pour commenter l’actualité socio-politique en lien avec les dernières conclusions de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) au siège du FNDC. Ils ont ensuite été conduits à la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ)».

Poursuivant leur narration, les signataires de la déclaration dénoncent le fait que: «blessés lors de l’arrestation, il leur a été refusé de bénéficier de soins malgré la demande de leurs avocats Oumar Sylla, alias Foniké Mengué, coordinateur adjoint de TLP-Guinée – Billo Bah, responsable du pôle jeunes de TLP-Guinée et Djanii Alpha, artiste et responsable de la promotion de la citoyenneté active du FNDC ont ainsi été interpellés sans mandat et sans convocation préalable ».

Et de relever que «pendant leur garde à vue, Oumar Sylla et Billo Bah ont été accusés d’outrage à magistrat et de non-respect de la justice, alors que Djanii Alpha a été entendu pour injures. Les activistes sont déférés dans la journée au tribunal de première instance de Dixinn. Des poursuites avaient déjà été engagées le 4 juillet par le procureur général Charles Wright contre Oumar Sylla et Billo Bah pour avoir prétendument produit et diffusé par le biais d’un système informatique des propos jugés : « injurieux à l’encontre des membres du Conseil National de la Transition ».

Et de signaler par ailleurs, «lors de l’arrestation, plusieurs journalistes ont également été violentés, les forces de l’ordre tentant de les empêcher de filmer la scène». Puis, de déduire que «la transition militaire mise en place depuis le 5 septembre 2021 après le coup d’État contre Alpha Condé plonge la Guinée dans un nouveau cycle répressif ». Surtout que: «après avoir interdit les manifestations des derniers mois, la junte vient de franchir le cap des arrestations arbitraires dans une volonté générale de museler toute voix discordante», insistent-ils.

Pour terminer, les organisations signataires déclarent que «nous condamnons avec la plus grande fermeté l’arrestation arbitraire d’Oumar Sylla, Billo Bah et Djanii Alpha et appelons à leur libération immédiate et à la levée de toutes les charges à leur encontre».

Le document a été signé par ACAT France, African Defenders (Réseau panafricain de défenseurs des droits humains), Agir ensemble pour les droits humains, CRID, FIDH, dans le cadre de l’Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits Humains, Tournons La Page, OMCT (Organisation mondiale contre la torture), dans le cadre de l’Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits Humains et ROADDH/WAHRDN.

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