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Gestion du parc automobile national : quand des chauffeurs de 4X4  »suicident » littéralement leur véhicule en cours de route

Serait-ce par ignorance, imprudence, excès d’assurance ou témérité déplacée ? Ces questions ont tout leur sens, devant un tel phénomène où les risques pris par les conducteurs n’ont rien de bien logique qui puisse les justifier ou même les expliquer.

Ces états de fait, pas aussi rares qu’on pourrait le penser, s’observent surtout en rase campagne où le réseau routier, particulièrement en hivernage et dans ses parties non bitumées, laisse apparaître ici et là, des zones inondées, difficiles à franchir pour bon nombre de véhicules, surtout ceux légers. Ils apparaissent comme obstacles naturels sous forme de torrents qui coulent ; de mares qui s’étendent à perte de vue ; de cours d’eau qui coupent le chemin, après la rupture d’un pont ou de déviation en crue qui déborde.

S’y ajoute le fait que pour aucun de ces obstacles naturels, on n’est à même d’évaluer le niveau exact de l’eau, ni la force du courant. Aussi, s’abstient -t-on le plus souvent de courir un quelconque risque d’y faire passer son véhicule.

C’est là où des chauffeurs casse-cou, au volant des 4X4, tout terrain, entrent en ligne et font parler d’eux. En tous ces endroits où se dresse un obstacle constitué d’une zone immergée d’eau, de quelque hauteur qu’elle soit, ils sont impatients à ‘’suicider’’ littéralement leur engin.

Pendant que tout le monde attend patiemment, ou une décrue des eaux, ou l’ouverture d’une déviation fortuite, eux, déclarent être en mission. Ce qui doit signifier pour tous qu’ils sont pressés et doivent passer à tout prix. Mais, est-ce la vraie raison ?

On peut bien penser que leur intention soit toute autre : ils veulent juste impressionner les gens. Ils tiennent à démontrer la puissance de leur tout-terrain et sa capacité à vaincre tout obstacle se dressant sur son chemin. Les voilà qui contournent alors tous ces rangs de ‘’peureux’’ qui conduisent de ‘’pauvres’’ véhicules garés devant une étendue d’eau, en attendant, on ne sait trop quoi. Qu’elle s’assèche peut-être ! ?

Et plouf ! Les voilà qui entrent dans l’eau. Quelquefois ça marche. Ils gagnent l’autre rive. On les applaudit ! Ce qui flatte leur égo et décuple leur fierté.

Mais, il leur arrive aussi de manquer de pot. En fonçant à vive allure, ils tombent dans des ornières ou des dénivelés indétectables sous le flot. Leur véhicule s’enfonce alors plus bas qu’il n’en faut et brassant l’eau avec force, sous l’effet de la vitesse, le filtre à air se couvre d’eau qu’il aspire goulument.  Et aussitôt, le moteur s’éteint. C’est le coup de bélier dont nous avons déjà parlé.

L’Etat, tout comme les particuliers, peuvent en être victimes. Et les dommages qui en résultent ont un coût assez élevé. De grosses réparations sont souvent nécessaires et vont même parfois jusqu’au remplacement du moteur.

Comme on le sait, dans tous les pays, l’Etat dispose généralement de véhicules toujours neufs, de marques, types et usages variés. C’est le cas avec les 4X4 qui permettent de joindre plus facilement les endroits les plus difficiles d’accès du territoire. D’où l’épithète de ‘’tout terrain’’ qu’on leur colle

S’agissant de ces engins justement, il faut dire que depuis toujours et sur tous les supports disponibles, on bat la grosse caisse pour en vanter les qualités et les performances. Et nous devons admettre que cette publicité tapageuse produit toujours ses effets sur nous. Quoiqu’on en dise, son emprise est bien réelle. Elle nous pousse à acheter, alors même que nous n’avons pas les connaissances nécessaires pour savoir tirer au clair toutes les choses qu’on en dit et séparer le réel de l’exagéré.

C’est ainsi que bien souvent, nous tombons dans ce piège du marketing qui nous donne l’impression, pour ne pas dire l’illusion, que nous avons acheté un véhicule indestructible.

C’est un processus parfaitement huilé dont les industriels se servent habilement avec l’appui des annonceurs pour vendre leurs produits. Et l’effet attendu est toujours au rendez-vous. Ils ne ratent pas leurs cibles.

Pour faire face à ces réclames tapageuses et réussir à acheter convenablement ce qu’il nous faut et en faire bon usage, il est nécessaire que nous soyons bien informés, que nous soyons à l’abri de l’illusion et des slogans qui enfument et embrouillent. L’une des clés pour réussir ce pari est la formation de nos chauffeurs. Les motifs pour le faire ne manquent pas. En lui-même, le domaine en question offre une foultitude de modules pour outiller et transformer qualificativement ces dits chauffeurs dont le rôle est essentiel dans notre vie de tous les jours et le développement de notre pays.

L’objectif à atteindre est d’en faire des utilisateurs performants et exemplaires des véhicules qui leur sont affectés. Pour qu’ils nous fassent l’économie des nombreux accidents enregistrés chez nous, avec leur cortège de morts et blessés et tous les préjudices connexes et réparations qui s’y rattachent. C’est tout le pays qui gagne !

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