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Etudiants guinéens sans passeports en Chine : le ministère des AE mis à l’index

C’est en désespoir de cause que les étudiants guinéens privés de passeport en Chine multiplient les appels de détresse. Sur les réseaux sociaux, dans les médias traditionnels, tous les moyens sont bons pour attirer l’attention des autorités sur ce récurrent problème.

Parmi ces étudiants guinéens déboussolés et exposés à tout dans ce lointain pays où ils sont en séjour d’études, il y a Nicolas Balamou. Dans une publication sur les réseaux sociaux, notre source alerte : « la situation s’empire avec les étudiants guinéens en Chine. Nous sommes menacés d’expulsions de la Chine à cause de passeport pour lequel on a payé 300 dollars. »

Puis de poursuivre : « depuis le 11 Juillet 2021 on s’était fait enrôler par les argents de l’ambassade de la Guinée à Pékin. Mais jusqu’à présent, on n’a reçu aucune nouvelle de la part de l’ambassade concernant le retrait de nos passeports. Alors que nous sommes menacés tous les jours par la police chinoise parce que nous n’avons pas de passeports valides. »

Ce n’est pas tout. « Le hic, c’est que nos comptes bancaires sont bloqués, nous n’avons pas accès aux soins de santé sans passeport », se plaint-t-il.  Tout en rappelant : « tous les achats en Chine se font par payement mobile et nous sommes privés de tous ces services. »

Pour ne rien arranger, s’inquiète Nicolas Bamamo, « dans le cas où on décidait de retourner au pays, on aurait abandonné nos études puisque nous ne sommes pas permis de revenir en Chine… Tous les étudiants qui ont quitté la Chine pour faute de passeport sont en Guinée jusqu’à présent parce que la Chine a fermé ses frontières aux étudiants étrangers. »

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Sur le sujet, une source proche de la société Iris nous confirme que parmi les personnes enrôlées en Chine, les données concernant plus de 180 demandeurs ont été transférées au serveur. « Notre rôle, c’est de former les agents choisis par l’Etat, mettre des équipements à la disposition des agents de l’ambassade et transférer les données au serveur central. Le traitement, l’approbation, l’impression et l’acheminement à travers les AE (ministère des affaires étrangères) aux missions diplomatiques ne relèvent pas de la société. Ce qui est clairement indiqué dans le protocole signé le 5 mars 2021. »

Une version corroborée par nos sources à la direction centrale de la police de l’air et des frontières où il nous a été donné de constater, document à l’appui, que 29 passeports sont déjà expédiés dans ce lot et 66 autres prêts à être transmis au ministère des Affaires Etrangères qui a charge d’envoyer les documents de voyage à leurs propriétaires via les représentations diplomatiques du pays.

Insistant sur le caractère expéditif des services du passeport au ministère de la Sécurité, notre source informe : « c’est comme ça qu’on expédie graduellement. En 48 ou 72 heures, les passeports sont prêts chez nous et on les transmet aux Affaires Etrangères ». Puis, de brandir trois lettres de transmissions adressées au ministère Affaires Etrangères en moins d’un mois : le 18 août, le 31 août et le 3 septembre. Preuve qu’il faut chercher le problème ailleurs.

Et parmi les pistes, si ce n’est la seule, notre source pointe les agents choisis dans les ambassades, sans qu’on sache les critères. « Des agents qui font 20 à 25 enrôlements par jour, alors que nos agents ici peuvent produire jusqu’à 100 passeport par jours. Et quand ces agents sont envoyés en mission à l’étranger, c’est le même rythme », déplore-t-il. Et de préciser que « l’investisseur a pourtant créé toutes les conditions pour que le travail se fasse sans difficultés. »

Du côté du ministère des Affaires Etrangères où nous avons essayé de recouper ces informations, c’est un silence radio jusque-là. Ce qui n’est pas de nature à dissiper les inquiétudes et autres préoccupations des étudiants privés de passeport du côté de la Chine et ailleurs dans le monde.

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