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Etrange casse des maisons à Hafia : un puissant homme d’affaires mis à l’index  

Plus d’une année après la casse jugée « abusive » de leurs maisons d’habitation en mars 2021, à Hafia II, dans la commune de Dixinn, les victimes sont abandonnées à elles-mêmes. Toutes les démarches initiées auprès des autorités sont restées sans suite, alors que tout porte à croire que les lieux cassés n’avaient rien à voir avec l’opération de déguerpissement des emprises des routes qui ont servi d’alibi aux auteurs de la « forfaiture ».

Elles sont 5 familles dont les conditions de vie loin d’être enviable, se détériore davantage. Pourtant, rien ne prédestinait ces veuves est autres pères de famille à un tel sort. Même si leur quotidien n’était pas loin de la précarité. Leurs concessions ont été cassées par des agents prétendant agir dans le cadre du déguerpissement des emprises des routes. A l’aide d’une pelleteuse téléguidée par une main noire, accompagnée d’agents de la police et des civiles prétendument en service à l’habitat, l’opération a touché pas mal de concessions. Des pièces meublées, des toilettes, tout a été ravagé. Conséquences, certaines victimes vivent désormais sans latrines.

Le hic c’est que tout porte à croire que rien ne justifie l’opération. De la mairie de Dixinn au gouvernorat de la ville de Conakry, personne n’a revendiqué la décision. Au contraire, selon les victimes, les services de l’habitat de la mairie de la commune auraient déclaré que «nulle part sur le plan cadastral du quartier, il n’apparaît qu’il y avait une route prévu à cet endroit».
Malheureusement, le maire qui a effectivement fait le déplacement pour constater les faits aurait annoncé des enquêtes dont les résultats ne sont jamais disponibles. Et pour ne pas rassurer quant à sa disposition à y voir clair afin de rétablir les victimes dans leurs droits, Mamadou Samba Diallo est inaccessible. Même pour dire au moins qu’il n’arrive pas à faire avancer le dossier. Il est particulièrement fermé à la presse. En tout cas, Guineenews a fait des pieds et des mains pour avoir sa version des faits, malheureusement, sans succès. Face au pouvoir de l’argent, le maire de la commune de Dixinn aussi donne sa langue aux chats. C’est comme l’élu était insensible à l’injustice qui frappe ses mandants. Une attitude qui n’est pas sans inspirer la direction de l’habitat de la commune. S’il ne s’agit pas de consignes clairement données dans ce sens. Tous les arguments sont bons pour permettre aux responsables de ce service de ne donner même pas un avis technique sur le dossier. Alors que des sources proches de la mairie corroborent la version des victimes de la casse qui soutiennent qu’il n’y a pas de route prévue à l’endroit démoli.

Pour ne rien arranger, la plainte que les victimes ont adressée à la gendarmerie n’a jamais prospéré non plus. Alors des fonds leur auraient été extorqués  pour le déplacement des  agents en vue de ces enquêtes.

L’argent, les limites des élus et des conventions
derrière cette injustice doublée de blocage de toute la machine administrative et judiciaire, un homme puissant.  Un certain Elhadj Issa Barry, homme nanti sur qui pèsent des forts soupçons.  Il a acheté une parcelle dans cette partie non lotie du quartier où il a construit un immeuble. Fort de sa fortune, il aurait fait casser les concessions du voisinage pour se frayer un chemin en vue d’accéder à sa demeure en voiture.
Nos sources nous confient qu’il aurait reconnu avoir contribué financièrement à l’opération. Même s’il aurait refusé de répondre à la convocation de la mairie, où son avocat l’aurait représenté. Au contraire, il userait de son influence pour intimider les rares victimes qui osent encore parler de cet abus. C’est ainsi qu’un jeune, Bella Diallo, membre d’une famille des victimes, s’est vu convoquer avant de repartir libre des locaux de la direction centrale de la police judiciaire en août dernier, alors que des allégations de « menaces de mort » étaient faites à son encontre.  Ce qui fait dire à l’intéressé qu’il s’agissait d’une simple tentative d’intimidation orchestrée par son nanti voisin…

Comme si cela ne suffisait pas, cette année encore, «le monsieur a barré la route de l’eau. Si rien n’est fait nous risquons de perdre tout comme l’année passée », alerte notre source.

Face aux difficultés de joindre Elhadj Issa Barry pour recouper ces informations, Guinéenews a appelé son avocat. Me Hamidou Barry, c’est son nom, a suggéré la première fois qu’il lui soit donné le temps (deux jours) d’en discuter avec son client. Coup de théâtre, l’avocat fait volte-face. En tout cas, il n’a répondu ni à l’appel ni au message du téléphone qui l’a initialement appelé à propos. Une attitude qui surprend à première vue. Mais quand on sait que Me Barry est un activiste des droits de l’homme qui a choisi de défendre un homme riche qui abuse de ses voisins dont le seul tort est d’être pauvres, il y a de quoi comprendre son incompréhensible changement de posture. Il arrive des moments où face aux intérêts matériels, la vocation se met en berne.

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