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Entre l’insécurité du CFL et l’échec de l’insémination artificielle à Labé, le Directeur Diouldé Sow parle! (2e partie)

Après l’état des lieux (https://www.guineenews.org/etat-des-lieux-du-cfel-de-labe-pourquoi-le-centre-risque-t-il-detre-ferme/) en cette deuxième partie de l’interview que docteur Mamadou Diouldé Sow, le directeur du centre de formation en élevage (CFEL) de Labé a bien voulu nous accorder, il lève un coin du voile sur les séances de formations, la sécurisation du domaine qui s’étend sur une superficie de 61 hectares, le conflit autour de la ferme de démonstration, les précédentes journées de l’éleveur et l’insémination artificielle organisée par le gouvernement guinéen entre 2018 et 2019 dans la région administrative de Labé. Lisez !

Guinéenews© : C’est quoi la fréquence des formations, comment ça se passe ?

Docteur Sow : Pour les formations, c’est le département qui organise, c’est-à-dire la division du service vétérinaire, la division de la production animale. Donc, ce sont eux qui organisent les ateliers qui assurent l’entretien du CFEL avec la location des salles.

Guinéenews© : Pourquoi alors vos salles de classes sont vides ?

Docteur Sow : Ce n’est pas un centre de formation pédagogique comme vous le voyez au niveau des écoles. Ce n’est pas un centre de formation professionnel non plus. C’est un centre de perfectionnement des cadres. Ce n’est pas des élèves que nous allons recruter pour venir étudier. Ce sont les éleveurs, les agro-éleveurs, les cadres c’est-à-dire les chefs de postes, les directeurs préfectoraux. Disons que c’est l’ensemble des cadres qui doivent venir ici pour des mises à niveau.

Guinéenews© : Comment faites-vous pour sécuriser un si vaste domaine de 61 hectares ?

Docteur Sow : c’est le problème contre lequel, je suis en train de me battre maintenant. La sécurisation de ce lieu parce que nous avons souvent été victimes de vandalisme, de vol. La dernière en date c’est au mois de février quand on a été victime de vol de deux panneaux solaires et de 4 batteries au niveau du laboratoire.

Guinéenews© : Vous n’avez pas de gardien ?

Docteur Sow : Aucun gardien. Il y avait deux gardiens, un de jour et l’autre de nuit ; rémunéré chacun à 500 000 GNF le mois. Mais je n’ai pas les possibilités de pouvoir les maintenir. Donc je les ai libérés. Maintenant, avec le gouverneur de la région, nous avons discuté de l’installation d’un PA (poste administratif). Et s’il y a ce PA, ça va renforcer la sécurité au  niveau du centre. Donc, j’ai fait ma demande et j’ai envoyé au niveau du département. Il reste maintenant la nourriture des deux agents. Si les deux agents ont la nourriture, le problème sera résolu.

Guinéenews© : Vous avez aussi une ferme de démonstration qui est visiblement inexploitée. Qu’en est il ?

Docteur Sow : Exactement! Le CFEL a en son sein une ferme de démonstration et de production parce que c’est là où les stagiaires doivent faire leur pratique. Après la théorie, ils se dirigent normalement vers les fermes pour faire la pratique parce que la théorie est liée à la pratique.

Guinéenews© : Comment se présente de nos jours cette ferme de démonstration ?

Docteur Sow : Il se trouve maintenant que le terrain est nu, sans clôture et au centre ville. 59 hectares, imaginez-vous au centre ville. Si ce n’est pas clôturé, on ne peut pas faire l’élevage à ce niveau. Et le CFEL ne peut pas être coupé de son pâturage. Maintenant, j’ai fait une proposition de diversification des activités à travers l’élevage des bovins, caprins, ovins, volailles et même les porcs pour le camp et les chrétiens pour les fêtes de fin d’année. J’ai fait la proposition pour cette diversification des activités. Mais cette diversification ne peut pas se faire sans une clôture définitive du domaine de pâturage. Si le domaine de pâturage est clôturé là en ce moment on peut faire les aménagements des parcelles fourrageurs et les animaux peuvent y rester en stabilisation permanente et ils vont essayer de se nourrir là-bas par rotation au niveau des parcelles.

Guinéenews© : mais il y a souvent des problèmes avec les coutumiers autour de ce domaine ?

Docteur Sow : En 2014, il y a eu des problèmes avec ces propriétaires coutumiers depuis le foutah théocratique, selon eux. Il se trouve maintenant que ce terrain a toujours été réservé au pâturage même lors de la première république. Les fournitures obligatoires de bétail, les animaux qui venaient de la région faisaient le pâturage ici. Donc, ce pâturage a toujours existé. Il n’y a jamais eu de construction là-bas. C’est pourquoi lorsqu’il est venu le choix pour l’installation du projet, du CFEL,  le lieu a été choisi en conséquence et clôturé en fils barbelés avant la dégradation de cette clôture.

Maintenant comme le terrain est nu, les gens en ont profité pour récupérer le domaine. Mais il se trouve que jusqu’à nos jours, le domaine est là, c’est un domaine réservé de l’Etat qui a occupé d’ailleurs le domaine pendant 30 ans parce que depuis la naissance du CFEL.

Guinéenews© : Quel rôle avez-vous joué lors des précédentes journées de l’éleveur ici à Labé ?

Docteur Sow : Le CFEL a joué un rôle très important pour ce qui est d’abord de l’organisation de ces journées de l’éleveur. Le CFEL voulait que ce centre abrite ces journées de l’élevage. Mais malheureusement, cela a été organisé au centre ville avec le consentement des autorités administratives et locales c’est-à-dire au CFP (centre de formation professionnelle) et ça s’est très bien passé. On a présenté au chef de l’Etat le CFEL et ça été apprécié.

Guinéenews© : Y a-t-il eu des retombées ?

Docteur Sow : Oui! c’est après les journées de l’élevage que le secrétaire général du département est venu rendre visite au CFEL et c’est là où nous avons posé le problème de rénovation parce que c’était délabré. Après 30 ans, il n’y avait pas une couche de peinture. Et nous nous sommes entendus et nous nous sommes battus. Et à la deuxième année, en 2019 il y a eu appel d’offres et une société est venue rénover le CFEL en 6 mois.

Guinéenews© : En tant qu’expert, quel regard posez-vous sur l’insémination artificielle qui semble être « un échec » à Labé ?

Docteur Sow : En tant que docteur, il y a eu un apport positif du gouvernement à travers les initiatives personnelles du président de la République qui à travers ses missions au Maroc a vu qu’il était question d’amener en Guinée une race exotique qui pourrait augmenter la production animale en lait et en viande. Ça réussit quelque part et ailleurs, ça n’a pas réussi. C’est à voir l’alimentation et les conditions de vie des animaux qui ont été inséminés.

Guinéenews© : ce centre ne pouvait-il pas abriter les animaux inséminés pour éviter de mauvaises surprises comme c’est fut le cas ?

Docteur Sow : le centre que vous venez de visiter et des modules de formations que nous avons ici sont consacrés à l’insémination artificielle. Et le centre pouvait abriter l’espèce animale de cette insémination artificielle où les animaux pouvaient rester afin qu’on suive leur développement et la multiplication des petits.

Des propos recueillis par Alaidhy Sow, Labé pour Guinéenews.org

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