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Conakry : le FODA noue un partenariat stratégique avec banques et assurances pour moderniser l’agriculture guinéenne

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Le Fonds de Développement Agricole (FODA) a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation du secteur agricole guinéen. Ce jeudi 7 mai 2026, l’institution a procédé à la signature de plusieurs conventions de partenariat avec des banques et compagnies d’assurance opérant en Guinée, afin de faciliter l’accès des producteurs agricoles au financement et à la couverture des risques.

À travers cette initiative, le FODA amorce progressivement son retrait du crédit direct pour se repositionner comme un véritable catalyseur de la finance agricole en Guinée. Parmi les structures signataires figurent Coris Bank, le Crédit Rural de Guinée, NSIA Assurances, Sunu Assurances et Lanala Assurances.

La cérémonie, présidée par la ministre de l’Agriculture, Mme Aminata Kaba, a réuni plusieurs personnalités, notamment le gouverneur de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG), Dr Karamo Kaba, le président du Conseil d’administration du FODA, Almamy 2 Sylla, des représentants d’organisations professionnelles agricoles, des partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs du monde rural.

Dans son allocution, la directrice générale par intérim du FODA, Mme Kamara Safiatou Barry, a expliqué que cette démarche est l’aboutissement de plusieurs mois de concertation entre les différents acteurs concernés.

« Notre pays s’est engagé dans une dynamique de refondation économique où l’agriculture occupe une place centrale. L’agriculture est un levier stratégique de croissance, de souveraineté alimentaire et de création d’emplois. Mais l’État, à lui seul, ne peut pas tout faire. C’est pourquoi nous avons choisi d’ouvrir une nouvelle ère fondée sur des partenariats solides et équilibrés avec le secteur privé, notamment les institutions financières et les compagnies d’assurance », a-t-elle déclaré.

Elle a précisé que le FODA entend désormais jouer un rôle de facilitateur en rapprochant l’offre et la demande de financement agricole. Selon elle, ce mécanisme permettra aux producteurs, coopératives et PME agricoles d’accéder à des financements plus adaptés aux réalités du terrain, avec des garanties renforcées grâce à l’implication des assureurs.

« Vous n’êtes plus seuls. Un véritable écosystème d’accompagnement se met progressivement en place pour soutenir les agriculteurs à chaque étape de leur développement », a-t-elle lancé à l’endroit des producteurs agricoles.

Du côté des partenaires financiers, cette collaboration est perçue comme une opportunité majeure pour renforcer la confiance autour du financement agricole.

La directrice générale de Coris Bank, Mme Christelle Dieng Zongo, a salué une approche basée sur la mutualisation des efforts entre acteurs publics et privés.

« Cette dynamique favorise la réduction des risques grâce aux mécanismes d’assurance, tout en encourageant l’entrepreneuriat agricole, notamment chez les jeunes et les femmes. Notre engagement est clair : accompagner durablement le développement économique et social de la Guinée à travers des solutions financières adaptées », a-t-elle affirmé.

Même engagement du côté du Crédit Rural de Guinée. Son directeur général, Amara Kourouma, a rappelé l’expérience de son institution dans le financement du monde rural.

« Chaque année, près de 30 % de nos activités sont consacrés au secteur agricole. En 2025, nous avons accordé plus de 100 milliards de francs guinéens de crédits agricoles, avec un taux de remboursement supérieur à 95 %. Plus de 300 000 Guinéens ont été impactés », a-t-il indiqué.

L’une des innovations majeures de ce dispositif réside dans l’intégration des compagnies d’assurance au mécanisme de financement agricole. Pour Mariam Barry, directrice générale de Sunu Assurances, cette orientation traduit la reconnaissance du rôle stratégique de l’assurance dans le développement national.

« Cette convention est à la croisée de deux piliers essentiels : l’agriculture et l’assurance. Elle traduit notre ambition commune de bâtir une agriculture sécurisée, financée et modernisée, au plus près des réalités des producteurs », a-t-elle expliqué.

Prenant la parole à son tour, la ministre de l’Agriculture, Aminata Kaba, a insisté sur les attentes du gouvernement vis-à-vis de ce nouveau dispositif.

« L’État attend des résultats concrets : davantage de crédits agricoles, des exploitations modernisées, des chaînes de valeur mieux organisées, des emplois décents créés en milieu rural et une contribution accrue de l’agriculture à la croissance nationale », a-t-elle souligné.

Elle a également invité les différents partenaires à faire de ces conventions « des instruments vivants », appliqués avec rigueur, transparence et responsabilité.

Enfin, la ministre a rappelé que l’agriculture occupe une place centrale dans le programme Simandou 2040 porté par les autorités guinéennes.

« En faisant de l’agriculture le premier pilier du programme Simandou 2040, le président Mamadi Doumbouya affirme une orientation stratégique majeure : garantir la souveraineté alimentaire de la Guinée et faire du secteur agricole un puissant moteur de création d’emplois pour les jeunes et les femmes », a-t-elle conclu.

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