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Chronogramme de la transition : Ousmane Gaoual répond à Dalein !

Le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat et porte-parole du gouvernement vient de réagir suite aux différentes sorties médiatiques des acteurs sociopolitiques après la publication du chronogramme annoncé par le Colonel Mamadi Doumbouya. Du pessimisme à l’optimisme des uns et des autres, Ousmane Gaoual Diallo donne des précisions importantes. L’ancien prisonnier politique invite la classe politique et les acteurs sociaux à la retenue afin de pouvoir édifier une Guinée démocratique débarrassée des démons du passé. Dans cette interview, il répond à la fois au président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo et au RPG et ses partis alliés. Lisez !

Guineenews© : Bonsoir M. Ousmane Gaoaul Diallo. Vous êtes le porte-parole du Gouvernement. Hier, le président de la Transition, le colonel de Mamadi Doumbouya a annoncé un programme de 39 mois. A cet effet, le président de l’UFDG dans un entretien exclusif accordé à Guineenews dit ne pas être d’accord. Quelle est votre réaction par rapport à cette sortie médiatique du président de l’UFDG et de l’ANAD ?

Ousmane Gaoual Diallo, ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat et Porte-parole du Gouvernement : je pense que le président de l’UFDG comme tous les autres partis politiques ont eu l’opportunité de venir à la table de concertation et de réagir par rapport aux étapes qui ont été  proposées  par le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. La pertinence du chronogramme c’est-à-dire le caractère essentiel des différentes étapes recommande une meilleure acceptation de la durée proposée. On ne peut pas passer plus de dix ans à se plaindre, à se battre contre des élections truquées, contre un fichier électoral inadéquat parce que le recensement était mal fait, et ne pas accepter son toilettage accepter.

Le fichier électoral est un problème majeur dans notre pays et qu’il faut le repanser de façon à le rendre plus acceptable, plus consensuel et plus ouvert pour les Guinéens. Donc, c’est quelque chose qui est important. Or, je ne vois pas et nous sommes prêts à discuter avec tout le monde sur comment on peut arriver à un fichier électoral propre, incontestable et accepté en faisant l’éconoomie du temps nécessaire à son élaboration.

Guineenews© : Pourtant, de son côté, Cellou dalein estime qu’en 2020, le fichier a été épuré. De ce fait, il faut juste peut être l’amélioré sans prendre assez de temps et par rapport à la rédaction d’une nouvelle constitution, celle de 2010 peut être amendée dans un court délai.

Ousmane Gaoual Diallo : je pense qu’il ne faut oublier ce que le Cnrd et le Gouvernement sont en train de faire. Ce ne sont pas seulement des pansements par rapport aux maux qui ont caractérisé  les dix dernières années de la gouvernance de notre pays et les manquements qui ont découlé des différentes élections  qui se sont déroulées. Si on estime qu’il ne faut pas traiter les problèmes de demain, nous ne serons pas à l’abri d’une nouvelle transition.

Il faut donc se donner le temps, regarder les problèmes. Nous avons contesté dans les rues et partout pendant dix ans ce fichier électoral. Ce n’est pas aujourd’hui, qu’on peut estimer que ce fichier est bon. Je pense qu’il faut faire attention à cela. Le fichier n’est pas du tout bon et il n’est pas consensuel et l’UFDG est à la première ligne de ce combat-là. Ne l’oublions pas.

Ensuite dire que la constitution  de 2010 est la meilleure des constitutions, c’est une autre chose. Il faut faire attention à tout cela. Il y a une opportunité de faire tout en même temps en le faisant rapidement et d’oublier ce qui est essentiel. Cela ne va pas mettre notre pays à l’abri des difficultés. Nous voulons que cette transition soit la dernière et pour cela, il faut considérer que ce sont des textes nécessaires et importants qu’il faut mettre en œuvre. Il y aura de très nombreux hommes et femmes à élire à tous les niveaux  pour que le pays ne dépende plus des humeurs de son futur président.  Et que tout cela doit reposer sur un fichier électoral, sur un processus électoral, sur des institutions,  plus que consensuelles, plus que solides pour faire en sorte que notre pays retrouve les vertus de la démocratie.

Guineenews© : aujourd’hui, le Rpg-arc-en-ciel et partis alliés ont fait une déclaration dans laquelle il dit que le chronogramme proposé “soulève une grande inquiétude”. Qu’en dites-vous?

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Ousmane Gaoual Diallo : je pense que le rpg-arc-en-ciel ne doit pas oublier que c’est sa gouvernance qui a conduit notre pays là où il est. Je pense que les gens doivent quand même se ressaisir. Il ne faut pas sortir aujourd’hui parce que la parole est libre et dire n’importe quoi. Il faut faire attention. Pendant dix ans, ils ont eu l’opportunité de transformer ce pays, de le gérer mieux, de renforcer les institutions et la démocratie. Ils ne le font pas. C’est ce qui nous amène à une nouvelle transition parce qu’ils n’ont pas été à la hauteur de tout cela. Il ne faut pas oublier cela. Les Guinéens n’ont pas la mémoire courte.

Guineenews© : partagez-vous l’avis du RPG selon lequel le chronogramme proposé est unilatéral ?

Ousmane Gaoual Diallo : Je pense quand même on compte plus de 50 propositions. On ne peut pas dire que c’est unilatéral. Ils ont jugé nécessaire de ne pas prendre part. Nous respectons leur choix et nous indiquons que tous les acteurs politiques sont la bienvenue aujourd’hui, demain ou chaque fois qu’ils penseront que c’est nécessaire. Ils trouveront la porte du dialogue ouverte au sein du gouvernement et au sein de tous les ministères. C’est important que cette main tendue soit saisie à un moment ou à un autre  pour que  les Guinéens puissent se parler finalement. Je pense que ce que les partis politiques et les acteurs de la société civile ont à gagner, c’est se faire violence pour être autour de la table du dialogue pour faire en sorte que les Guinéens se parlent et qu’on puisse poser les problèmes et qu’on les analyse avec objectivité  pour sortir de cette situation.

Guineenews© : Il se trouve qu’aujourd’hui une frange importante de la classe politique voudrait qu’il y ait un médiateur de la Cedeao ou des Nations Unies qui sont des partenaires de la Guinée  dans la résolution de la crise guinéenne. Mais, dans les discours officiels, on a l’impression qu’on n’a pas besoin d’un médiateur pour parler entre Guinéens. Or, c’est l’une des conditions posées pour aller autour de la table du dialogue. Est-ce qu’on pourrait s’attendre à une telle possibilité ?

Ousmane Gaoual Diallo : nous allons recevoir dans les prochains jours des émissaires de la Cedeao. Nous sommes convaincus qu’à l’écoute des différents acteurs politiques et sociaux, ainsi qu’à l’observation du chantier que nous mettons à disposition et que nous sommes en train de dérouler, je pense que quelque chose de plus potable sortira  de l’analyse de la Cedeao. Il n’est pas exclu que la Guinée fasse appel à toutes les bonnes volontés pour aider les Guinéens à se parler mais on ne peut pas faire l’économie d’une discussion directe entre les acteurs guinéens  pour sortir de cette transition.

Guineenews© : quel appel avez-vous à lancer aujourd’hui à l’ensemble des acteurs politiques et sociaux ?

Ousmane Gaoual Diallo : Je pense qu’il faut sortir des déclarations passionnelles et émotionnelles et aller à l’essentiel. Est-ce que oui ou non notre pays a besoin d’un recensement électoral, d’un fichier électoral fiable, consensuel et accepté de tous? Oui ou non, on a besoin des textes toilettés et des institutions plus solides? Ainsi, donc, si la réponse à toutes ces questions est positive, alors il est temps que l’on se mette autour de la table et que l’on essaie de voir comment mettre en œuvre les mécanismes nécessaires pour sortir de la transition dans notre pays. C’est ce qui est fondamental. Cela est nécessaire et indispensable pour chacun d’entre nous. Il faut donc s’éloigner des émotions et aller autour de la table et discuter en toute responsabilité les questions qui se posent à notre pays.

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