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Bras de fer entre la classe politique et la junte : attention à l’engrenage !

Adulé par la classe politique et les organisations de la société civile au lendemain de la prise du pouvoir par l’armée, le Conseil national du rassemblement pour le développement (Cnrd) est désormais confronté à l’opposition de plus en plus grandissante de ces dernières. Cette mésentente est née, avancent certains acteurs politiques, de l’entêtement des autorités actuelles à gérer de “façon cavalière” la transition.

Or, une bonne partie voire la plus grande partie de la classe politique est opposée à cette méthode et souhaite l’ouverture d’un cadre de dialogue inclusif et permanent en vue de décider du rôle que chaque entité devrait jouer pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel. Mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est la validation par le Conseil national de la Transition (CNT) du chronogramme de la transition d’une durée de trois ans alors que le Cnrd a déjà fait plus de huit mois.

Ceci est inacceptable aux yeux du G58 -qui regroupe principalement l’Ufdg et l’Ufr, deux des principaux grands partis politiques, le Rpg (l’ancien parti au pouvoir) et ses alliés. Cette union de la classe politique même de façade devrait pousser le président Doumbouya à revoir sa stratégie de mener cette transition pour qu’elle soit comme il l’a toujours exprimée, plus inclusive.

Il doit avoir une oreille attentive à tout le monde pour éviter d’autres frustrations qui, tôt ou tard, pourraient engendrer des manifestations qui sont généralement préjudiciables à l’ordre public. La Guinée n’en a pas besoin. Elle vit depuis un certain nombre d’années une situation socioéconomique difficile qui demande de la mobilisation, de l’unité de tous les Guinéens afin d’aller vers un avenir radieux.

Devant ce danger d’une possible implosion sociopolitique qui guette le pays, le Premier ministre, outre sa vocation de coordinateur des actions gouvernementales, doit enfiler au plus vite sa tunique de promoteur du dialogue social pour tenter de ramener autour de la table tous ces opposants au chronogramme déjà voté par le CNT. Ne pas tenir compte de cette réalité, ce serait exposé inutilement tout le pays à de nouvelles et douloureuses convulsions politiques. Alors que les parents de la deux-centaine de victimes des répressions des manifestations sous le régime défunt, attendent toujours et désespérément que justice soit rendue.

Les autorités de la transition, à leur tête le colonel Mamadi Doumbouya, ne doivent guère perdre de vue les engagements pris en toute liberté le 5 septembre 2021 en prenant le pouvoir. Ceux-ci doivent constituer des bréviaires tout au long de cette période transitoire.

Beaucoup avaient dissuadé l’ancien président Alpha Condé d’aller à un troisième mandat qui était de trop. Il s’est entêté. Son entourage lui avait fait croire que sans lui, le pays allait s’écrouler ou s’installer dans une instabilité chronique. Aujourd’hui, où est-il ? Où sont ceux qui l’encourageaient à y aller ?

C’est sur la base de cette triste histoire récente de la Guinée que tous les Guinéens, épris de paix, appellent de tous leurs vœux à une transition inclusive, réussie et apaisée. Cela est bien possible lorsque tous les fils et filles de cette Guinée parlent d’une même voix, regardent et marchent dans le même sens, vers un même objectif.

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Le besoin de relancer le dialogue est si pressant que le Premier ministre n’a aucune excuse que de se mettre illico presto à cette salvatrice et républicaine tâche envers cette classe politique et société civile qui rejettent le chronogramme voté.

Cela, plus qu’une simple nécessité politique, est un impératif existentiel pour notre pays au regard des tensions qui couvent au sein des QG des coalitions politiques nées au lendemain de la prise du pouvoir par l’armée.

Faute de quoi, les initiatives prises par le Cnrd et le gouvernement notamment la création du “Comité national des Assises”, la récupération du patrimoine bâti de l’Etat, la mise en place de la Crief et tant d’autres actes salutaires posés jusque-là risquent d’être compromis.

Le temps urge et l’occasion est opportune pour épargner à notre édifice commun, la Guinée d’autres situations au lendemain imprévisible au plan économique, humain, politique et diplomatique.

Mon colonel Mamadi Doumbouya, la clé de la réussite de la transition que vous dirigez, est entre vos mains et ne sera que ce que vous voudrez qu’elle soit.

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