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Bill de SAM, ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat :“Nous avons pris des décisions impopulaires mais …”

Le gouvernement guinéen a organisé, pendant près d’un mois, une immersion à l’intérieur du pays. Elle a permis aux ministres et hauts cadres, de découvrir la beauté du pays ainsi que ses richesses culturelles, artistiques et touristiques. Une occasion pour le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Alpha Soumah, connu sous sous son nom d’artiste “Bill de SAM” d’être en contact avec les personnes à la base et de connaître les problèmes auxquels ils sont confrontés. La rédaction de Guineenews qui a couvert toutes les étapes de l’immersion gouvernementale l’a rencontré ce jeudi 16 juin à la maison des jeunes de Kindia. Lisez

Guineenews©: Vous venez d’assister à un spectacle à la maison des jeunes de Kindia. Quelles sont vos impressions ?

Alpha Soumah alias Bill de Sam : C’est le plus grand cadeau que nous avons reçu depuis que nous sommes sortis. Puisque, là, vous avez la jeunesses, les artistes, les femmes et les promoteurs de spectacles. C’est un honneur pour nous de venir découvrir la culture de la Basse Côte. Elle a été bien représentée ici à Kindia. On va voir comment on pourra les inviter à Conakry pour présenter les chefs-d’œuvre de Kindia. 

Guineenews©: vous êtes au terme de l’immersion gouvernementale. Vous avez sillonné le pays pendant un mois. Quels ont été vos constats sur les plans culturel, artisanal et touristique dans le pays profond ?

Alpha Soumah alias Bill de Sam : Cette immersion est une initiative présidentielle. Le président colonel Mamadi Doumbouya a voulu qu’on parcourt le pays pour nous imprégner des réalités. Et nous avons été dans les zones urbaines, sous-préfectorales et dans les districts pour voir comment les populations y vivent et quelles sont leurs attentes. J’avoue que nous avons appris beaucoup de choses sur le terrain mais aussi nous avons toucher les réalités et vu nos structures déconcentrées, connu leurs problèmes et voir comment est-ce qu’on peut améliorer leurs conditions de vie et de travail.

De N’Zérékoré à Kindia, je pense qu’on a assez d’éléments pour bien étoffer les différents rapports que nous avons sur l’intérieur  à savoir le fonctionnement de l’administration, et surtout les réponses que nous devons apporter. Parce que les rapports, c’est bien mais rester à Conakry et attendre les rapports, je ne pense  pas que ce soit la solution. Et on a touché du doigt les problèmes.

Guineenews© : Qu’est-ce qui vous a séduit dans toute cette tournée ?

Alpha Soumah alias Bill de Sam : C’est le fait que les populations soient contentes de nous accueillir. Elles voudraient qu’on soit à leurs côtés parce que vous le savez, le message se détériore au fur à mesure qu’il est transmis. Les différents rapports qui sont faits ne nous montrent pas toute la réalité. Mais quand les populations s’adressent à nous, on voit directement ce qu’il en est et nous essayons à partir d’ici même de commencer à apporter des solutions.

A distance, nous avons commencé à travailler avec les secrétaires généraux, les directeurs techniques, les directeurs nationaux pour voir ce que nous pouvons apporter comme solutions à distance. On a résolu assez de problèmes parce que souvent ce sont des petites solutions mais le fait que cela traine, cela a du mal à aller jusqu’à Conakry, les gens se découragent et laissent tomber. Je pense que cela a été un apport. Nous allons faire un rapport général à présenter au président de la République et chacun à son côté va s’atteler à corriger  toutes ces anomalies.

Guineenews©: De N’Zérékoré à Youkounkoun en passant par Labé, Kankan et Kindia, vous avez certainement fait des grandes découvertes. Quels sont les sites qui vous ont personnellement marqué ?

Alpha Soumah alias Bill de Sam : En ce qui me concerne, il y a des sites touristiques que je n’avais pas vu bizarrement. J’ai eu des découvertes et il y a des aspects culturels qu’on m’a fait découvrir. On nous a offert par exemple des danses sacrées par exemple à Faranah. Il y avait des acrobates traditionnels que je ne connaissais pas et puis il y a eu des causeries, des comptes, etc. j’ai aussi découvert des choses au Musée du Fouta, des veillées. Bref, on ne peut pas tout expliquer.

C’est extraordinaire. Je pense que nous devons être le plus souvent au côté du peuple que l’on appelle de manière illégale le bas peuple parce qu’en réalité le vrai peuple, ce sont les gens que l’on voit dans la rue, ce sont des gens que l’on voit dans les villages parce qu’eux, ils savent ce qu’ils veulent.

Quels messages avez-vous à lancer à l’endroit des artisans guinéens ?

Déjà, les artisans peuvent avoir beaucoup d’espoir  parce que nous avons œuvré pour qu’ils puissent valoriser le textile guinéen. Nous avons pris des décisions qui peuvent paraître impopulaires mais je pense que ça paie parce que depuis que je suis là, le groupement des femmes teinturières et certains couturiers ici nous habillent tous les jours et nous offrent des vêtements, des boubous, des chemises. Et la qualité de ces chemises-là n’a rien à envier  de ce qui nous vient de l’Occident ou de la Chine.

Je pense que d’ailleurs, on devrait prêter beaucoup d’attention aux textiles guinéens. Peut-être ne pas s’habiller exclusivement des textiles guinéens mais au moins leur accorder 30% de ce que nous portons.

Interview réalisée par Amadou Kendessa Diallo

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