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Bamako (Mali) : ce qui s’est passé depuis l’arrestation du président Bah N’Daw

Pour une question de postes, les putschistes tombeurs du régime du président Ibrahim Boubacar  Kéïta, le 18 août 2020, viennent  de perpétrer un nouveau coup de force  contre le président  de la Transition, Bah N’Daw, et son chef de Gouvernement, Moctar Ouane aussi.  Tout est parti d’un remaniement ministériel à l´issue duquel deux des barons du putsch de 2020 ont été remerciés.

Tout s’est passé dans l’après-midi de ce lundi 24 mai 2021. Dès après la publication de la liste des nouveaux membres du Gouvernement II  de la transition en place, l´aile militaire des tombeurs du régime d’IBK a procédé à l´interpellation du Premier ministre et du président de la Transition. Ils ont aussitôt conduits manu militari au redoutable camp militaire Soundiata Kéïta de Kati situé à  15 kilomètres de  Bamako où ils sont en rétention.

Dans la nuit du lundi au mardi, les putschistes avaient contraint le Premier ministre, Moctar Ouane, à leur déposer leur démission sans tergiversations.

Selon des informations parvenues en exclusivité à Guineenews.org, le but de ce coup de force est d’interrompre le processus de transition en cours puisque le tandem N´Daw et Ouane a engagé les concertations seulement avec les civils. Or, ce sont les militaires qui ont fait appel à tous les deux.  Entre 21 heures et 23 heures, les responsables du Haut Conseil Islamique et du M5-RFP auraient été convoqués d’urgence au camp de Kati pour officier des pourparlers avec le président de la transition afin qu´un nouveau  Premier ministre soit nommé à  l´immédiat en remplacement de Moctar Ouane.

Mais selon des informations qui sont parvenus à notre rédaction en provenance du camp de Kati, le président du Comité stratégique du M5-RFP, Dr Choguel Kokalla Maïga, et sa délégation ne semblaient pas prêts à cautionner un coup de militaire visant à  enfoncer davantage le pays déjà en profonde crise multidimensionnelle.

Toujours   selon nos sources sur place, l´entretien du M5-RFP et les putschistes n´a pas excédé un quart d´heure.  En quittant les militaires, la délégation du M5-rfp a laissé entendre à ces derniers que sa base se concertera pour répondre officiellement et publier un communiqué clarifiant la position de son mouvement.

Du côté des religieux,  ce fut un véritable un dilemme car, rien ne leur garantit de la légitimité de cette épreuve de force.

Pour sa part, le comité de suivi local du processus de cette troisième  transition malienne depuis l´avènement de l´ère démocratique en 1991 n´a pas tardé à réagir.

À 22 heures 15, ses représentants ont fait  un  communiqué condamnant fermement le coup de force et exige la libération immédiate  et sans conditions des personnalités de la transition.

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A 22 heures 25, un bataillon spécial est parti de la garnison de Kati à  la direction  des locaux de l´ORTM. Toutes les émissions ont été  interrompues.

A 00 heure 25, la CEDEAO,  l´UA, l´UE, la France,   les États-Unis et le Royaume-Uni ont réagi  et exigé la libération immédiate du président de la Transition et de son Premier  ministre.

Es oragnisations ajoutent qu´aucun acte  de démission qu´exigent de force les militaires ne sera accepté.

Par la même voix,  la communauté internationale annonce que les auteurs de  ce coup de force seront individuellement tenus responsables de toute atteinte de l´intégrité physique des autorités prises en otage par les putschistes  au camp de Kati.

Ce mardi, le médiateur de la CEDEAO, l´ancien président nigérian Goodluck Jonathan est attendu à Bamako pour rencontrer les principaux acteurs.

Pour la classe politique nationale, deux partis ont condamné officiellement la tentative de renversement de la Transition.

Auparavant, un groupe de manifestants spontanément réuni à la Place de l´Indépendance, au centre-ville de Bamako, a été dispersé par un contingent de militaires prépositionnés sur le Boulevard national depuis l´enlèvement  du Premier ministre, Moctar Ouane.

Habib Diallo,  depuis  Bamako pour Guineenews

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